﻿{"id":261,"date":"2016-09-28T15:36:57","date_gmt":"2016-09-28T13:36:57","guid":{"rendered":"http:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/?page_id=261"},"modified":"2016-09-30T15:37:51","modified_gmt":"2016-09-30T13:37:51","slug":"morgane-de-toi-1983","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/morgane-de-toi-1983\/","title":{"rendered":"Morgane de toi (1983)"},"content":{"rendered":"<p>Les deux ans qui se sont \u00e9coul\u00e9s depuis la sortie du &#8220;Retour de G\u00e9rard Lambert&#8221; ont sans doutes \u00e9t\u00e9 parmi les plus importants dans l&#8217;\u00e9volution de Renaud. En effet, jamais jusqu&#8217;ici la transition entre deux albums cons\u00e9cutifs de l&#8217;artiste n&#8217;avait \u00e9t\u00e9 aussi marqu\u00e9e. Nous sommes ici en pr\u00e9sence d&#8217;un Renaud au sommet de son art, fort de ses six premiers albums et loin d&#8217;\u00eatre \u00e0 court d&#8217;id\u00e9es, au contraire. Textuellement, l&#8217;album est dans la lign\u00e9e des deux pr\u00e9c\u00e9dents, mais sonne plus l\u00e9ger, plus naturel. Musicalement, la diff\u00e9rence est \u00e9norme. En effet, l&#8217;album a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 aux Etats-Unis &#8211; comme le sera &#8220;Mistral Gagnant&#8221; &#8211; et cela se sent, s&#8217;entend. Le son fait plus commercial, plus pro. Les musiciens jouent froidement mais parfaitement ce qu&#8217;on leur a demand\u00e9. C&#8217;est aussi l&#8217;\u00e9poque des premiers grands clips de Renaud, dont le &#8220;Morgane de toi&#8221; de Gainsbourg. A l&#8217;aide de ces ingr\u00e9dients, c&#8217;est un album truff\u00e9 de hits potentiels qui nous est propos\u00e9 ici. Et de fait, aujourd&#8217;hui encore, de nombreuses chansons qui le composent font l&#8217;objet de reprises dans les concerts de Renaud. Un incontournable donc !<\/p>\n<p>1. <b>D\u00e8s que le vent soufflera<\/b><\/p>\n<p>C&#8217;est avec un mi mineur plaqu\u00e9 sur une guitare s\u00e8che que la chanson nous accueille. &#8220;D\u00e8s que le vent soufflera&#8221; est une chanson extraordinaire, un v\u00e9ritable accoutumant \u00e0 Renaud. Je ne compte plus les copains que j&#8217;ai convertis gr\u00e2ce \u00e0 cette chanson. Je ne compte pas les gens qui r\u00e9pondent &#8220;c&#8217;est la mer qui prend l&#8217;homme&#8221; quand on commence \u00e0 chanter &#8220;C&#8217;est pas l&#8217;homme qui prend la mer&#8230;&#8221;. En quelques secondes, l&#8217;album se r\u00e9v\u00e8le. On sent la rigueur, le professionnalisme, l&#8217;artiste qui ma\u00eetrise un peu mieux son art \u00e0 chaque nouvel album. Certains disent que cette chanson est une forme d&#8217;hommage \u00e0 Hugues Aufray o\u00f9 l&#8217;\u00e9l\u00e8ve aurait d\u00e9pass\u00e9 le ma\u00eetre. Il y a peut-\u00eatre un peu de cela mais c&#8217;est surtout pour l&#8217;auteur l&#8217;occasion de nous faire partager une de ses passions: la navigation. Et tout fonctionne merveilleusement bien. La musique emmen\u00e9e par l&#8217;accord\u00e9on d&#8217;un Jean-Louis Roques, qui s&#8217;affirme ici comme un incontournable dans la musicalit\u00e9 renaudienne, colle parfaitement aux paroles et ces derni\u00e8res, bien qu&#8217;assez neutres et sous-engag\u00e9es, remplissent parfaitement leur seule mission: &#8220;sonner vrai&#8221;. Renaud reste cependant Renaud et gratifie ses refrains de fautes de fran\u00e7ais voulues, qui sont \u00e0 cette chanson ce qu&#8217;est son grain de beaut\u00e9 \u00e0 Cindy Crawford, ainsi