D'accord.
Alors c'est l'histoire d'une souris mâle qui habite dans un zoo où c'est qu'il y a plein d'animaux pas comme elle. (Ben oui, "elle", parce que souris c'est féminin, même pour un mâle, pis j'vais pas dire iel non plus, ça n'a rien à voir. Alors restez attentif pour la suite.) Elle, donc, passe ses journées comme ça à déambuler d'enclos en enclos, de cages en volières. Y a des animaux qu'elle trouve sympas, d'autres beaucoup moins. Et puis il y a Irma. Aaah, Irma ! Irma, c'est pas rien. Irma, c'est son crush, son kiff, son amour secret et inavouable. Parce qu'Irma… ben c'est une éléphante. Alors au début la souris elle se dit : "Non mais j'suis con ! Ça va pas la tête ! Elle est très exactement 235,6 fois plus grosse que moi en volume, j'te dis même pas en poids j'ai pas calculé d't'façon. J'suis un malade moi…"
Et puis le temps passe et chaque fois que la souris s'aventure à proximité de l'enclos de l'éléphante, ça devient une sorte de fixation, de déviance, que dis-je, c'est devenu un perversion… Bref, la souris bande à s'en faire péter le frein. Alors un beau jour (il faisait dans les 30 °C à l'ombre dans la fosse à l'ours brun), la souris, n'en pouvant plus de frustration, se dit : "Oh et puis merde, j'y vais, je l'encule la Irma !"
N'obéissant plus qu'à ses pulsions malsaines et répréhensibles, dopée par les hormones incandescentes qui irriguent son corps, ragaillardie par sa trique granitique qui lui fournit un cinquième point d'appui, la souris met trois dixièmes et demi de seconde à échafauder son plan (détail amusant, l'exécution de celui-ci aura pris autant mais en minutes, pas en secondes) : d'abord, elle grimpe à l'arbre sous lequel l'éléphante prenait l'ombre faute de mieux, puis elle se laisse glisser le long d'une branche qui arrive juste à hauteur de l'arrière-train du pachyderme-que-cha ; ensuite, elle lui saute dessus, désescalade la queue, puis hop !, elle lui rentre dans l'trou d'cul pour la sodovioler sans vergogne.
On en est au moment où la souris est pour ainsi dire enfoncée toute entière dans le renflement brun de sa victime non consentante et va bientôt tirer le feu d'artifice à force de se frotter la tête d'épingle contre une muqueuse malodorante, que se produit alors un événement assez cocasse-les-couilles. L'arbre qui avait servi d'échafaudage au plan de la souris n'était autre qu'un palmier. Or, en cette saison, l'arbre produit des gros fruits en abondance. C'est alors donc qu'un énorme palmito pourtant pas mûr mais très dur se détache d'une branche et atterrit pile sur la bosse frontale d'Irma, qui est, rappelons-le pour les déficitaires en attention, une éléphante qui se fait Ken par Mickey sans s'en rendre compte du tout du tout, vu qu'elle s'est juste dit à elle-même tiens, je crois que mes règles arrivent en sentant un petit chatouillis tout à fait à l'opposé de sa grosse tête. Alors, le palmito ne pèse pas assez lourd pour lui faire une bosse sur la bosse tout de même, mais plus par réflexe que par douleur, Irma s'écrie soudainement "non mais aïeuh quoiii-hein", ce qui se traduit par un gros barrissement plutôt aigu à l'oreille de toute autre espèce.
Et là, t'as la souris qui sort sa tête toute merdeuse de derrière et qui crie à l'éléphante : "Alors, j'te fais jouir, hein, salope ?!"
Voilà, c'est fini.
Ah bah non ! Il faut une morale à cette fable !
Bon ben la souris est en prison jusqu'en 2027, mais avec le jeu des remises de peine toussa, elle est p'têt ben déjà sortie, en fait.
Allez, lancez le générique.