MISTRAL GAGNANT
Quelques illustrations de Renaud
Et l’intégralité des titres des chansons figurant dans “Mistral gagnant”
suivi de l’intégralité de l’avant-propos de F. Darc ‘San Antonio)
– Camarade bourgeois
– Greta
– Société, tu m’auras pas !
– Le gringalet
– Gueule d’aminche
– Rita (Chanson d’amour)
– La java sans joie
– Amoureux de Paname
– La menthe à l’eau
– La Coupole
– Hexagone
– Ecoutez-moi, les gavroches
– Jojo le démago
– Petite fille des sombres rues
– Laisse béton
– Les charognards
– La boum
– Mélusine
– La bande à Lucien
– Je suis une bande de jeunes
– Adieu minette
– Le blues de la porte d’Orléans
– Germaine
– Le tango de Massy-Palaiseau
– Buffalo débile
– Ma gonzesse
– Peau aime
– Chtimi rock
– Chanson pour Pierrot

– C’est mon dernier bal
– Salut manouche !
– Sans dec’
– J’ai la vie qui m’pique les yeux
– Les aventures de Gérard Lambert
– It is not because you are
– La teigne
– Marche à l’ombre !
– L’auto-stoppeuse
– Mimi l’ennui
– Où c’est que j’ai mis mon flingue ?
– Dans mon HLM
– Pourquoi d’abord
– Baston !
– Le retour de Gérard Lambert
– Mon beauf’
– La blanche
– Etudiant poil aux dents
– J’ai raté télé-foot
– Banlie
ue rouge
– Manu
– Le Père Noël noir
– P’tit dej’ blues
– A quelle heure on arrive ?
– Oscar
– Dès que le vent souffler
– Deuxième génération<
– Pochtron !
– Morgane de toi (Amoureux de toi)
– Doudou s’en fout
– En cloque
– Ma chanson leur a pas plu…
– Déserteur
– Près des autos tamponneuses
– Loulou
– La pêche à la ligne

– Si t’es mon pote
– Mistral gagnant
– Miss Maggie
– Tu vas au bal ?
– Le retour de la Pépette
– Trois matelots
– Morts les enfants
– Baby-sitting blues
– P’tite conne
– Fatigué

Texte de Frédéric Dard, en préface de MISTRAL GAGNANT
Ménestrel ou voyou ?
Graine d’anar ou titi de Paname ?
Ange à la figure sale ou démon au regard limpide ?
Qui es-tu, Renaud, mon fils ?
Tu ne veux pas le leur dire ?
Tu as raison ; ils ne sont pas dignes d’une telle confidence.
Laisse-les perplexer à ton sujet et continue ta route comme un grand que tu es.
Renaud, mon fils, Renaud réjouis-toi : tu as pour ennemi les vieux, les vrais, ceux qui n’ont jamais été jeunes.
Ils ont peur de toi parce qu’ils sentent confusément qui tu es pourri de talent.
Tu viens d’une autre planète que la leur : la planète Amour.
Eux sont à jamais enlisés dans la boue pestilentielle de la planète Terre à terre.
Ils t’en veulent abominablement d’oser parler une langue qu’ils ne comprendront jamais.
Ils ignorent, ils ignoreront toujours ce qu’est un pote, une bibine et des santiags, ces pauvres analphacons.
Ta poésie est trop évidente pour ne pas leur échapper. Ils te nient ; ce qui te fait exister un peu plus.
Je leur parle de mon admiration pour toi, de ma tendresse pour toi, afin de les voir se décomposer. Je les admire dans leur écœurement car là est leur vraie nature.
Alors, ils cloportent à outrance et s’étouffent dans des maudissures inaudibles. J’écoute clapoter leur voix ; l’affreux bruit rend tes chansons plus mélodieuses encore !
Renaud, mon fils, réjouis-toi : tu as pour amis tous les jeunes de la terre, les vrais, ceux qui ne deviendront jamais vieux.
Ils t’aiment avec enthousiasme parce que tu es rayonnant de talent et auréolé de tendresse infinie.
Tu viens de la même planète qu’eux : la planète Fraternité.
Ils te sont, et te seront toujours, éperdument reconnaissants de faire le boulot de Verlaine avec des mots de bistrot.
Eux, savent ce qu’est un frangin, une mob et une gonzesse.
Ton talent les aide à exister.
Sous tes éclairages de fête foraine, leur banlieue devient presque jolie et leur destin moins dégueulasse.
Ils se reconnaissent en toi comme dans un miroir, Renaud, mon fils.
Putain, ce qu’ils sont beaux dans tes yeux !