Entretien avec Hubert Félix Thiéfaine (par Vincent Capraro)

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ac2n
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Entretien avec Hubert Félix Thiéfaine (par Vincent Capraro)

Message par ac2n » 06 nov. 2016, 12:21

Hubert Félix Thiéfaine, une poésie en forme d’exutoire qui oscille entre hyperréalisme et onirisme mais toujours avec une sensibilité à fleur de peau. NosEnchanteurs aura été très assidu à l’occasion de ce VIXI Tour (l’un des premiers concerts de la tournée à lire ici). Il faut dire que la poésie et les spectacles de Thiéfaine sont particulièrement addictifs. Thiéfaine évolue dans un univers singulier. Il conserve une puissance rock n’roll portée par des musiciens excellents, avec lesquels une vrai complicité s’est créée au fil des années. On ne peut que succomber à La tentation du bonheur. Thiéfaine aura promené son set dans tous les zéniths, théâtres, festivals d’été, et les salles sont pleines chaque soir, avec un public fidèle. Cette tournée de dix huit mois s’achèvera en apothéose le 19 novembre au Zénith de Paris par un concert exceptionnel avec un orchestre symphonique qu’il avait déjà expérimenté à Radio France en 2015. Les cuivres et violons viendront se mêler subtilement à la set-list actuelle. Ce soir, notre lycanthrope errant nous invite au théâtre de Maisons-Alfort, dans le cadre du Festival de Marne 2016 (pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de voir le spectacle, je ne saurais trop vous conseiller le live double CD, comprenant le DVD de la captation du concert du Palais des Sports d’octobre 2015). Bien évidemment nous sommes venus assister au concert et vous rapporter quelques images. À cette occasion nous faisons une rencontre exceptionnelle, celle de Françoise Salvan-Renucci, «tête chercheuse» fort sympathique de la faculté de lettres d’Aix-Marseille, qui consacre toute son activité à décrypter le discours poétique de Thiéfaine : «Inventaires dans un pandemonium», «Labyrinthe aux couleurs d’arc-en-ciel». Les aficionados du grizzly jurassien apprécieront les conférences passionnantes de la dame sur sa chaîne youtube : déclinons par avance toute responsabilité sur les éventuelles céphalées induites. Afin de préserver vos hémisphères cérébelleux intactes et d’éviter les claquages de synapses, nous vous recommandons d’espacer les conférences de quelques heures. Certains candidats de télé-réalité pourraient même ne pas y survivre.

Dans les loges, ambiance détente après concert, franches rigolades avec le très rock and roll Alice Botté (guitariste) qui nous dira combien il est ravi de reprendre la scène après un break d’un mois avec ses potes musiciens. L’alchimie qui se produit sur scène est bien le prolongement de ces liens de camaraderie et de fraternité que nous constaterons ici.

Enfin, pour NosEnchanteurs, le clou de la soirée arrive, Hubert nous reçoit dans sa loge, avec gentillesse et disponibilité, en compagnie d’Hugo, son fils aîné qui a récemment rejoint l’équipe de management :



Que de chemin parcouru, Hubert, depuis le temps des cabarets de la rue Mouffetard, notamment Le Pétrin...

HUBERT-FELIX THIEFAINE. La première année où je me suis pointé à Paris j’étais dans la survie. Je trouvais des p’tits jobs, du style vendre des encyclopédies au porte à porte, distribuer des prospectus dans les boîtes… Je ne connaissais pas trop les tuyaux, je ne connaissais personne surtout pour m’aider. Donc j’ai mis du temps pour démarrer et le Pétrin c’était un capital. C’était vraiment le premier cabaret que j’ai fait à Paris. Financièrement ça ne m’aidait pas beaucoup mais ça n’empêche que j’avais déjà un public. Je pouvais tester plein de choses et ça devenait moins abstrait.

C’est là, en définitive, que tu as appris ton métier ?

Pour moi, ce qui était important, c’était de trouver mon style. À la fin des années 60, début 70, en dehors de tout ce qui était anglo-saxon, qui était ma musique de base, en France il y a un type qui me dévorait la tête, c’était Léo Ferré. J’ai mis du temps, j’ai eu du mal à me dire c’est bien mais c’est pas toi, c’est du Léo ! Donc, il a fallu que je décroche et j’avais des idées pour ça. Je voulais vraiment inventer quelque chose qui sonne différemment. Je n’écoutais pas beaucoup les chansons françaises en dehors de Léo, alors une fois qu’il n’y avait plus Léo, il fallait vraiment que j’écoute Thiéfaine. J’ai donc créé les chansons que j’avais envie d’entendre et que personne ne faisait. Ce n’était pas évident de trouver son style. Et puis le cabaret m’a vraiment aidé, je sentais les failles, ce qu’il manquait pour être vraiment dans ce que je voulais. En sortant du cabaret, à une ou deux heures du matin, je retravaillais. J’avais les voisins qui gueulaient parce que je me remettais au boulot… J’avais des chambres de bonne quand j’en avais ! Je me souviens d’un après midi où j’étais assis en bas du Sacré Cœur à Montmartre et tout d’un coup j’ai écrit, écrit… et corrigé L’ascenseur de 22h43. Ce n’est pas pour rien que c’est le premier morceau de mon premier album. Là j’ai eu le flash qui a fait que j’ai trouvé ce qui ne fonctionnait pas et la façon de le corriger. Je l’ai essayé le soir même en cabaret : ça fonctionnait. Ensuite il y a eu La vierge au dodge, des chansons comme ça, et là, j’étais vraiment dans mon truc.

A cette période tu avais des chansons graves mais je me souviens que tes chansons étaient aussi très drôles. Cela nous faisait mourir de rire. C’était potache, parfois clownesque.

Oui et c’était pareil sur scène ! Je balançais des confettis… J’étais le chanteur le plus détesté des femmes de ménages des salles dans lesquelles je passais…

Aujourd’hui tu as toujours cet humour mais il me semble plus discret, plus fin. Tu te sens plus grave dans ton écriture, dans ton inspiration ?

Oui et puis je me méfie. J’aime bien l’humour au troisième degré, mais je me suis aperçu que c’est souvent mal compris. Je suis devenu très sérieux après avoir vu que beaucoup de gens ne comprenaient absolument pas mon humour et ça me vexait terriblement. En même temps, dans la vie courante, j’aime faire de l’humour. Je suis du genre pince sans rire alors les gens se demandent si c’est du lard (de l’art ?) ou du cochon. Ils ne savent pas s’il faut me prendre au premier degré, alors j’essaye de simplifier. Je me fais plaisir en mettant des conneries derrière et j’essaye qu’elles puissent rentrer dans le contexte de ce que j’écris. J’aime bien encore faire ça mais généralement j’en gomme beaucoup.

Mais au départ, à l’inspiration c’est toujours là ?

Je m’aperçois que j’ai toujours envie de déconner, de délirer quoi ! Mais il faut que ça épouse la couleur des chansons. La façon dont j’écris aujourd’hui n’est plus celle que j’avais quand j’étais en classe de troisième. Encore que, mon adolescence a duré très longtemps… (rires)

Tu as toujours été visionnaire. Ce soir tu as chanté Alligator427 écrite dans les années 70, contre le nucléaire, à l’occasion d’une manif à Fessenheim. Il y a eu Quand la banlieue descendra sur la ville, Demain les kids… Toutes ces chansons, entre bien d’autres, sont terriblement d’actualité. Tu as toujours une longueur d’avance grâce à ton hyper-sensibilité aux choses. En ce moment, qu’est ce qui te préoccupe ?

Disons qu’en ce moment je me calme du côté de mes visions. J’ai peur de faire peur aux gens ! Alors je ne préfère pas raconter la vision que je projette, ou pourrais projeter et c’est vrai que je me censure à ce niveau-là. Ce n’est peut-être pas la peine d’en rajouter, donc je fais attention à ça .

Karanganda relate un fait historico-tragique, mais c’est aussi un brûlot contre tous les fascismes. Est-ce quelque chose qui te terrorise encore aujourd’hui ?

J’ai lu un bouquin récemment. C’est la fin du monde. C’est vraiment la fin de la fin. Ça se passe dans quelques siècles, la terre est complètement détruite par les centrales nucléaires qui ont explosé. On ne sait pas trop ce qui s’est passé mais ça a sauté de partout. Ils sont tous en train de crever. Dans ce bouquin, ils parlent de la deuxième génération du soviétisme mais sur la planète entière, et qui serait la cause de la fin du monde. Ça parle de kolkhozes, le monde se termine dans un kolkhoze. Bon, mais à la longue c’est un peu tannant, 500 pages de fin du monde ça fait mal quand même…

Je sais que pour toi c’est difficile d’en parler mais comment as-tu reçu cet hommage du colloque de deux jours à la Maison de la Poésie sur ton œuvre ?

Alors moi je n’y ai pas assisté (NDLR. Hubert a fait à cette occasion le concert de clôture). On m’a dit qu’il y aurait un bouquin qui allait sortir… Ça m’intéresserait de le lire, encore qu’il ne faut pas que je le lise pendant une période d’écriture ça peut perturber. Mais ce genre d’initiative ne me gène pas, ça fait partie du métier. Tout à coup on s’aperçoit qu’il y a un mec là, qui a écrit pendant des années, qui a sorti 17 albums, dans ces albums il y a des choses intéressantes… Pour moi c’est quand même une reconnaissance. C’est peut-être aussi pour ça que j’ai commencé à écrire quand j’étais en cinquième, à 12 ans. J’avais envie de m’exprimer. Je me sentais différent par le fait même de me sentir artiste. Quand enfant on ressent ça, on est un peu malade ou handicapé. Alors tout d’un coup il y a une reconnaissance de ce qu’est ma vie, de ce que je dis, de mes visions aussi. C’est comme monter sur scène, ça fait partie du jeu, du choix que j’ai fait. Et j’ai la chance de faire partie des quelques petits pourcents qui vivent de leur art. C’est ce que je voulais, moi je n’en demandais pas beaucoup. Je me souviens dans les années 80, j’avais sorti trois disques. Je préparais le quatrième. Je touchais mes droits d’auteur, j’avais un toit, une petite voiture en leasing, je me suis dit c’est bon là ! J’avais quand même passé 10 ans de vache maigre, à moitié SDF, à vivre chez l’un chez l’autre…

C’était juste avant Dernière Balise et Soleil… ?

Je préparais Dernière Balise et là, tout d’un coup, j’avais des droits d’auteur, des royalties, j’avais les moyens de payer un loyer, de bouffer deux fois par jour, et je me suis dis : c’est bien ça. C’est vrai que je n’étais pas heureux parce qu’il y a toujours un tas de trucs dans la vie… et puis un angoissé ne peut pas être heureux. Mais quelque part, je sentais que ma survie prenait une bonne tournure et surtout avec ce que j’avais choisi. C’était doux, c’était bien. D’ailleurs j’ai écrit coup sur coup Dernière balise et Soleil cherche futur qui sont encore aujourd’hui de beaux albums quoi ! J’étais vraiment inspiré, j’étais content d’être artiste et je sortais vraiment de l’enfer… Donc ça me suffisait un petit studio de 40 m², c’était un paradis.

Sur Stratégie de l’inespoir tu as fait une reprise de Cats Stevens, Father and son, c’est surprenant, je ne crois pas me souvenir que tu aies fait une reprise sur un album ?

Sur un album non… si, j’ai fait une reprise en 95 de la solitude de Ferré (Live Paris-Zénith). C’est le seul cas. Souvent on fait ça pour une télé. Tu as écrit 250 chansons et quand tu passes à la télé, on te demande de chanter une chanson d’un autre… c’est quand même beaucoup de respect pour le créateur…

Cette reprise de Father and son, m’a accroché. J’ai pensé à tes fils, Hugo et Lucas, cela faisait écho à Septembre Rose, Tita dong dong. C’est un bel hommage, en plus maintenant vous travaillez ensemble…

Je l’ai mise en bonus sur l’album, parce que c’est l’album où Lucas m’a fait la surprise de m’offrir des arrangements incroyables. Je savais qu’il faisait de la musique dans son coin mais il restait discret là-dessus et puis je pense qu’il se cherchait aussi. Oui je l’avais depuis un bon moment cette chanson. A chaque fois que je la chantais tout le monde trouvait que c’était une belle adaptation. Je suis resté assez fidèle sur l’idée de Cats Stevens, tout en étant logique sans faire une traduction mot à mot. Et puis c’était le bon moment, Lucas a pris des guitares derrière et ça s’est fait normalement.

Lucas a fait une apparition sur scène lors du Scandale mélancolique Tour à la batterie sur un titre, et aujourd’hui c’est un guitariste accompli, il est avec toi sur scène pour tout le set, il y a eu un énorme chemin parcouru.

Oui, il n’avait pas pris la plus facile, c’était sur Confession d’un never been. Lucas est monté sur scène la première fois avec moi à l’Olympia, il avait 5 ans. Il est devenu guitariste par ce dernier album. Ce qu’il faisait c’était un peu électro et il s’est vraiment mis à la guitare sur les arrangements de stratégie de l’inespoir. Ce qui est encore plus étonnant, c’est que, dès le début, il m’a amené des arrangements sur En remontant le fleuve et Karaganda. Quand même ! Ce sont des monuments dans le disque. La seconde surprise, c’est qu’il a travaillé la guitare en studio et est devenu guitariste sur cet album. Il y a le batteur (Bruce Cherbit) qui l’a aidé. Sur la tournée précédente il a commencé à pousser les caisses pour finir Backliner et à la fin de chaque concert il allait dans la loge des musiciens pour les harceler de questions. En fonction de leurs spécialités, il avait des réponses, du côté rythmique, clavier, guitare… C’est là qu’il a commencé à apprendre la guitare mais je l’avais déjà vu jouer, sans connaître les accords, déjà rien que de la main gauche il y avait déjà quelque chose, de 5 ans à 10 ans il a fait batteur.

Il y a aussi Hugo avec toi. C’est très émouvant cette traversée du temps depuis Septembre rose, de retrouver Hugo ici à tes côtés.

HUGO. Moi je ne suis arrivé là que depuis cette tournée.

HFT. Non mais tu étais là quand même. On ne travaillait pas ensemble, mais tu avais toujours de bons arguments, de bonnes idées et de bonnes critiques. Aussi bien Lucas que moi, tu nous a aidés.

On parlait de Lucas et la guitare, mais tu travailles beaucoup avec les guitaristes. Tu leur laisses une grande place. À chaque époque il y a un son très spécifique qui vient des guitaristes avec qui tu as collaboré, Carbonare, Mairet, Marzin, Pechin sur Scandale mélancolique, Alice et Lucas aujourd’hui. Comment elle se fait cette alchimie ?

Ben j’aime bien les guitaristes et les guitares quoi ! Moi je n’ai pas le temps d’être guitariste. J’ai appris la guitare tout seul. Quand j’ai voulu prendre un professeur il m’a dit : « c’est pas mal comme vous jouez, vous savez jouer de la guitare. Je ne comprends pas du tout comment vous faites mais vous sortez des sons qui sont audibles. Ça m’ennuie, il faudrait repartir à zéro et vous savez déjà jouer, c’est un peu stupide que je vous donne des cours… » Comme j’ai appris tout seul j’ai beaucoup de défauts et je peux difficilement évoluer pour devenir un virtuose de la guitare. Et puis quand je prends la guitare, c’est parfait pour trouver des mélodies.

C’est comme ça que tu travailles l’écriture, avec la guitare ?

