
Que les choses soient claires. L’auteur de ces lignes est un admirateur rabique de Renaud. Comment d’ailleurs quiconque prétendant aimer la chanson française pourrait-il dénier ses qualités d’artiste ? Le chanteur éne
rvant a écrit quelques-unes des plus belles pages de l’anthologie de la chanson et son œuvre, d’ailleurs fréquemment reprise, est appelée à rester dans le patrimoine, aux côtés des plus grands. Plus qu’un chanteur, il a été un véritable guide pour toute une génération, à laquelle il a transmis ces belles valeurs que sont la révolte, l’ironie ou la tendresse. Et la pudeur aussi. Celle qui nous pousse à ne pas dévoiler sa vie au tout-venant et à garder au fond de soi les joies et les peines, qu’il serait obscène de laisser couler aux yeux de tous. Quand on montre son cœur comme on montre son cul, disait Guy Bedos dans un vieux sketch
MAIS ENCORE… En première partie, mini-récital de Gauvain Sers, limité à 6 titres. Comme Nos Enchanteurs étaient présents lors de son premier concert belge (voir ici) et qu’il en a déjà été beaucoup question ces derniers temps, nous ne nous attarderons pas. Si ce n’est pour souligner combien il est troublant de l’applaudir avant Renaud, tant l’influence de l’ancêtre sur la relève est flagrante. On peut d’ailleurs se demander pourquoi notre vedette va chercher ses levers de rideau dans ses successeurs mimétiques (la tournée précédente, c’est Benoît Dorémus, autre artiste d’obédience séchanesque, qui s’y était collé). Est-il persuadé que son public n’aime que ce qui lui ressemble ?
MAIS ENCORE…
En première partie, mini-récital de Gauvain Sers, limité à six titres. Comme NosEnchanteurs était présent lors de son premier concert belge et qu’il en a déjà été beaucoup question ces derniers temps, nous ne nous attarderons pas. Si ce n’est pour souligner combien il est troublant de l’applaudir avant Renaud, tant l’influence de l’ancêtre sur la relève est flagrante. On peut d’ailleurs se demander pourquoi notre vedette va chercher ses levers de rideau dans ses successeurs mimétiques (la tournée précédente, c’est Benoît Dorémus, autre artiste d’obédience séchanesque, qui s’y était collé). Est-il persuadé que son public n’aime que ce qui lui ressemble ?
LA PHOTO
Tout n’est pas perdu ! Renaud a au moins gardé ce goût du second degré, puisqu’il a confié à Vuillemin le soin d’illustrer la couverture de son programme, avec toute la finesse et le goût de la provoc dont celui-ci fait preuve habituellement. Le tee-shirt reproduisant ledit dessin restera mon meilleur souvenir de la prestation.
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Tout n’est pas perdu ! Renaud a au moins gardé ce goût du second degré, puisqu’il a confié à Vuillemin le soin d’illustrer la couverture de son programme, avec toute la finesse et le goût de la provoc dont celui-ci fait preuve habituellement. Le tee-shirt reproduisant ledit dessin restera mon meilleur souvenir de la prestation.
C’est pourquoi il m’a été douloureux d’avoir revu Renaud sur scène. Un Renaud bouffi, hébété, marchant comme un petit vieux, la voix traînante et chevrotante, l’élocution difficile, le souffle court, mélangeant les mots ou oubliant ce qu’il voulait nous dire, dont les mains sont saisies d’un tremblement constant… Ça fait mal. Comme lorsqu’on va voir un vieux pote atteint d’une maladie en phase terminale et qu’on s’efforce de n’en rien laisser paraître.
Pourquoi est-il remonté sur scène, pour ce Phénix Tour pas spécialement bien nommé ? Pour les thunes ? L’homme en a amassé suffisamment durant sa carrière pour n’en avoir aucun besoin. Pour la gloire ? Si c’est le cas, l’objectif est totalement manqué. Pour l’amour ? C’est probablement la seule raison. Mais est-elle suffisante ? Renaud en a-t-il encore à nous donner ? On a vu dans ses yeux, au moment de nous quitter, qu’il semblait heureux de l’accueil reçu. Mais durant tout le concert, rien ! Aucune expression ni aucune émotion n’ont percé quand il chantait. Comme si on lui avait donné en coulisses un tour de clé mécanique, juste suffisant pour lui permettre de tenir jusqu’au bout. Par contre, de l’amour, son public lui en a offert des barriques. Quel autre chanteur pourrait se permettre une telle prestation vocale sans se faire jeter après trois morceaux ?
Evidemment, le concert a quelques atouts indéniables. Un superbe dispositif scénique (un immense écran sur lequel sont projetées des images d’un réalisme saisissant, créant un décor changeant), des musiciens impeccables qui assurent, un son parfait (hélas pour la voix de Renaud ?)… Et bien entendu, un répertoire en béton, passant en revue toute la carrière de l’artiste, avec arrêt limité sur son dernier opus. Marche à l’ombre, Morgane de toi, Germaine, C’est mon dernier bal, Morts les enfants, Gérard Lambert, Marchand de cailloux… Autant de morceaux que le public prendra plaisir à entonner ou à chanter de bout en bout. Et qui lui permet d’afficher un sourire au final, ayant passé une belle soirée nostalgique – les jeunes étaient denrée rare dans l’assistance ! – avec leur vieux copain plus trop vaillant. La question se pose pourtant : quelle valeur ajoutée Renaud apporte-t-il encore à ses chansons avec un tel spectacle ?