﻿{"id":259,"date":"2016-09-28T15:36:03","date_gmt":"2016-09-28T13:36:03","guid":{"rendered":"http:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/?page_id=259"},"modified":"2016-09-30T15:37:22","modified_gmt":"2016-09-30T13:37:22","slug":"le-retour-de-gerard-lambert-1981","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/le-retour-de-gerard-lambert-1981\/","title":{"rendered":"Le retour de G\u00e9rard Lambert (1981)"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #000000;\">Troisi\u00e8me album en trois ans (!), &#8220;Le retour de G\u00e9rard Lambert&#8221; est la suite logique de &#8220;Marche \u00e0 l&#8217;ombre&#8221; mais pr\u00e9figure d\u00e9j\u00e0 les deux albums suivants et c&#8217;est pour cela que je l&#8217;associe volontiers \u00e0 ce que j&#8217;appelle le plus beau triptique de Renaud. L&#8217;ambiance bande dessin\u00e9e est toujours pr\u00e9sente (je viens d&#8217;ailleurs de me rappeler que le dos de la pochette est en fait un dessin digne d&#8217;une bd) mais l&#8217;ensemble est beaucoup plus s\u00e9rieux, presque aust\u00e8re parfois. La c\u00f4t\u00e9 purement narratif va c\u00e9der peu \u00e0 peu le terrain au c\u00f4t\u00e9 engag\u00e9, Renaud ne sera bient\u00f4t plus un loubard que par procuration. Est-ce l&#8217;apparition de la d\u00e9dicace &#8220;A Lolita&#8230;&#8221; qui explique cela ? Ce disque est \u00e9galement le dernier \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 avec des moyens qui sonnent limit\u00e9s, ce qui augmente encore le c\u00f4t\u00e9 charni\u00e8re de l&#8217;oeuvre. Je ne pense toutefois pas que ce disque soit le meilleur de Renaud. Et m\u00eame si &#8220;Manu&#8221; est encore bien pr\u00e9sent dix-huit ans plus tard, r\u00e9clam\u00e9 \u00e0 corps et \u00e0 cri par les fan \u00e0 chaque concert, la plupart des chansons de l&#8217;album n&#8217;ont pas surv\u00e9cu plus de cinq ans aux concerts. Un album \u00e0 conseiller indiscutablement \u00e0 ceux qui ont d\u00e9j\u00e0 d&#8217;autres albums de Renaud car indispensable dans la compr\u00e9hension de l&#8217;\u00e9volution de l&#8217;artiste mais \u00e0 ne pas trop conseiller comme album de d\u00e9couverte.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><b>1. Banlieue Rouge<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Eni\u00e8me description de la vie morose des cit\u00e9s dortoirs, &#8220;Banlieue rouge&#8221; est une honn\u00eate chanson d&#8217;introduction d&#8217;album qui commence malheureusement \u00e0 sentir un peu le r\u00e9chauff\u00e9. L&#8217;optique choisie est cependant originale: la m\u00e9nag\u00e8re de plus de cinquante ans, veuve et isol\u00e9e dans l&#8217;immensit\u00e9 de l&#8217;indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale. Mais plusieurs choses rendent cette chanson un peu maladroite: la musique par exemple, qui sonne plus &#8220;col\u00e8re&#8221; qu&#8217;indif\u00e9rence et r\u00e9signation; les fins des refrains, qui semblent avoir \u00e9t\u00e9 p\u00e9nibles \u00e0 trouver; des th\u00e8mes souvent entendus qui reviennent peut \u00eatre une fois de trop ou trop vite. Dans le m\u00eame genre &#8220;Deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration&#8221; sera incontestablement plus r\u00e9ussi. Il en reste cependant une superbe narration, une de plus, criante de r\u00e9alisme froid et que les g\u00e9n\u00e9rations futures s&#8217;amuseront sans doutes \u00e0 analyser.