pfuiit
Modérateur : modérateurs
pfuiit
Pfuiit
Le frigo était vide. Je suis sorti refaire le plein de bière, y’avait de la neige et un vent incroyable, mais j’ai décidé d’y aller à pied ; personne a dit qu’on était là pour rigoler.
Dans les livres ils auraient dit que « le froid me giflait le visage », et c’est vrai que ça y ressemblait, la littérature c’est pas que des conneries. Mes chaussures s’enfonçaient dans le sol à chaque pas et à mi chemin, je me suis dit que j’étais quand même bien con d’aimer l’aventure et les voyages à ce point là.
A ce moment de mes pertinentes réflexions sur la nature humaine et l’autre, pas humaine, j’ai vaguement aperçu une petite fille, accroupie sur le trottoir. Sept huit ans, pas plus. Je me suis demandé ce qu’elle faisait là, toute seule, et j’ai continué d’avancer. Arrivé presque à sa hauteur, Bam ! une grosse boule de neige sur le nez. Je l’ai entendue se marrer et j’ai pas hésité : je me suis accroupi moi aussi et j’ai fabriqué ma riposte, sans trop serrer. Assez content de me prendre au jeu, je me redresse, et… pfuiit, plus personne. Juste le vent qui continue de faire son boulot. J’ai quand même balancé ma boule, par acquit de conscience, en visant le monde entier qui a pas vraiment été ébranlé.
En payant mon pack au petit magasin, j’ai philosophé deux secondes avec la caissière, accrochée en plein mistral et emmitouflée dans une écharpe jaune. On est vite tombés d’accord sur le fait que la vie c’est pas tous les jours une glace à la vanille, mais que voilà, on a que ça. La patronne arrivait, on s’est pas étendus sur le sujet, toute façon on sait qu’on a tout le temps car une des particularités des bouteilles de bière c’est qu’elles sont rapidement vides. Un jour je l’inviterai à boire un verre, et elle osera pas me dire non, ou elle osera pas me dire oui, c’est pareil, le résultat est le même. On verra demain, quand je serai grand.
Sur le chemin du retour, j’ai recherché les traces de pas de la gamine, le petit trou qu’elle a du faire pour confectionner sa boule de neige, mais rien. Juste du vent.
Le frigo était vide. Je suis sorti refaire le plein de bière, y’avait de la neige et un vent incroyable, mais j’ai décidé d’y aller à pied ; personne a dit qu’on était là pour rigoler.
Dans les livres ils auraient dit que « le froid me giflait le visage », et c’est vrai que ça y ressemblait, la littérature c’est pas que des conneries. Mes chaussures s’enfonçaient dans le sol à chaque pas et à mi chemin, je me suis dit que j’étais quand même bien con d’aimer l’aventure et les voyages à ce point là.
A ce moment de mes pertinentes réflexions sur la nature humaine et l’autre, pas humaine, j’ai vaguement aperçu une petite fille, accroupie sur le trottoir. Sept huit ans, pas plus. Je me suis demandé ce qu’elle faisait là, toute seule, et j’ai continué d’avancer. Arrivé presque à sa hauteur, Bam ! une grosse boule de neige sur le nez. Je l’ai entendue se marrer et j’ai pas hésité : je me suis accroupi moi aussi et j’ai fabriqué ma riposte, sans trop serrer. Assez content de me prendre au jeu, je me redresse, et… pfuiit, plus personne. Juste le vent qui continue de faire son boulot. J’ai quand même balancé ma boule, par acquit de conscience, en visant le monde entier qui a pas vraiment été ébranlé.
En payant mon pack au petit magasin, j’ai philosophé deux secondes avec la caissière, accrochée en plein mistral et emmitouflée dans une écharpe jaune. On est vite tombés d’accord sur le fait que la vie c’est pas tous les jours une glace à la vanille, mais que voilà, on a que ça. La patronne arrivait, on s’est pas étendus sur le sujet, toute façon on sait qu’on a tout le temps car une des particularités des bouteilles de bière c’est qu’elles sont rapidement vides. Un jour je l’inviterai à boire un verre, et elle osera pas me dire non, ou elle osera pas me dire oui, c’est pareil, le résultat est le même. On verra demain, quand je serai grand.
Sur le chemin du retour, j’ai recherché les traces de pas de la gamine, le petit trou qu’elle a du faire pour confectionner sa boule de neige, mais rien. Juste du vent.
"La seule différence entre un fou et moi, c'est que moi, je ne suis pas fou".
Re: pfuiit
Joli, pi p'tet la mome l'est partie vendre des allumettes au coin d'la rue sous sa peau d'âne ???
"Moi je cultive l'amour sur le fumier du mépris" (Yes papillon-Gari Greù/JG Tartare)
"Le coinT coinT sauvera l'humanité" (ac2n, philosophie de bistrot virtuel)
https://www.facebook.com/Xavisions-399600453546061/
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Charlie Brown
- Messages : 2884
- Enregistré le : 06 sept. 2005, 21:19
Re: pfuiit
Putain c'est quand même aut' chose que du Pedro, y'a pas !... 
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !
Re: pfuiit
Classieux.
Soundtrack of my life
"Le réalisme est la bonne conscience des salauds"
George Bernanos.
"Le réalisme est la bonne conscience des salauds"
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- Blaise Poulossière
- Messages : 3878
- Enregistré le : 12 juin 2006, 14:01
- Localisation : Meyzin-Peutard (Jura)
Re: pfuiit
Pareil !
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docjekyll
Re: pfuiit
Je crois qu'on est d'accord pour remettre le Goncourt forumique à lucien !
Re: pfuiit
Y'a du rythme...
Re: pfuiit
Drolement chouette ce texte ! 
Re: pfuiit
Ben merci beaucoup! Et vu d'où viennent les compliments, je suis touché pour de bon.
(Le plus beau compliment venant sans doute de loopy, parce que comme j'ai rien à dire, c'est en effet juste le rythme que je cherche...)
(Le plus beau compliment venant sans doute de loopy, parce que comme j'ai rien à dire, c'est en effet juste le rythme que je cherche...)
"La seule différence entre un fou et moi, c'est que moi, je ne suis pas fou".
Re: pfuiit
ah, voilà c'est bien ça, le rythme...
mon premier réflexe a été de relire à haute voix.
Continue à ne rien dire, c'est quand même là que t'es le meilleur !

mon premier réflexe a été de relire à haute voix.
Continue à ne rien dire, c'est quand même là que t'es le meilleur !
La sculpture s'affine au gré des éclats de pierre qui volent sous les coups de burin...
Re: pfuiit
C'est quoi ce texte pourri au milieu de la magnifique prose du Pedro?

Re: pfuiit
Vous n'êtes peut être pas obligés de vous forcer hein!!!
Re: pfuiit
Je me suis pas forcé, personnellement.

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Charlie Brown
- Messages : 2884
- Enregistré le : 06 sept. 2005, 21:19
Re: pfuiit
De la Chimay (bordel !), par pure nostalgie...Yann quib a écrit :sinon t'as pris quoi comme biere ?
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !
