ET VOTRE RÉPUBLIQUE MOI J'LA TRINGLE !!!!!

Engagements pour diverses causes, initiées ou non par Renaud...

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Marie la Belge
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ET VOTRE RÉPUBLIQUE MOI J'LA TRINGLE !!!!!

Message par Marie la Belge »

C'était hier, à Paris, dans le 18ème.
http://www.humanite.fr/paris-le-prefet- ... que-576333
Grégoire Korganow
HONTE ET COLERE !
Hier, j'ai été témoin de traitements indignes infligés à des hommes qui ont comme unique tort d'avoir fui leur pays en guerre. Naif que je suis, Je pensais qu'un gouvernement socialiste m'éviterait une telle honte. J'ai vu des charges répétées de CRS pour arrêter des personnes trop faibles pour se défendre et les traîner, parfois inconscientes, dans des camions aux vitres opaques. Pas d'eau, pas de soins, pas d'interprète, juste la force sourde d'une République sans mémoire. Les citoyens présents n'ont rien pu faire pour empêcher cette ignominie. Juste hurler leur colère.

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D'autres photos dans l'article de Grégoire Korganow :
https://www.facebook.com/gregoire.korga ... 3615835275
Elle quitte le vilain phenix mais aimera toujours Renaud.
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Sophie du moulin
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Re: ET VOTRE RÉPUBLIQUE MOI J'LA TRINGLE !!!!!

Message par Sophie du moulin »

Honte et colère effectivement! Rien ne change! :evil:
J'ai parfois la vie qui me pique les yeux mais je n'envie pas ceux qui gardent les yeux secs....
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Born X
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Re: ET VOTRE RÉPUBLIQUE MOI J'LA TRINGLE !!!!!

Message par Born X »

tout ce bleu marine... c'est à vomir!
La première décision vient du coeur et l'intelligence, dont nous sommes tous dépositaire, doit faire ce que notre coeur décide.
La normalité n'est pas le summum de ce qui peut s'atteindre.
Anne-Claire Damaggio
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Marie la Belge
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Re: ET VOTRE RÉPUBLIQUE MOI J'LA TRINGLE !!!!!

Message par Marie la Belge »

Elle quitte le vilain phenix mais aimera toujours Renaud.
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pat
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Re: ET VOTRE RÉPUBLIQUE MOI J'LA TRINGLE !!!!!

Message par pat »

Des hommes dans la force de l'âge qui fuient leur pays en guerre en laissant femmes et enfants dans la tourmente... ça ne pose pas question apparemment à nos bonnes consciences écervelées et concons.
dd
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Re: ET VOTRE RÉPUBLIQUE MOI J'LA TRINGLE !!!!!

Message par dd »

Quand il n’y aura plus que l’absence
Quand il n’y aura plus que silence
Quand tu te seras éloignée
Quand il n’y aura plus de nous
Quand il n’y aura plus de toi
Que restera-t-il de moi ?
Que restera-t-il de toi ?
pat
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Re: ET VOTRE RÉPUBLIQUE MOI J'LA TRINGLE !!!!!

Message par pat »

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docjekyll
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Re: ET VOTRE RÉPUBLIQUE MOI J'LA TRINGLE !!!!!

Message par docjekyll »

CRs de la journée d'hier (reçus sur différentes listes) :

"Bonsoir,

Après cette journée confuse (et loin d'être terminée puisque les
soutiens sont actuellement place Stalingrad), j'ai décidé d'écrire le
récit des événements qui se sont déroulés aujourd'hui, sachant que j'ai
été quasiment tout le temps présente sur les lieux depuis 9h du matin
jusqu'à 18h30.

Ce matin, vers 10h, des délégations de la mairie de Paris et de la
mairie du 18e, de l'OFPRA, de France Terre d'Asile, d'Emmaüs et de
partis politiques (Verts, PC, Parti de Gauche) investissent le campement
du jardin d'Eole où environ deux cents migrants avaient trouvé refuge
depuis le jeudi 11 juin après leur évacuation (très) violente de la hall
Pajol, puis consentante du Bois-Dormoy.

Après avoir réuni la plupart des migrants présents, le directeur de
l'OFPRA prend la parole au milieu des réfugiés.

Voici la vidéo que j'ai réalisée dans laquelle il s'engage très
clairement sur différents points :

https://truck.it/p/vXemI-x05t

Minutes 3 à 5 :
"C'est un engagement de l'OFPRA pour ceux qui sont dans une démarche de
demande d'asile ou qui vont entrer dans une démarche de demande d'asile,
l'OFPRA sera là pour les accompagner. Pour tous ceux qui veulent
demander l'asile, il y aura des hébergements de prévu. Vos situations
personnelles seront étudiées aux centres. C'est la même chose pour ceux
qui ne veulent pas demander l'asile. La proposition vaut pour tous,
aujourd'hui, maintenant".