que de jeux de mots d\u00e9mystifiants. Aujourd&#8217;hui, cette chanson est toujours une des plus attendues lors des concerts et le sera encore sans doutes longtemps. A ne rater sous aucun pr\u00e9texte donc ! Je terminerai par une question: de cette chanson a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9 un vid\u00e9oclip qui a \u00e9t\u00e9 pour moi la premi\u00e8re occasion de voir Renaud &#8220;mobile&#8221;, et je me souviens qu&#8217;on le voyait devant la statue d&#8217;un marin qui semblait scruter le lointain&#8230; qui peut me dire o\u00f9 cette statue se trouve ? Merci d&#8217;avance !<\/p>\n<p>2. <b>Deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration<\/b><\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me chanson de l&#8217;album, &#8220;Deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration&#8221;, loin d&#8217;\u00eatre une chanson de deuxi\u00e8me zone, est un v\u00e9ritable deuxi\u00e8me chef-d&#8217;oeuvre de l&#8217;album ! Il faut dire que la chanson profite de l&#8217;exp\u00e9rience d&#8217;autres chansons que nous avons crois\u00e9es dans les albums (ne devrait-on pas dire &#8220;alba&#8221; ?) pr\u00e9c\u00e9dents pour ne pas r\u00e9it\u00e9rer les m\u00eames erreurs et c&#8217;est une oeuvre pleinement aboutie qui nous est livr\u00e9e ici. La musique, sobre \u00e0 souhait mais magnifique, r\u00e9v\u00e8le le c\u00f4t\u00e9 &#8220;\u00e0 plaindre&#8221; et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 du personnage. Les paroles ont gard\u00e9 le c\u00f4t\u00e9 narratif que Renaud sait si bien manipuler mais sont calcul\u00e9es au plus juste et se fondent magnifiquement dans l&#8217;ensemble. La construction n&#8217;est pas en reste et renforce encore la coh\u00e9sion de l&#8217;ensemble. Et aujourd&#8217;hui encore, le r\u00e9cit de la vie de ce fils d&#8217;immigr\u00e9 perdu dans la modernit\u00e9 et la r\u00e9alit\u00e9 est toujours aussi attendu par les fans lors des concerts. A ne rater sous aucun pr\u00e9texte non plus donc&#8230;<\/p>\n<p>3. <b>Pochtron<\/b><\/p>\n<p>Renaud ne l&#8217;a jamais cach\u00e9, il aime la dive amphore et &#8220;Pochtron&#8221; semble sous ce point de vue, une chanson parfaitement autobiographique b\u00e2tie sur l&#8217;ensemble de ses non-souvenirs. Que dire d&#8217;autre si ce n&#8217;est que cette chanson doit se sentir \u00e0 l&#8217;\u00e9troit entre deux oeuvres majeures de l&#8217;album mais s&#8217;en sort plut\u00f4t bien. Une musique bien sympathique, bien que pouvant faire office de caricature de la chanson fran\u00e7aise aux yeux des \u00e9trangers (je pense en particulier aux Am\u00e9ricains qui assimilent volontiers la chanson fran\u00e7aise \u00e0 un accord\u00e9oniste qui joue devant un bateau-mouche dans la brume d&#8217;un matin parisien !), des paroles bien construites autour d&#8217;une histoire bien narr\u00e9e, quelques trouvailles qui font d&#8217;une chanson une chanson de Renaud. Bref, une chanson qui me pla\u00eet beaucoup mais qui ne ressort plus tr\u00e8s souvent en concert, la faute sans doute \u00e0 la concurrence !