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><b>2. Manu<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Renaud est de la race des grands de la chanson. Et ceux qui en doutaient encore ne peuvent qu&#8217;\u00eatre convaincus par la chanson &#8220;Manu&#8221; qui vient se glisser sur la m\u00eame marche que &#8220;Jeff&#8221;, de Jacques Brel, dont elle s&#8217;inspire intelligemment, \u00e9vitant le plagiat facile, ajoutant des \u00e9motions propres \u00e0 l&#8217;artiste. La musique, bien que simplissime, aide magnifiquement les paroles \u00e0 faire ressortir ce que les protagonistes ont sur le coeur. Les paroles justement tapent juste pour le monde de Renaud, cela faisait longtemps d&#8217;ailleurs que l&#8217;on n&#8217;avait plus autant senti le &#8220;personnage Renaud&#8221; au travers de ses paroles. Il r\u00e9sulte de tout cela une oeuvre qui se classe sans h\u00e9sitation dans le top 5 de l&#8217;artiste, qui passe les ann\u00e9es sans prendre de ride (\u00eatre intemporelle aide souvent au succ\u00e8s d&#8217;une chanson) et qui, concert apr\u00e8s concert, est toujours aussi r\u00e9clam\u00e9e par le public (principalement par les filles semble-t-il). A consommer sans mod\u00e9ration donc !<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><b>3. Le retour de G\u00e9rard Lambert<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Chanson ayant donn\u00e9 son titre \u00e0 l&#8217;album, &#8220;Le retour de G\u00e9rard Lambert&#8221; fait partie de cette cat\u00e9gorie de chansons dont on attend beaucoup mais qui nous laissent un peu sur notre faim. L&#8217;utilisation de son titre pour l&#8217;album semble s&#8217;assimiler alors \u00e0 un coup marketing du genre &#8220;Voici, entre autres, la suite des aventures de G\u00e9rard Lambert, ce loubard d\u00e9jant\u00e9 qui vous avait tant amus\u00e9 dans l&#8217;album pr\u00e9c\u00e9dent&#8221;. Mais le but n&#8217;est qu&#8217;\u00e0 moiti\u00e9 atteint. Bien s\u00fbr l&#8217;humour est toujours pr\u00e9sent. Bien s\u00fbr la musique aux sonorit\u00e9s m\u00e9di\u00e9vo-gothiques suit parfaitement les paroles de la chanson. Mais ce n&#8217;est plus le G\u00e9rard Lambert de l&#8217;album pr\u00e9c\u00e9dent. Ce n&#8217;est plus le loubard qui s&#8217;en va sur sa mobylette p\u00e9taradante vers la grande aventure qu&#8217;il s&#8217;invente \u00e0 grands coups d&#8217;\u00e9nergie tel un Don Quichote. Non, G\u00e9rard Lambert a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e9changer sa monture contre une Simca 1000 pourrie, semble s&#8217;\u00eatre embourgeois\u00e9 et va passer la chanson \u00e0 subir passivement les \u00e9v\u00e9nements. Une suite peut-\u00eatre inutile mais qui a le m\u00e9rite d&#8217;exister. A quand la chanson qui nous racontera ce qu&#8217;il est devenu ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><b>4. Le P\u00e8re No\u00ebl noir<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Bon, soyons directs. Etrange chanson que ce &#8220;P\u00e8re No\u00ebl noir&#8221; ! D\u00e9j\u00e0, le choix du rythme jama\u00efcain, que Renaud semble avoir gagn\u00e9 dans une pochette surprise pour le placer directement sur l&#8217;album, peut surprendre&#8230; mais pourquoi pas, ne vaut-il pas mieux vivre avec des remords qu&#8217;avec des regrets ? Les paroles ensuite. Une chose frappe imm\u00e9diatement, cela sonne plus &#8216;Coluche&#8217; que &#8216;Renaud&#8217;. Est-ce la premi\u00e8re preuve d&#8217;une influence qui se confirmera, se mat\u00e9rialisera plus tard dans l&#8217;album ? A c\u00f4t\u00e9 de ces questions existentielles, le contenu semble anecdotique et le pseudo-sketch qui nous est pr\u00e9sent\u00e9 sur fond de musique des \u00eeles passe tant bien que mal. Une chose attire cependant l&#8217;esprit, une petite phrase anodine: &#8220;le P\u00e8re No\u00ebl, il n&#8217;est pas noir, il est normal&#8221; . M\u00eame si le contexte