socinette a écrit :j'ai reçu ça :
"Bonsoir à toutes et à tous ! L'actualité s'est brusquement accélérée depuis quelques jours, et pour une fois, les informations sont réellement porteuses d'espoir pour Ingrid Betancourt et les autres otages colombiens !
Je ne peux pas résumer ici tout ce qui s'est passé depuis fin septembre; vous pouvez lire les détails dans les pages "actualités" de
www.Betancourt.info, que je m'efforce de tenir à jour heure par heure. Attendez-vous à des développements importants dans les prochains jours.
En résumé :
25/09/2006 : Les Farc envoient une vidéo des 12 députés de Cali
26/09/2006 : Une vidéo donne des nouvelles d'Ingrid Betancourt
28/09/2006 : Uribe accepte la zone démilitarisée demandée par les FARC
02/10/2006 : En Colombie, les FARC demandent "au plus tôt" un échange
03/10/2006 : Les FARC posent leurs conditions pour l'ouverture de négociations de paix
04/10/2006 : Le président colombien prêt à rencontrer les chefs des FARC
...
Que penser de tous ces événements ? doit-on se réjouir ? que peut-on attendre dans les jours et semaines qui viennent ?
Tout d'abord, OUI ! il faut se réjouir. Ceci est probablement l'avancée la plus importante depuis février 2002, date de l'enlèvement d'Ingrid. L'optimisme est donc justifié - mais en restant malheureusement réaliste : de nombreux obstacles restent encore à surmonter. Où en sommes-nous ?
Pour Ingrid comme pour les otages, le processus de libération peut être défini en 5 phases
1. Les deux parties acceptent le principe d'un échange
2. Elles se mettent d'accord sur un lieu de rencontre pour en discuter les modalités
3. Des discussions ont lieu et les parties concluent un accord
4. On organise la logistique et la sécurité pour la libération des deux côtés
5. L'échange se réalise, probablement grâce à la Croix-Rouge
Il a fallu près de 4 ans pour réaliser la phase 1. Ce n'est en effet qu'en décembre 2005 que le président Uribe, qui commence un deuxième mandat, accepte enfin le principe de l'échange; à noter le rôle très important des "trois pays" (France, Suisse, Espagne) dans cette décision.
Il semble que la décision du président Uribe ce 28 septembre, ainsi que la réponse positive des Farc qui a immédiatement suivi, marquent l'accomplissement de la phase 2. Mais rien n'est certain : l'armée colombienne n'a jamais caché son refus de démilitariser la moindre zone du pays. Durant les trois jours qui ont précédé la déclaration du président elle a entamé une offensive sans précédent exactement dans la zone en question (Pradera et Florida), qu'elle a soumise à des bombardements massifs. Ce qui a provoqué la panique parmi les familles de séquestrés car dans la zone bombardée il y a évidemment des guérilleros - mais aussi beaucoup de civils et très probablement une partie des otages.... On suppose que la zone a été à cette occasion abondamment minée (après la Tchétchénie, l'Afghanistan et le Cambodge, la Colombie est le pays au monde le plus infesté de mines antipersonnel : plus de 100.000 auraient été dispersées dans le pays...). De leur côté les Farc n'ont aucune confiance dans le gouvernement et encore moins dans l'armée, et ils voudront assurer eux-même la sécurité de leurs émissaires - ce qui est strictement refusé par le gouvernement.
Si on y arrive, la phase trois promet de ne pas être simple. Il s'agira alors de déterminer QUI sera libéré ? dans quelles conditions ? quand, avec quelles garanties etc... Les principaux points de rupture potentiels sont probablement :
1. les dirigeants des Farc qui ont été extradés aux USA (Trinidad, Granda, Sonia, ...) (voir les actualités du 4 mars 2005 : La guérilla colombienne fait monter les enchères ... Les Farc ont toujours déclaré qu'ils devaient faire partie du groupe de guérilleros libérés, et il est peu vraisemblable que les USA acceptent de les renvoyer.... Si les dirigeants extradés ne font pas partie du lot des "libérés", les farc pourraient décider de garder, eux aussi, leurs otages les plus importants .....
2. Autre problème : la volonté toujours proclamée d'Uribe d'empêcher les guérilleros libérés de rejoindre à nouveau la guérilla. Gageons que la France, aidé par les pays amis (qui seront peut-être rejoints par le Vénézuela et Cuba ?) déploiera tous ses efforts pour éviter ce genre de blocage.
Le président Uribe n'a donc pas tardé à bouleverser la donne et à entamer son second mandat avec des initiatives complètement différentes de l'option "intransigeante" qu'il avait adoptée durant les 4 années précédentes, donnant ainsi raison à ceux qui avaient refusé de voir en sa réélection "une véritable catastrophe pour Ingrid et les séquestrés" (voir sur le site : 30/05/2006 : L'élection d'Uribe : "une véritable catastrophe" ? ... pas sur !) Nous espérons tous qu'il continuera dans la même direction, et que les Farc feront, eux aussi, preuve de réalisme politique.
De ce côté de l'Atlantique:
Tous ceux qui se battent depuis longtemps pour Ingrid et les autres ont eu la grande joie d'apprendre la décision du Parlement européen, qui a retenu parmi les trois finalistes du prix Sakharov pour la liberté de pensée : "tous ceux qui se battent pour la libération des otages en Colombie" représentés par Ingrid Betancourt et la fondation colombienne Pais Libre Voir sur le site :
26/09/2006 : Prix Sakharov : parmi les trois candidats retenus : "tous ceux qui se battent pour la libération des otages en Colombie" représentés par Ingrid Betancourt et la fondation colombienne Pais Libre Voir à ce sujet le communiqué de la FICIB
Dernière info enfin : la FICIB (Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt) organise ce mois-ci à Bruxelles (bâtiment Charlemagne, siège de la Commission Européenne) une exposition "Libertad para todos" qui se tiendra du 18 au 31 octobre. Par la suite, cette expo, conçue pour être itinérante, sera montée dans plusieurs autres villes d'Europe. Elle est ouverte au public - et en particulier vous êtes tous invités à assister au vernissage qui aura lieu au Charlemagne le 18 octobre à 18h. Voir les détails sur le site : Bruxelles : expo à la Commission Européenne le 18 octobre.
Je me réjouis d'y rencontrer à cette occasion ceux d'entre vous qui pourront y assister (attention : l'accès aux bâtiments de la Commission Européenne est contrôlé. Les visiteurs sont donc invités à s'inscrire au préalable par mail ou par téléphone - voir le site - et doivent présenter leurs documents d'identité à l'accueil du bâtiment Charlemagne)
Merci à toutes et à tous pour votre soutien !
Armand
* Armand Burguet - +32 (0) 474 50 80 04 -
armand@educweb.org
*
www.EducWeb.org - pour les enseignants et leurs classes
*
www.Betancourt.info - soutien à Ingrid Betancourt, otage depuis février 2002
*
www.Aeropostale-3000.org - écrire à un des 3.000 séquestrés de Colombie
*
www.Atterrissage.org - l'Europe : rêve ou cauchemar ?
*
www.AlterFocus.com - un autre regard sur l'actualit
__._,_.___
Pour plus d'info :
www.Betancourt.info