Yann quib a écrit : Toujours pas d'accord :
Sur le marché mondial, il y a une quantité importante de travail et une moindre quantité de capital. le travail voit son prix baisser , le capital bénéficie d’une rémunération croissante. Donc on garde une societe capitaliste (trop compliqué a remettre en cause et risque de marginalisation mondiale) et on organise mieux la tension capital/travail par une fiscalité plus juste .
Plusieurs choses :
- tu te places d'emblée dans le système capitaliste et la société de travail, en te rendant compte que des choses ne vont pas et en voulant les réguler de l'intérieur, ce qui est le propre de toutes les politiques actuelles. Qui ont échoué, parce qu'elles n'arrivent pas à se détacher d'un système économique qui crée de l'inégalité ; c'est même ça son moteur, je pense - l'inégalité crée l'envie qui crée le besoin de s'enrichir, et pour ce faire il n'existe que 2 solutions : le travail au sens capitaliste du terme, ou l'illégalité.
- je ne comprends pas ton articulation logique, entre ce qui est avant le "donc" et ce qui suit ce "donc". En quoi le fait que "sur le marché mondial, il y a une quantité importante de travail et une moindre quantité de capital. le travail voit son prix baisser, le capital bénéficie d’une rémunération croissante" induit-il qu'il faille garder une société capitaliste ?
- Sur la quantité importante de travail sur le marché mondial : je suis d'accord, mais je ne vois pas en quoi ça légitime le travail salarié et l'exploitation de la force de travail.
De plus, ce travail est réalisé par des employés parce que ceux-ci coûtent moins cher que d'automatiser. On délocalise pour ça, parce que la main-d'oeuvre est moins cher et les contraintes en terme de droit du travail et de l'environnement sont moindres. Est-ce juste ? Doit-on conserver ces conditions de travail, cette exploitation de la main-d'oeuvre pour produire peu cher ? Ou alors va-t-on voir les salaires des pays en voie de développement réduire le gap avec ceux de l'Europe (par exemple) ? Et si tel est le cas (ce que j'espère), les entreprises ne vont-elles pas tenter de se passer de cette main-d'oeuvre et automatiser (ce qui est le sens de l'industrie) ? Et ensuite ?
"Jusqu'ici, tout va bien..."
Il y a des intellectuels qui se sont penchés sur cette sortie de la société de travail, comme André Gorz dans "Misères du Présent, Richesses du Possible" (que je suis en train de lire, et qui est excellent), et on ne peut qu'être frappé par la justesse du propos.
On n'en entend pas parler.
Parce que le capitalisme a intérêt à ce qu'on ne pense qu'à travers lui. A ce qu'on n'imagine rien au dehors du système capitaliste, de la société de croissance. Et le fait que tu te rendes compte qu'il faille faire quelque chose parce que "ça merde", mais que ce que tu proposes (comme Charlie, et comme l'immense majorité des gens de gauche et d'extrême-gauche - je ne parlerai même pas de la droite) c'est de réguler ce capitalisme montre bien que l'imaginaire politique est colonisé, voire phagocyté par la pensée capitaliste néo-libérale.