humoristique peut servir de filtre att\u00e9nuateur, second-degr\u00e9sique, il est \u00e9tonnant d&#8217;entendre des mots qui vont \u00e0 l&#8217;encontre des opinions avou\u00e9es de Renaud. Certains avaient d\u00e9j\u00e0 peut-\u00eatre ticqu\u00e9 dans &#8220;Banlieue rouge&#8221; en entendant les paroles &#8220;en cas de guerre, en cas de crise, ou de victoire de la gauche&#8221;&#8230; \u00e0 contre courant de ses opinions actuelles. Renaud aurait-t-il chang\u00e9 d&#8217;opinion en mai 1981 ? Si quelqu&#8217;un peut m&#8217;expliquer, qu&#8217;il n&#8217;h\u00e9site pas !<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><b>5. J&#8217;ai r\u00e2t\u00e9 t\u00e9l\u00e9foot<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Nous nageons ici en plein r\u00e9alisme tendance naturalisme. &#8220;J&#8217;ai r\u00e2t\u00e9 t\u00e9l\u00e9foot&#8221; est assez r\u00e9v\u00e9latrice du changement de cap amorc\u00e9 par l&#8217;album. Renaud s&#8217;est embougeois\u00e9, passe plus de temps \u00e0 la maison au d\u00e9triment des bistrots et peut maintenant d\u00e9crire dans ses chansons des sc\u00e8nes de sa vie quotidienne. Est-ce la paternit\u00e9 qui a provoqu\u00e9 ce changement ? Sans doutes. L&#8217;\u00e2ge aussi peut-\u00eatre&#8230; Toujours est-il que le d\u00e9cor de la chanson est on ne peut plus simple: un fauteuil, une t\u00e9l\u00e9vision, les boissons \u00e0 port\u00e9e de main et l&#8217;\u00e9pouse qui passe et repasse. Et malgr\u00e8 la pauvret\u00e9 des ingr\u00e9dients, nous obtenons une chanson, v\u00e9ritable tranche de vie qui fait d\u00e9j\u00e0 office aujourd&#8217;hui de cours d&#8217;histoire (qui ne se souvient pas de ces attentes interminables avant &#8220;T\u00e9l\u00e9foot&#8221;), qui n&#8217;est pas trop d\u00e9sagr\u00e9able \u00e0 \u00e9couter, m\u00eame si elle a compl\u00e9tement disparu du r\u00e9pertoire classique Renaudien. La musique, bien qu&#8217;un peu faible, est suffisamment entrainante et colle bien \u00e0 la situation qui tourne sans cesse sur elle-m\u00eame. Les paroles enfin ont le m\u00e9rite et l&#8217;avantage de ne pouvoir qu&#8217;\u00eatre de Renaud.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><b>6. Oscar<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Chanson d\u00e9di\u00e9e au grand-p\u00e8re chtimi, &#8220;Oscar&#8221; est le moyen pour Renaud de rendre hommage \u00e0 quelqu&#8217;un qui semble l&#8217;avoir fortement influenc\u00e9, \u00e0 cette homme qui vient du &#8220;pays o\u00f9 habite la pluie, chtimi jusqu&#8217;au bout des nuages&#8221;. Et il y arrive bien le bougre. L&#8217;artisan des mots est en pleine forme et m\u00eame si les v\u00e9rit\u00e9s crues emp\u00eachent parfois un enrobage d\u00e9licat, l&#8217;ensemble s&#8217;\u00e9coute avec plaisir. Seule la musique, trop commune et sans grande imagination, se situe un peu en retrait. &#8220;Oscar&#8221; restera confin\u00e9 \u00e0 l&#8217;album, c&#8217;\u00e9tait probablement son but.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><b>7. Mon beauf<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Voici une chanson que j&#8217;aime beaucoup ! La tendance aux sujets sur la vie de famille se confirme et Renaud nous brosse ici le portrait d&#8217;un beau-fr\u00e8re qu&#8217;on esp\u00e8re imaginaire, un &#8220;Beauf \u00e0 la Cabu&#8221; comme il l&#8217;explique \u00e0 la fin de sa chanson. Et c&#8217;est vrai que Cabu semble l&#8217;avoir plus qu&#8217;inspir\u00e9 (il est amusant de noter que l&#8217;inspiration inverse semble avoir \u00e9galement fonctionn\u00e9 et que le fils de Cabu, Mano Solo, est aujourd&#8217;hui un artiste que l&#8217;on range