Oui tout le temps, même quand je fais écrire une musique par quelqu’un d’autre je travaille quand même avec une guitare. On fait quand même de la chanson. On n’écrit pas un poème qui sera lu. Maintenant, qu’on lise le texte de la chanson ça ne me gène pas. Qu’on dise que ça peut se lire aussi, c’est bien. Mais j’aime bien être toujours avec ma guitare pour sentir que c’est fait pour être craché. Je crois que c’est Flaubert qui hurlait ses textes en écrivant ? Il pouvait en avoir des extinctions de voix le soir en écrivant Madame Bovary notamment !

C’était sans doute sa façon de voir si ça fonctionnait ?

Et moi c’est la guitare. Je voulais être chanteur à douze ans. C’était le Swingin London, les Bands avec les guitares, claviers, un peu la même formation que j’ai aujourd’hui. Je tiens à garder ce côté Rock n’Roll.

Cette tournée est d’ailleurs particulièrement Rock n’Roll.

C’est marrant parce que je sors de scène beaucoup moins épuisé qu’avant (Rire). Pourtant je bouge quand même beaucoup. Je veux pas comparer avec les années 80-90 parce que, être Rock and Roll c’était tous les excès possible… Mais même là par rapport aux tournées précédentes je suis moins fatigué.

A l’occasion de la tournée En solitaire aux Bouffes du Nord, on avait parlé de la tournée Alambic où tu entrais en scène avec Le chant du fou que tu jouais sur un mini piano d’enfant. Tu m’avais dit que pour cette tournée, Mairet, à l’époque, t’avait enfermé dans un long tunnel minuté, ça doit être épuisant à tenir ?

Ha oui ! C’était des machines ! On a eu la même chose en 2001 avec Défloration 13. Par contre, là, on apprend. Parce que si on se plante sur un concert comme ça c’est foutu. On n’a pas le droit à l’erreur. La machine ne s’arrête pas, elle n’improvise pas. Une fois qu’elle est réglée il faut jouer dessus. Ça c’est une belle école. J’ai beaucoup appris sur cette tournée Mairet, enfin Alambic. Je dis la tournée Mairet parce que j’étais handicapé, j’avais eu un accident de moto alors je ne pouvais plus jouer de guitare, je ne pouvais plus écrire. Alambic a été la première tentative pour voir ce qui se passait si je n’écrivais plus de mélodies. Mais c’était dur, dur, cette tournée (soupirs). Les morceaux étaient très durs. Un peu à la JP Nataf d’aujourd’hui. C’est passionnant, ça bouge tout le temps, et puis on n’avait pas de prompteurs à l’époque. On était obligés d’apprendre tout par cœur, les structures, les schémas. C’était effrayant comme travail, mais ça fait avancer…

Ça donne une aisance pour la scène ?

Après on sait récupérer les choses quoi !

Il y a des projets d’écriture en ce moment ?

J‘ai passé ma vie à écrire, quand je n’écris plus je me demande ce qu’il se passe.

Cette tournée est particulièrement longue non ?

Ça se tient, une tournée c’est dix huit mois en principe.

Tu as prévu un peu de repos dans ton Jura, en dehors du bruit, peut-être pour écrire ?

Le repos je ne sais pas ce que c’est. Dans le Jura le bruit ça va. Bon là, il y a la chasse qui vient de commencer mais bon… c’est très bruyant la campagne (rires). On nous vend que du matériel qui fait du bruit, les tondeuses à gazon, les débroussailleuses, les tronçonneuses, les machines à broyer le bois…c’est très bruyant ! Et puis les barbecues… moi j’aime bien l’hiver .