Dans le détail, la proposition est la suivante : environ 200 places dans
six centres, dont cinq à Paris : Le Loiret (13e) et Saint-Pétersbourg
(8e) gérés par l'association AURORE, le Refuge Mie de Pain (13e) géré
par l'association Mie de Pain, Redoute de Gravelle (12e) et Ecluses
(10e) gérés par Emmaus Solidarité. Et un à Pantin : Pantin les Vignes
géré par le CASP.

L'hébergement proposé est un hébergement 24h sur 24 avec nourriture et
accompagnement dans les démarches administratives le temps de la
procédure. D'après les déclarations du directeur de l'OFPRA dans la
vidéo, on comprend que tous les migrants (même non demandeurs d'asile)
pourront être accompagnés dans leur démarche de régularisation.

Il s'agit, selon les associations présentes et les élus, d'activer une
procédure similaire à celle du "Plan grand froid" (lorsque des
équipements sont réquisitionnés en hiver pour mettre à l'abri les
sans-abris).

Au départ, et on peut le voir sur la vidéo, les annonces du directeur de
l'OFPRA sont accueillies avec des applaudissements par les migrants.

A la fin de son allocution, Chérif, un migrant, prend la parole et
demande des garanties. Le directeur de l'OFPRA veut négocier avec lui en
tête à tête. Il essaie de l'emmener plus loin mais il est très vite
rejoint par une dizaine de personnes. Chérif réitère sa demande
d'engagements écrits, mais il n'a pas de réponse.

La tension commence à monter un peu, d'autant que plusieurs camionnettes
de CRS stationnent vers la rue d'Aubervilliers et toutes les rues
adjacentes, et même si les élus présents garantissent que c'est une
opération non policière – sinon, disent-ils, ils ne l'auraient pas
soutenue. Il n'y a d'ailleurs pas de policiers visibles depuis le campement.

On comprend vite que les « officiels » ne veulent pas laisser le temps
aux migrants de se concerter et de s'organiser, de réfléchir à une
position commune et même de réfléchir tout court. En filigrane, même si
ce n'est pas dit clairement, c'est : « Vous montez dans les cars tout de
suite ou vous attendez les flics ».

Les bus arrivent. Un peu avant midi, la plupart des migrants montent
dedans. Une quarantaine reste sur le carreau.

Commence alors l'opération « nettoyage du camp ». Nous avons une heure
pour récupérer les vêtements, nourriture, couverture, matelas, matériels
récupérés et entreposés depuis une semaine. Nous sommes très démunis :
où stocker les affaires ? Comment s'y prendre sans voiture ?…

Depuis une semaine, les migrants et les personnes solidaires avaient
inventé toute une organisation qui commençait enfin à fonctionner : des
toilettes sèches avaient été construites, des commissions sur l'hygiène,
l'alimentation, l'accueil, la sécurité, l'aide juridique… s'étaient
mises en place. Des cours de français avaient lieu deux fois par jour.
La nuit, des voisins et militants assuraient une veille. De nombreuses
boulangeries du quartier et d'ailleurs proposaient du pain
régulièrement. Un restaurant du quartier leur mettait à disposition thé
et café chaque matin. Depuis mercredi, Médecins du Monde était présent
tous les après-midi et des permanences juridiques inter-associatives
avaient lieu dans une association du quartier.

Encore une fois, après les campements à Pajol et au Bois Dormoy, des
voisins apportaient chaque jour nourriture, vêtements, médicaments... La
veille encore, certains avaient été jusqu'à dénicher portants et cintres
pour que les vêtements ne s'abîment pas.

Les migrants qui ne sont pas partis dans les bus ne savent pas ce qui
les attend. Des policiers bouclent la zone – qui le restera plusieurs
heures. Il nous faut partir. Nous nous dirigeons vers la place Stalingrad.

Un petit groupe de migrants et de soutien se forme. Nous sommes perdus :
que vont devenir les migrants qui ne sont pas partis ce soir ? Où
vont-ils dormir ? Que vont-ils manger ? On se retrouve à la case départ.