volontier dans la nouvelle vague des Renaud-like). A l&#8217;\u00e9coute des paroles, c&#8217;est le fran\u00e7ais moyen tel qu&#8217;on peut le retrouver dans les caricatures du&#8221;Canard encha\u00een\u00e9&#8221; qui se dessine avec, pour seules caract\u00e9ristiques, ses d\u00e9fauts. La musique suit parfaitement le c\u00f4t\u00e9 d\u00e9daigneux des paroles et l&#8217;ensemble, bien qu&#8217;un peu r\u00e9p\u00e9titif, se laisse \u00e9couter. Cependant, si cette chanson se place souvent sur les &#8220;best-of&#8221; de Renaud et fait partie de celles auxquelles on pense quand on pense \u00e0 l&#8217;artiste, elle a pratiquement disparu des concerts. Ce contraste s&#8217;explique peut-\u00eatre par le manque de finalisation du texte o\u00f9 certaines paroles sont serr\u00e9es au maximum pour entrer dans la m\u00e9lodie et par le manque d&#8217;ambition de la chanson, qui l&#8217;emp\u00eachent de peu de faire partie des v\u00e9ritables incontournables.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><b>8. La blanche<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Difficile de ne pas faire le rapprochement entre &#8220;La blanche&#8221; et &#8220;Petite conne&#8221; qui arrivera dans deux albums. Cependant, m\u00eame si le fond est le m\u00eame (le probl\u00e8me de la drogue), le traitement est diff\u00e9rent. C&#8217;est \u00e0 une personne occup\u00e9e \u00e0 se d\u00e9truire mais encore vivante que Renaud s&#8217;adresse ici. Encore une fois, on sent le Renaud m\u00fbri. S&#8217;il croise encore ses potes sur le comptoir d&#8217;un troquet, c&#8217;est parfois pour parler de probl\u00e8mes s\u00e9rieux, pour donner son avis; pour donner des conseils. Plus question de se contenter de regarder Bob jouer au flip&#8217;. Dans cette optique, &#8220;La blanche&#8221; est une magnifique chanson d&#8217;amiti\u00e9 qui paye malheureusement les pots cass\u00e9s pour &#8220;Petite conne&#8221; qui l&#8217;effacera bien vite du r\u00e9pertoire renaudien. La faute peut-\u00eatre \u00e0 une musique assez acad\u00e9mique, limitative et peu inspir\u00e9e, m\u00eame si elle colle aux paroles. La faute peut-\u00eatre aussi \u00e0 ces paroles qui sont un cran en dessous du niveau d&#8217;un renaud au mieux de sa forme, trop descriptive, pas assez engag\u00e9es. Il reste de tout cela une chanson \u00e0 l&#8217;image de l&#8217;album: \u00e0 conseiller principalement \u00e0 ceux qui aiment d\u00e9j\u00e0 Renaud et veulent approfondir leur connaissance de l&#8217;artiste.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><b>9. Soleil immonde<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Fait rare, voire unique (?) dans l&#8217;oeuvre de Renaud, &#8220;Soleil immonde&#8221; est une chanson pour laquelle Renaud n&#8217;est que l&#8217;interpr\u00e8te, musique et paroles \u00e9tant l&#8217;oeuvre d&#8217;un autre artiste. En l&#8217;occurence, cet autre artiste n&#8217;est pas n&#8217;importe qui. Sous la signature de Michel Colucci, tout le monde aura reconnu Coluche, le c\u00e9l\u00e8bre humoriste fran\u00e7ais que la vie nous a trop rapidement enlev\u00e9. Et cette non paternit\u00e9 se sent tr\u00e8s vite dans la chanson. La musique manque d&#8217;exp\u00e9rience mais, pour quelqu&#8217;un qui n&#8217;en faisait pas son m\u00e9tier principal, elle n&#8217;est pas mal du tout. Les paroles ont le m\u00e9rite de l&#8217;originalit\u00e9 mais n&#8217;ont pas cette magie qui caract\u00e9rise la plupart des paroles de Renaud, l\u00e0 aussi le manque d&#8217;exp\u00e9rience semble \u00eatre le principal responsable. Heureusement, l&#8217;ensemble s&#8217;adapte parfaitement \u00e0 la voix de Renaud qui parvient m\u00eame \u00e0 y placer des accents propres \u00e0 Coluche dans l&#8217;encha\u00eenement de certaines syllabes. Comme il fallait cependant s&#8217;y attendre, cette chanson a rejoint les autres oeuvres de l&#8217;album au club des chansons qui s&#8217;oublient. Une marque d&#8217;amiti\u00e9 sans pr\u00e9tention \u00e0 d\u00e9couvrir donc.