PatK a écrit :
Si chaque fois qu'une entreprise veut amener des emplois, elle se fait emmerder (y a pas d'autre terme) de la sorte, faut pas ensuite venir se plaindre de la délocalisation et de l'exploitation des ouvriers chinois ou autres.
Voilà ce que j'appelle de l'écologie pure et dure. Celle qui compte les brins d'herbe et les bouffées de carbone, mais qui ne se préoccupe en tout cas pas du chômage et de la crise. Forcément eux, ils sont tranquilles, ils sont payés pour foutre leur merde.
En fait l'écologie radicale se préoccupe du travail au moins autant que des brins d'herbe.
Sauf que les pistes proposées sont, forcément, à contre-courant de l'idéologie dominante. Quand on a fait le constat que le productivisme entraine inexorablement la destruction des ressources naturelles (qui ne sont pas illimitées, ce qu'avaient omis les premiers théoriciens du capitalisme) d'une part, et la destruction inévitable des emplois par la machinisation qui permet l'augmentation des cadences et donc des gains de productivité d'autre part, on est conscient que la lutte contre le productivisme est une lutte écologique et sociale. C'est par ailleurs très difficile à gérer pour les partis politiques qui se déclarent anti-productivistes (je pense au NPA, aux Verts et au PG) d'allier cette vision anti-productiviste avec les luttes sociales, pour la préservation de l'emploi dans l'industrie automobile par exemple, qui est l'un des fleurons de l'industrie productiviste et de la société d'ultra-consommation. On tombe vite dans le double discours puisqu'on peut difficilement dans le même temps fustiger l'automobile comme symbole du "toujours plus" (plus vite, plus loin, plus individuel, plus gros, plus marketté, etc...) et défendre les ouvriers des sous-traitants qui morflent sévère en ces temps de récession.
La solution pour moi (et je pense que c'est celle prônée par une majorité d'écologistes radicaux) c'est la mise en place d'un Revenu Inconditionnel d'Existence qui soit suffisant pour vivre sans travailler (supérieur au seuil de pauvreté, évidemment). Un droit acquis à partir d'un certain âge, jusqu'à la fin de sa vie.
Déconnecter le revenu du travail, histoire de garantir une nouvelle liberté : celle de ne pas travailler.
Et de réduire fortement cet intolérable pouvoir du seigneur qui emploie sur le serf qui est employé.
Et pour revenir à ton exemple concret, on n'a pas fait le tour du problème tant qu'on n'a pas envisagé comment mettre en place un transport en commun spécifique pour ces employés, par exemple.
Le problème, c'est qu'on est tellement intoxiqués par l'automobilisation du monde qu'on estime que la voiture individuelle est un droit indiscutable. Donc on ne pense pas à d'autres solutions, collectives.
Et là, il n'y a pas que le patronat ou la municipalité qui sont intoxiqués.