<\/p>\n<p>4. <b>Morgane de toi<\/b><\/p>\n<p>Chanson ayant donn\u00e9 son titre \u00e0 l&#8217;album, &#8220;Morgane de toi&#8221; est un v\u00e9ritable incontournable de Renaud, pr\u00e9sent dans pratiquement chaque concert depuis sa cr\u00e9ation. Plus que \u00e7\u00e0, la phrase m\u00e9lodique principale de la chanson d&#8217;introduction fait partie aujourd&#8217;hui de la culture musicale fran\u00e7aise. Pourtant, si l&#8217;on prend du recul, on constate que la m\u00e9lodie, sans les paroles, ou les paroles, sur une autre m\u00e9lodie, n&#8217;auraient vraisemblablement pas eu le succ\u00e8s qu&#8217;elles ont connu ensemble. Peut-\u00eatre est-ce l\u00e0 le v\u00e9ritable miracle de cette chanson, cette osmose un peu forc\u00e9e mais qui se r\u00e9alise \u00e0 la perfection dans la bouche de Renaud. Une autre chose a un peu aid\u00e9 la chanson: il est assez rare d&#8217;\u00e9crire une chanson si vraie, sur le simple regard d&#8217;un p\u00e8re qui regarde jouer sa fille dans un bac \u00e0 sable. Nous sommes \u00e0 mille lieues des habituels chagrins d&#8217;amour. C&#8217;est \u00e0 une projection super-8 de la vie de sa fille que Renaud nous invite et nous invitera, album apr\u00e8s album. Ce partage d&#8217;intimit\u00e9 avec son public est aussi une caract\u00e9ristique marquante de Renaud et se renforcera au fur et \u00e0 mesure des albums qui suivront. En attendant, ne nous privons pas de r\u00e9\u00e9couter une fois de plus cette chanson&#8230;<\/p>\n<p>5. <b>Doudou s&#8217;en fout<\/b><\/p>\n<p>Renaud a replong\u00e9 la main dans la pochette surprise des musiques des \u00eeles o\u00f9 il avait d\u00e9j\u00e0 puis\u00e9 la m\u00e9lodie du &#8216;P\u00e8re No\u00ebl noir&#8221; pour en tirer la ligne musicale de cette chanson. Mais cette fois-ci, il a eu la bonne id\u00e9e d&#8217;y coller des paroles en relation et cela se sent imm\u00e9diatement. M\u00eame si la sc\u00e8ne se passe \u00e0 Paris, l&#8217;histoire de cette &#8220;Doudou&#8221; qui n&#8217;attend qu&#8217;une chose: prendre des vacances pour revoir son pays, est totalement cr\u00e9dible ! Deuxi\u00e8me chance pour la chanson, la musique est l\u00e9g\u00e8re, vivante, agr\u00e9able \u00e0 \u00e9couter et reste en t\u00eate. Bref, une chanson sans doutes destin\u00e9e \u00e0 faire office de bouche-trou mais que l&#8217;on retrouve encore aujourd&#8217;hui dans les concerts de l&#8217;artiste, avec plus ou moins de r\u00e9ussite (autant j&#8217;aime la version du live &#8216;Paris &#8211; provinces&#8217;, autant je grince des dents devant l&#8217;inutile solo de batterie de la version CD du &#8216;Retour de la Chetron sauvage&#8217;). Bref, une chanson a d\u00e9couvrir et \u00e0 faire d\u00e9couvrir, surtout \u00e0 ceux qui ne connaissent pas ou ne croient pas aimer Renaud, tant l&#8217;ensemble \u00e0 un capital sympathie important.<\/p>\n<p>6. <b>En cloque<\/b><\/p>\n<p>Ce que je n&#8217;aime pas aux CD par rapport aux bons vieux vinyles, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;y a plus de face A, ni de face B. Au plus trouve-t-on parfois un disque A et un disque B, comme pour certains lives. Ainsi donc, pour les albums &#8220;studio&#8221; sur un seul CD, on se retrouve de plus en plus avec un titre accrocheur en premi\u00e8re position et tr\u00e8s vite un \u00e9norme ventre mou qui parfois s&#8217;\u00e9tend jusqu&#8217;\u00e0 la derni\u00e8re plage. Parfois, de ce ventre mou, sortent l&#8217;un ou l&#8217;autre tube mais ces plages profitent souvent d&#8217;un matraquage m\u00e9diatique r\u00e9alis\u00e9 dans les r\u00e8gles de l&#8217;art et se seraient probablement perdues dans les autres sans cette aide. Il manque en fait cette rupture de rythme qu&#8217;imposait le changement de face et l&#8217;opportunit\u00e9, pour une chanson, d&#8217;\u00eatre la premi\u00e8re chanson de la face B, avec toute la