Pendant que l'esplanade du jardin d'Eole subie l'assaut des services de
nettoyage de la ville, un migrant, parti en bus le matin, arrive place
Stalingrad. Il prend la parole : il raconte qu'une fois dans le bus, on
leur a pris leur téléphone portable. Puis ils sont arrivés à Vincennes –
étrange, puisque cette destination ne figure pas parmi les sites devant
hébergés les migrants. Ils ont vu des fils barbelés et des chiens. Ils
ont eu peur et certains d'entre eux se sont enfuis.

On comprendra ensuite que le centre d'hébergement était sans doute situé
à côté d'une école pour maîtres-chiens et du centre de rétention de
Vincennes. Un quiproquo – encore à éclaircir – expliquant chiens et fils
barbelés mais qui témoigne du fait que les migrants sont dans un état
d'angoisse extrême et qu'ils n'ont plus aucune confiance dans les
propositions faites par les pouvoirs publics. Mais comment pourrait-il
en être autrement après les promesses non tenues qui ont suivies
l'évacuation du camp de La Chapelle ?

Après pas mal d'hésitation sur la marche à suivre, il est décidé de
rester place Stalingrad. Des migrants envoyés dans d'autres centres
commencent à revenir. L'un d'eux, Yacoub, a accepté de témoigner et veut
bien que je diffuse cette vidéo :

https://truck.it/p/47USFp9D5e

Il explique qu'ils ont été emmenés non loin de la Place d'Italie. Une
fois dans le centre d'hébergement, il raconte qu'on leur a proposé une
chambre pour seize personnes. En guise de repas, alors que certains
n'ont pas eu le temps de petit déjeuner le matin, on leur propose du
lait et du pain pour patienter avant le dîner de 20h. Il décide, avec un
ami, de partir chercher de la nourriture dehors, puis finit par
rejoindre la place Stalingrad.

Sur la place, une centaine de personnes est désormais présente, dont une
trentaine de migrants. Une AG s'organise. Je quitte les lieux mais je
continue à suivre les événements : il est décidé d'occuper un
gymnase situé avenue Jean Jaurès, investi un peu avant 20h. Vers 21h30,
alors que les policiers encerclent les lieux, le groupe arrive à
s'échapper et décide de retourner place Stalingrad.

Que va-t-il se passer ce soir, cette nuit ? Faudra-t-il encore une fois
tout recommencer ? Trouver encore de la nourriture, des couvertures, des
matelas, des vêtements… ? S'organiser à nouveau, dans la précarité et
l'incertitude, pour que des êtres humains, qui ont traversé des épreuves
que peu d'entre nous, les nantis des pays riches, peuvent concevoir,
puissent continuer à vivre dignement.

Depuis une dizaine de jours maintenant, j'ai partagé de rares moments de
fraternité avec des personnes originaires de pays aussi divers que
l'Erythrée, le Soudan, la Libye, le Maroc, l'Algérie, la Côte d'Ivoire,
la Guinée, la Somalie, l'Ethiopie… Grâce à eux, j'ai vécu portée par
leur énergie, leur gentillesse, leur espérance. J'aimerais pouvoir
continuer à partager un bout de ma vie avec eux. J'aimerais que notre
pays, dans lequel la plupart souhaitent rester, leur fasse la place
qu'ils méritent. Et ils méritent beaucoup. "


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" Récit forcement subjectif de ce à quoi j'ai assisté après avoir quitté la place Stalingrad :

