Sur "Le blog d'un grincheux grave", au sujet de Meudon et Renaud, un article du 11 octobre 2011 :
Meudon, trou du cul du monde
Couverture de Paris Match N°3255 : Renaud et Romane - Le divorce - La femme du chanteur l'a quitté : "je n'ai plus la force, il a été rattrapé par ses démons, l'alcool et la dépression."
Cette importante information nous donne quatre pages intérieures axées sur cette future immense vedette de la chanson qu'est Romane Serda. Ils avaient choisi d'acheter une villa à Meudon, mais on apprend que "Renaud avait eu du mal à s'habituer à la vie de banlieue : 'Je suis loin de Paris, de mes potes, de mes petits bistrots. Je m'étiole' "
Loin de Paris ? Si vous n'êtes pas du coin, apprenez que Meudon est à peu près à deux kilomètres de la capitale, ce qui fait en effet une trotte pour un type dont on croit comprendre qu'il rentre tous les soirs chez lui à quatre pattes ("il boit pour alléger le poids de ce qui l'oppresse", page 86). Meudon est une bourgade accrochée à un piton couvert d'une forêt touffue dont émerge, au sommet, un observatoire astronomique, c'est dire si l'altitude est élevée. Au bas de Meudon (le bas-Meudon) coule un majestueux cours d'eau qui prend sa source au Plateau de Langres et qui va se jeter dans la mer du côté de Rouen. On apprend dans wikipedia que "le climat à Meudon est tempéré. En été la température monte assez rapidement à plus de 25 °C et l'hiver peut y être froid (jusqu'à - 15 °C certains hiver)".Vous voyez le genre ?
Meudon est un des lieux les plus dangereux du secteur : presque chaque hiver des dizaines, voire des centaines d'automobilistes s'y font piéger sur la fameuse côte de la N118, les télés y dépêchent des reporters que l'on voit emmitouflés raconter les situations épouvantables subies par les "naufragés de la route" (comme dit Pujadas).
Comment espérer dégotter dans un pareil bled un bistrot digne d'étancher la soif d'un grand poète comme Renaud ? Malgré l'air pur des hauteurs de Meudon, le pauvre Renaud s'étiole. Inspiré par le fantôme proche de Céline (dis-moi, Céline, qu'es-tu donc devenu ?), Renaud pourrait s'attabler chaque matin pour rédiger son ouvrage final, un recueil de poèmes philosophiques qu'il ferait préfacer par Matthieu Ricard.
Dernier détail authentique : juste de l'autre côté du Bas-Meudon, sur l'autre rive, face à chez Renaud, c'est Billancourt.
ATTENTION, PUBLICATION D'UN DEMENTI CINGLANT, dans le même Paris- Match :
Paris Match. Renaud a-t-il tué le renard ?
Renaud. Romane a tué le renard. Renaud aussi, j’y ai mis du mien, mais c’est essentiellement grâce à elle que j’ai réussi. Grâce à son amour. Le renard est mort et enterré depuis quelques années. Romane a connu le renard mais voyait le Renaud caché derrière. Cela fait près de cinq ans qu’on se connaît avec Romane. Au début, nous avions des relations amoureuses occasionnelles. On ne se voyait que de temps en temps. J’étais encore dépendant du pastis et ce poison me détruisait. Mais avec Romane, j’étais plutôt tendre, amoureux, gentil. Et puis, un jour, les choses se sont concrétisées. Nous sommes partis en vacances ensemble, et là je me suis dit : je ne peux plus vivre sans elle, ni passer une nuit sans elle, ni une journée. J’ai alors quitté mes vieux démons anisés et ce fut le début de ma renaissance.
Aujourd’hui, vous vous êtes débarrassé de tous vos poisons ?
Je ne bois plus, je fume raisonnablement, cinq cigarettes par jour, et, au réveillon de Noël, j’arrêterai définitivement. Pourtant, je suis un sérieux intoxiqué depuis trente ans avec trois paquets par jour.
Ce démon de l’alcool n’est donc plus au-dessus de votre tête ?
Plus du tout. Je ne sais pas si j’étais vraiment un alcoolique. J’étais un pochetron. Je ne sais pas s’il y a une différence... Ce dont je suis sûr, c’est de ne pas avoir d’addiction, de manque.
On n’est jamais à l’abri de replonger...
Je peux boire un pastis une fois par semaine en apéritif sans aucun problème et surtout ne pas avoir envie d’un deuxième verre. Je peux aussi boire trois verres de vin à table sans aucun souci quand l’ambiance est conviviale. Je suis débarrassé de cette dépendance.
Vous avez tout essayé pour vous en sortir ?
Essayé quoi ? La psychanalyse, l’inquiétude que procurent les examens médicaux et autres... J’ai entendu des amis médecins me dire : “Continue comme ça, dans deux ans tu es mort.” Ça refroidit, mais j’étais dans un tel cycle d’autodestruction que je n’avais pas peur. C’était presque un suicide à petit feu que je voulais. Je n’avais pas le courage de me tirer une balle dans la tête. Je voulais mourir lentement, me détruire. Ajouté à cela, plus aucune inspiration pour mes chansons, j’avais donc l’impression de ne plus exister. Ni médiatiquement ni artistiquement ; je perdais mon identité. Heureusement, j’avais l’amitié autour de moi, ma famille, ma fille. Mais dans l’état dans lequel j’étais, personne ne pouvait rien pour moi. Sauf moi-même.
SOURCE : Paris Match, décembre 2004
PRESSEKIOSQUE ?
source :
http://grincheux.typepad.com/weblog/201 ... monde.html