responsabilit\u00e9 que cela sous-entendait. Je pense que nous sommes ici en pr\u00e9sence d&#8217;une chanson destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre la premi\u00e8re plage de la face B de l&#8217;album. A chaque fois que j&#8217;\u00e9coute cette chanson, j&#8217;ai l&#8217;impression que l&#8217;on vient de remettre un compteur \u00e0 z\u00e9ro. La chanson en elle-m\u00eame semble un peu anachronique, parler de sa femme enceinte quand, deux chanson avant, on accompagnait sa fille au bac \u00e0 sable, semble de prime abord un peu maladroit. Et puis, si on repense au fait que la premi\u00e8re chanson d&#8217;une face se doit de s\u00e9duire l&#8217;auditeur, on se rend compte que le choix est parfaitement r\u00e9alis\u00e9. Autant &#8220;D\u00e8s que le vent soufflera&#8221; jouait dans la cat\u00e9gorie &#8220;grandiose hurlant&#8221;, autant &#8220;En cloque&#8221; joue \u00e0 fond la carte de l&#8217;intimit\u00e9. Quand j&#8217;entends cette oeuvre, j&#8217;imagine un clip en noir et blanc ou peu satur\u00e9 en couleurs, sombre, dans l&#8217;espace clos d&#8217;un appartement parisien d\u00e9nud\u00e9, o\u00f9 Renaud se limiterai \u00e0 appara\u00eetre dans les ombres, observant passivement sa femme qui ne serait jamais totalement visible \u00e0 l&#8217;\u00e9cran. Et c&#8217;est l\u00e0 toute la magie de cette chanson: l&#8217;ambiance extraordinaire d&#8217;intimit\u00e9 qui en ressort. Nous accompagnons le chanteur dans les affres de la paternit\u00e9 imminente et partageons ses sentiments. Les gar\u00e7ons se sentent solidaires, les filles demandent pardon m\u00eame si, tous comptes faits, c&#8217;est la nature qui veut \u00e7a ! Bref, un parfait m\u00e9lange entre des paroles qui oscillent intelligemment de la douceur romantique aux dents de scie et une musique qui les met encore une fois parfaitement en valeur. Encore aujourd&#8217;hui, cette chanson est reprise en choeur par les fans lors des concerts, un peu \u00e0 la fa\u00e7on Bruel, mais en moins forc\u00e9. Une superbe chanson donc !<\/p>\n<p>7. <b>Ma chanson leur a pas plu<\/b><\/p>\n<p>Nous sommes riches par nos diff\u00e9rences, du contraste na\u00eet souvent la qualit\u00e9. Renaud semble ici appliquer \u00e0 la lettre ces deux pens\u00e9es. Apr\u00e8s le calme et le s\u00e9rieux de &#8220;En cloque&#8221;, avant le calme et la gravit\u00e9 du &#8220;D\u00e9serteur&#8221;, voici un festival de guitares \u00e9lectriques, de solos de saxophone et de rythmes effr\u00e9n\u00e9s, le tout au service de paroles qui jouent \u00e0 fond l&#8217;humour second degr\u00e9. L&#8217;histoire en elle-m\u00eame (&#8220;\u00e0 qui vais-je pouvoir vendre mon surplus de chansons ?&#8221;) sert avant tout de pr\u00e9texte \u00e0 Renaud pour pouvoir gentiment \u00e9gratigner, caricaturer, certains de ses coll\u00e8gues et n\u00e9anmoins amis. Ainsi, Renaud ajoute ici une nouvelle corde \u00e0 son arc: l&#8217;imitation stylistique. Et cela marche. Peut-\u00eatre trop bien d&#8217;ailleurs. L&#8217;ensemble sonne quelque peu incoh\u00e9rent, que ce soit d&#8217;un couplet \u00e0 l&#8217;autre ou dans le rapport musique assourdissante \/ paroles. Il ressort de tout cela une chanson mal \u00e9quilibr\u00e9e o\u00f9 l&#8217;humour se perd rapidement. Ainsi, comme on pouvait s&#8217;y attendre, la carri\u00e8re sc\u00e9nique de cette chanson fut br\u00e8ve et s&#8217;est limit\u00e9e \u00e0 ce jour \u00e0 une courte apparition sur le medley du live &#8220;Le retour de la chetron sauvage&#8221;. Dommage, car encore une fois, l&#8217;id\u00e9e d\u00e9bordait d&#8217;originalit\u00e9, seul Renaud pouvait&#8230; Derni\u00e8re anecdote: dans le couplet d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Cas-Br\u00eale, Renaud fait ressortir le mot &#8220;CAIlloux&#8221; comme le fera ressortir Laurent Gerra quinze ans plus tard. La comparaison est amusante et je vous la conseille. Inspiration, plagiat ou simple constatation ?