(Renaud Séchan)
C’était un gringalet
pas vraiment laid,
mais il était
né à Paname.
Tous ceux qui l’connaissaient
y disaient
qu’y savait
causer aux dames.
C’était pas un tocard,
un ringard,
un traîne-boul’vard.
On l’app’lait l’saint-bernard,
le Mozart
du pont des Arts.
C’était pas un dragueur,
un flambeur
de fin d’semaine.
Il amenait nos p’tites soeurs
un quart d’heure
su’l’bord d’la Seine.
Il avait pas eu d’père,
pas eu d’mère
ni d’anniversaire.
Il était né un soir,
rue Rochechouart,
près d’une poubelle.
Il avait pas eu d’chance,
ni d’vacances,
dans son enfance.
Mais quand fallait d’l’ambiance,
sa seule présence,
c’était Byzance.
C’était un bon copain,
y méritait bien
cette chansonnette.
Car il est mort de faim,
un beau matin,
rue d’la Roquette.
Ma chanson se termine,
ça m’déprime,
c’est pas humain.
Moi j’aime pas les chansons
où les héros
y meurent à la fin.
© 1974
pas vraiment laid,
mais il était
né à Paname.
Tous ceux qui l’connaissaient
y disaient
qu’y savait
causer aux dames.
un ringard,
un traîne-boul’vard.
On l’app’lait l’saint-bernard,
le Mozart
du pont des Arts.
un flambeur
de fin d’semaine.
Il amenait nos p’tites soeurs
un quart d’heure
su’l’bord d’la Seine.
pas eu d’mère
ni d’anniversaire.
Il était né un soir,
rue Rochechouart,
près d’une poubelle.
ni d’vacances,
dans son enfance.
Mais quand fallait d’l’ambiance,
sa seule présence,
c’était Byzance.
y méritait bien
cette chansonnette.
Car il est mort de faim,
un beau matin,
rue d’la Roquette.
ça m’déprime,
c’est pas humain.
Moi j’aime pas les chansons
où les héros
y meurent à la fin.