Neuf mille huit cent cinquante six jours
Dimanches compris, et jours fériés,
Déjà vingt sept ans et un jour
La première fois que je suis né
Je m’disais « tiens, c’est ça la vie ?
Y a trop d’ lumière, ça m’éblouie »
J’avoue qu’ça m’a tell’ment surpris
Que j’en ai même poussé un cri
Et puis j’ai fait la connaissance
De la gamine sentimentale
Qui venait d’me donner naissance
Et je m'suis dit : " c’est pas si mal "
A part peut être pour le prénom
Elle aurait pu m’laisser le choix !
J’lui en veux un p’tit peu, mais bon
J’encore rien fait qu’elle m’aime déjà
Ouais…
Neuf mille huit cent cinquante six jours
Que j’traine mes guêtres sur la planète
J’ai pas d’mérite, j’ai rien fait pour
Mais j’en profite, tant qu’à y être
J’y fréquente mes contemporains
J’essaie d’pas les compter pour rien
Parc’qu’y faut aimer son prochain
Au moins jusqu’au prochain prochain
J’trimballe mes flûtes la clope au Bic
Dans tous les claques et tous les rades
Je prends des notes de musique
Des attitudes que je crobarde
J’ai décidé d'prendre mon temps
Que parait-il c’est de l'argent
Moi j’en ai pas, mais final’ment
J’m’en fous un peu, j’suis pas gourmand
Bref
Neuf mille huit cent cinquante six jours
Une dizaine d’heures et des poussières
Depuis le jour où j’ai vu l’jour
De mon joyeux anniversaire
Du pain, du vin et des copains
éclats de rires, éclats de riens
Ces petites choses qui font du bien
M’font passer d’hier à demain
Entouré de quelques fêtards
Bougies jolies, jeune cerise
Sur le gâteau, et la guitare
Qui m’joue sur l’air de la surprise
Quelques couplets d’l’inévitable
Traditionnelle chanson à boire
Reprise en chœur autour d’la table
Pour finir en refrains paillards
Enfin...
Neuf mille huit cent cinquante six jours
Sans les vingt-neuf de février
Déjà vingt sept ans et un jour,
La dernière fois que je suis né…
(23/11/03)
9856 jours
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