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><b>10. Etudiant, poil aux dents<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Enfin une chanson ouvertement engag\u00e9e ! Mais quel dr\u00f4le de sujet&#8230; Pourquoi s&#8217;en prendre ainsi gratuitement aux \u00e9tudiants ? Serait-ce par un souci gratuit d&#8217;anarchie, par pure provocation, par d\u00e9magogie vis-\u00e0-vis de ceux que Renaud estimait former son public majoritaire, par jalousie b\u00eate et m\u00e9chante ? Est-on au contraire face \u00e0 un Renaud au sommet de son art et de ses opinions, invectivant ceux qui formeront le pouvoir de demain \u00e0 la seule force d&#8217;un dipl\u00f4me, sans connaissance exacte du terrain avec les cons\u00e9quence que cela peut avoir et a d\u00e9j\u00e0 eu ? Le tout fait toutefois un peu gros pour \u00eatre totalement cr\u00e9dible, mais c&#8217;est peut-\u00eatre un garde-fou volontaire et bienvenu. Musicalement, la m\u00e9lodie est tr\u00e8s agr\u00e9able et les breaks musicaux en forme de revendication gr\u00e9viste aux allures de mai 68 est une trouvaille pleine d&#8217;originalit\u00e9. La carri\u00e8re de cette chanson sera pourtant courte: elle sera juste reprise sur le live qui suivra l&#8217;album et sombrera rapidement dans l&#8217;oubli. A \u00e9couter cependant, juste pour savoir que. Il faut toujours savoir que.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><b>11. A quelle heure on arrive ?<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Chanson on ne peut plus originale, &#8220;A quelle heure on arrive ?&#8221; raconte l&#8217;ambiance des tourn\u00e9es quand celles-ci commencent \u00e0 user leurs protagonistes. La description du car qui transporte l&#8217;\u00e9quipe retranscrit parfaitement l&#8217;ambiance que l&#8217;on s&#8217;attend \u00e0 y trouver et la musique lente, tendrement violente, irritante, amplifie merveilleusement la f\u00e2tigue et la lassitude des passagers. Trop m\u00eame. La chanson en devient presque indigeste, difficile \u00e0 \u00e9couter pour le simple plaisir de l&#8217;\u00e9coute, ce qui explique vraisemblablement sons manque de suivi en dehors de cet album. Mais encore un fois, les fans y trouveront leur compte. Un bel exercice de style donc, \u00e0 ranger dans la cat\u00e9gorie &#8220;art et essai&#8221;.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le car s&#8217;\u00e9loigne, l&#8217;album se termine. Et nous restons l\u00e0, sur le bord de la route, avec dans la bouche une impression de trop peu. Depuis ses d\u00e9buts, Renaud a incontestablement m\u00fbri, musicalement, personnellement. Il ne manque plus qu&#8217;un petit quelque chose pour le transformer d\u00e9finitivement en star, pour le faire aimer m\u00eame des non-initi\u00e9s. Sera-ce pour l&#8217;album suivant ? Wait and see&#8230; En tout cas, moi, je vous y attends avec impatience !<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Troisi\u00e8me album en trois ans (!), &#8220;Le retour de G\u00e9rard Lambert&#8221; est la suite logique de &#8220;Marche \u00e0 l&#8217;ombre&#8221; mais pr\u00e9figure d\u00e9j\u00e0 les deux albums suivants et c&#8217;est pour cela que je l&#8217;associe volontiers \u00e0 ce que j&#8217;appelle le plus beau triptique de Renaud. 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