Michaël Ohayon est l’un des deux guitaristes du chanteur, mais aussi le co-compositeur et réalisateur de son dernier album. Conversation en coulisses.
Combien de tournées avez-vous fait avec Renaud ?
La première, c’était après l’album Àla belle de mai. Ce qu’on a appelé « La tournée des ampoules », en 1995, car le décor était constitué de milliers d’ampoules. Elle s’est poursuivie en petite formation, jusqu’en Irlande, dans les pubs.
Après, il y a eu une longue période de silence, puis une tournée en trio et son premier grand retour…
Voilà, avec l’album Boucan d’enfer, qui a donné lieu, en 2003, à une énorme tournée, à laquelle j’ai aussi participé. Comme les suivantes, Rouge Sang, petite tournée cette fois (2007), mais 80 concerts quand même. Entre-temps, il s’était marié et avait eu un enfant. Et maintenant…
Comment ça se passe, tous ces concerts ?
Les tournées avec Renaud sont toujours des événements extraordinaires. Parce qu’il a un succès fou. C’est toujours plein. Et il a un rapport incroyable avec son public. Renaud a cette aptitude à parler à tout le monde, avec des mots simples. Son attitude est une attitude de vérité. Il va dans le coeur des gens, du prof agrégé au plongeur du Novotel. Il n’y en a pas beaucoup comme ça.
Qu’est-ce qui différencie ce Phénix tour des précédentes tournées ?
C’est qu’il ne voulait plus y aller. Il disait que même s’il le voulait, il ne pourrait pas car il ne savait plus écrire, plus chanter… On avait fini par le croire. Et il revient !
Dites-nous comment il est…
Il faut apprendre à le décrypter. Il est très réservé, ne parle pas beaucoup. Et ne cache jamais rien. Il est très transparent. Quand il est heureux, il le dit. Quand il est malheureux, il le dit. Il a un côté presque enfantin.
Quelle est la différence avec Francis Cabrel, avec qui vous avez aussi joué ?
Ce n’est pas tellement différent d’être le guitariste de l’un ou de l’autre, si ce n’est le style. Cabrel est plus « américain », peut-être plus musicien. En même temps, Renaud a une attitude qui fait penser que c’est surtout un très bon auteur. Mais il est aussi un très bon musicien. Il est humble par rapport à la musique. Pourtant, il a composé plein de morceaux à la guitare, notamment Mistral gagnant et En cloque ! Et il entend très bien tout ce qui se passe sur scène.
La tournée se prolonge jusqu’à cet été. Et ensuite ?
Franchement, je ne sais pas. En fait, je ne vois pas ce que je pourrais faire de mieux…
Recueilli par Michel TROADEC