Hier soir, plusieurs dizaines de migrants (entre 50 et 100) sont retournés aux jardins d'Eole. Parmi eux des gens qui n'avaient pu ou n'avaient voulu monter dans les bus (un jeune hommes par exeemple m'a dit que lui il n'avait pas eu confiance). D'autres qui ont été emmenés à Vincennes dans le bâtiment du centre de rétention transformé en centre d'hébergement d'urgence et qui affolés par les flics, les chiens, les barbelés et le fait qu'on leur aie confisqué leur portable ont préféré partir (eux ils disent s'enfuir). D'autres encore qui même si ils dormaient ailleurs avaient pris l'habitude de venir là au jardin pour y trouver un peu de chaleur humaine ou de quoi manger sans être dans un rapport de charité mais de partage.
Depuis le début du ramadan, une association, Islam de paix, distribue de la nourriture de façon très conviviale, installant des nappes sur les tables en bois du jardin et permettaant ainsi aux gens de se poser pour manger de manière conviviale. La veille, après les cours de français, leur distribution de repas avait eu un grand succès auprès des migrants/es et plusieurs personnes solidaires avaient eu un contact symapthique avec les gens de l'association qui étaient là dans un esprit très fraternel vis à vis des réfugiés/ées
Hier soir, quand nous arrivons après qu'un riverain nous ait alertés/es sur des contrôles de police qui se déroulaient là, les jardins sont bouclés par un cordon de flics. On aperçoit des personnes assises sur les tables au loin derrière ce cordon pendant qu'environ 70 autres sont assises à même le sol, mangeant par terre par terre, interdites d'entrer dans le jardin. Parmi eux nous reconnaissons plusieurs personnes avec lesquelles nous avons passé ces dernières semaines que ce soit à saint bernard, pajol, au bois dormoy ou à Eole. Pendant que nous discutons avec quelques personnes un représentant de l'ordre,comme on les appelle, explique que ce sont les gens de l'association qui ne voulaient pas donner à manger aux personnes sans papiers. Nous n'en croyons évidemment pas un mot.
Les migrants que nous connaissons nous racontent que les nombreux policiers en présence exigeaient les papiers pour laisser passer les gens qui voulaieent aller amnger. Un flic a dit « Si t'as pas de papiers tu manges pas ». Les gens de l'association se sont énervés et ont du négocier pour qu'on les laisse amener de quoi manger à ceux qui sont donc restés sur le trottoir. Un gars que je connais a honte de me serrer la main car il n'ont pas pu avoir de couverts et ont du manger à la main sans pouvoir se laver après.
Beaucoup de gens ont l'air désemparé, ils ont l'air d'avoir honte d'être là amassés sur un bout de trottoir, triés une fois de plus... humiliés une fois de plus. Plusieurs ont froid, ils n'ont pas pu récupérer de couvertures ou duvets que nous avions sur le campement (il n'y a eu qu''une heure pour tout récupérer) On est là à quelques uns/unes. On ne sait pas quoi faire. On a honte, on est humiliés/ées aussi.On voudrait filmer cette scène hallucinante, cet apartheid qui s'est mis en place dans ce petit coin du nord est de Paris et qu'on aura sans doute du mal à raconter en montrant à quel point s'était horrible. Mais on n'ose pas car on sent et on voit que les victimes de ce tri se sentent trop mal par cette nouvelle humiliation. On a juste envie de pleurer.
Quelques personnes parmi les 150 qui s'étaient regroupées place stalingrad après avoir tenté de passer la nuit avec des migrants dans un gymnase aveenue jean jaurès réussissent à passer les filtrage de policiers qui ont pris position autour de la place pour empêcher les gens d'en sortir côté Stalingrad arrivent. Elles se sentent démunies elles aussi. Un groupe de gens que l'on voit régulièrement, des personnes solidaires, arrivent en camion et distribuent un complément de nourriture et des bouteilles d'eau ; plusieurs personnes en utilisent un peu pour se rincer les mains. Des groupes se forment, chacun va chercher où passer la nuit, un peu plus isolé, un peu plus démuni que la veille.
La veille un élu avait affirmé que la campement à Eole allait tenir encore 4 jours. Le même était là ce matin avec les bus et l'ofpra. Peut-être était il de bonne foi la veille au soir, peut-être pas. De toute façon on s'en fout, je pense que tout à été fait pour que une fois de plus les principaux/ales intéressés/ées soient mis/es devant le fait accompli soit placés/es en situation d'urgence permanente sans leur laisser la possibilité de prendre des décisions et en leur laissant crroire que tout ce qui sera fait le sera évidemment dans leur intérêt.
Et dans cette histoire toutes les personnes qui sont ou se veulent responsables politiques (et pas responsables moralement et éthiquement) sont complices de ça. Sont complices que les principaux/ales intéressé/es soient infantilisé/es, réifiés/es, ne puissent pas s'organiser (on pourrait par exemple imaginer que les migrants/es si ils et elles savaient à l'avance qu'ils et elles allaient être répartis dans des centres pourraient faire des groupes affinitaires, avoir une liste de questions, demander des assurances, réfléchir à ce qu'on leur propose...). Ces mêmes responsables diront sans doute que c'est pour protéger les migrants/es des manipulations d'individus/es étiquettés/es NPA ou anarchistes autonomes, le fameux épouvantail, la construction politique et médiatique diffusée depuis une dizaine de jours.C'est ridicule mais malheureusement il y a des gens qui y croient. En tout cas ces responsables qui n'étaient pas là pour assister à l'aparheid, au tri des pauvres qui ont le droit de bouffer ou pas, peut-être feront ils/elles un communiqué dérisoire de plus. Mais bon ça aussi on s'en fout, hier soir tout semblait dérisoire. "
Dans l'hôtel du bonheur, beaucoup font la valise, l'espoir tué par des fanatiques libéralistes.
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