Tu es en création un peu tout le temps…

J‘essaye maintenant, pour pas avoir l’angoisse de l’écriture, mais ça ne marche pas forcément. En réalité je fais trois jobs qui s’enchaînent. Je finis une tournée, je peux prendre un peu de vacances mais je ne sais pas vraiment ce que c’est. Puis je me mets à l’écriture, parfois c’est long. C’est environ tous les trois ans. Après il y a une période où l’on monte tout ça en studio, avec les musiciens, l’arrangeur. Là, ça commence à devenir intéressant. Enfin les trois périodes sont intéressantes mais la première c’est vraiment la solitude et il y a un moment, quand on arrive à faire tourner les morceaux, c’est un vrai bonheur. Quitte à ce qu’on trouve que c’est de la merde le lendemain en se réveillant et on repart à zéro, mais il y a un plaisir quand même. Évidemment après quand on voit le morceau monté sur les machines on se dit qu’on est en train de faire un album. Généralement on se dit qu’on est plutôt en train de faire un bel album. Ça serait con d’essayer de faire un mauvais album (rires). Il y a des moments de panique. Il y a aussi des bons moments où l’on découvre, où un morceau prend le bon virage.

Ça doit être jouissif ce moment-là

Oui c’est vraiment jouissif et puis après on va vers le public. Entre les deux il y a la sortie de l’album avec toute la promo et ça c’est pénible…

HUGO : ça c’est le quatrième job ! Et c’est celui que tu n’ aimes pas !

HFT : Il s’appelle Gérard celui de la promo ! Tu vois, Hubert Félix Gérard Thiefaine. Oui c’est le troisième job avant la scène. On y passe un mois ou deux, là c’est lourd. Et puis à la télé je n’y suis pas chez moi quoi. Un plateau de télé pour moi ça peut devenir l’horreur. On en rêve la nuit. La nuit on cause encore….

Pour le dernier concert de la tournée, le 19 novembre au Zénith avec l’orchestre symphonique, il y a un travail spécifique de préparation ?

Il y a un arrangeur qui part essentiellement du travail que fait Christopher Board aux claviers et Christopher a écrit lui-même des arrangements.

HUGO : Pour être vraiment précis c’est Christopher l’arrangeur. C’est-à-dire, les arrangements de cordes c’est Christopher qui les fait à partir de ce qu’il joue au piano pour que ça s’intègre bien, qu’il y ait une bonne imbrication de l’orchestre avec les morceaux. Ensuite il y a une orchestration faite par Jean-François Berger (Radio France). Mais ce ne sera pas lui qui dirigera l’orchestre .

La setlist devra être modifiée pour la circonstance ? Celle-là fonctionne bien.

Non, d’une part on n’a pas trop le temps de travailler d’autres morceaux et puis l’orchestre ne jouera pas sur tous les morceaux. Les chansons très rock, ils nous les laissent jouer. Ça serait un peu stupide de vouloir mettre systématiquement des cordes ou même des cuivres. La partie principale est faite avec le philharmonique mais c’est aéré.

Merci beaucoup Hubert pour ta disponibilité et ce moment passé en ta compagnie que nous partagerons avec les lecteurs de NosEnchanteurs comme nous l’avons fait pour le début ton VIXI Tour.

Je t’en prie. Merci à toi.


http://www.nosenchanteurs.eu/index.php/ ... -ad-astra/

Et quelques images : http://vincentcapraro.fr/albums/thiefaine/
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lucien
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Re: Entretien avec Hubert Félix Thiéfaine (par Vincent Capraro)

Message par lucien » 06 nov. 2016, 12:42

Wahhhhh! Merci, camarade!
s.i.g.n.a.t.u.r.e

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Marie la Belge
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Re: Entretien avec Hubert Félix Thiéfaine (par Vincent Capraro)

Message par Marie la Belge » 06 nov. 2016, 12:45

Merci !
Elle quitte le vilain phenix mais aimera toujours Renaud.
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ac2n
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Re: Entretien avec Hubert Félix Thiéfaine (par Vincent Capraro)

Message par ac2n » 06 nov. 2016, 13:35

C'est à Vincent, et à "Nos enchanteurs" qu'il faut dire merci, pas à moi, j'ai juste partagé...
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korrigan
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Re: Entretien avec Hubert Félix Thiéfaine (par Vincent Capraro)

Message par korrigan » 06 nov. 2016, 13:57

Alors "Merci tout le monde",comme ça je ne risque pas d'en oublier.
"...à part Brassens et les oiseaux, quoi écouter..."


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