<\/p>\n<p>8. <b>D\u00e9serteur<\/b><\/p>\n<p>Chanson Canada-dry. Elle a le go\u00fbt, l&#8217;apparence, le fond du &#8220;D\u00e9serteur&#8221; de Boris Vian mais le tout nous est ici mijot\u00e9 \u00e0 la sauce Renaud. Ainsi, sur le d\u00e9licat sujet de l&#8217;opposition au service militaire obligatoire, Renaud nous sert ici une chanson engag\u00e9e comme peu de ses chansons l&#8217;ont \u00e9t\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 maintenant mais d&#8217;une discr\u00e9tion et d&#8217;un calme qui tranchent avec l&#8217;intensit\u00e9 des paroles. Ce contraste un peu d\u00e9routant au premier abord est bien vite balay\u00e9 lorsque l&#8217;on se rend compte que le narrateur de la chanson &#8211; que l&#8217;on imagine facilement pacifiste, contestataire, marginal et provoquant &#8211; n\u00e9cessitait ce genre de construction litt\u00e9raire. Selon mon expression favorite, le fond rejoint encore un fois la forme. Malheureusement, la musique &#8211; qui semble provenir d&#8217;une tentative de slow nostalgique avort\u00e9e &#8211; vient un peu d\u00e9s\u00e9quilibrer l&#8217;ensemble. Cela explique peut-\u00eatre, en plus de l&#8217;\u00e9volution des mentalit\u00e9s et des r\u00e9alit\u00e9s, le peu de succ\u00e8s qu&#8217;a connu cette chanson sur sc\u00e8ne. Si mes souvenirs sont exacts, le seul enregistrement de cette oeuvre en concert se trouve sur l&#8217;album &#8220;Paris-Provinces&#8221;, soit quinze ans apr\u00e8s sa sortie. De plus, cette pr\u00e9sence se justifiait essentiellement par l&#8217;aspect &#8220;nostalgie quand tu nous tiens&#8221; que voulait faire ressortir ce live. Dommage donc. Il r\u00e9sulte de tout cela une chanson qui m\u00e9rite une audition attentive mais qui n&#8217;est jamais parvenu \u00e0 se classer parmi les incontournables de l&#8217;artiste.<\/p>\n<p>9. <b>Pr\u00e8s des autos tamponneuses<\/b><\/p>\n<p>Apr\u00e8s G\u00e9rard Lambert, apr\u00e8s Germaine, apr\u00e8s Ang\u00e9lo et Slimane, voici un nouveau personnage qui pointe son nez dans l&#8217;univers Renaudien: la P\u00e9pette. Cette Ginette d&#8217;avant la lettre, belle soeur potentielle de G\u00e9rard Lambert, est suffisamment improbable, irr\u00e9aliste, pour justifier son apparition dans des chansons vou\u00e9es au divertissement. Ainsi, nous la retrouvons un premi\u00e8re fois sur une de ces &#8220;Autos-tamponneuse&#8221;, situation anti-romantique s&#8217;il en est. Le tout sur fond d&#8217;histoire d&#8217;amour ridicule, voire minable. Toute la chanson n&#8217;est qu&#8217;un \u00e9norme gag, passant en permanence du non-sens au pseudo-improvis\u00e9. Suivre la trame est une entreprise hasardeuse, deviner \u00e0 l&#8217;avance une rime rel\u00e8ve de l&#8217;exploit pur et dur (essayez avec quelqu&#8217;un qui ne conna\u00eet pas les paroles). Enfin, les jeux de mots sont nombreux et d&#8217;une lourdeur qui me rappelle les interventions de &#8220;Pompom&#8221; dans &#8220;La classe&#8221;, cette \u00e9mission hautement intellectuelle, pr\u00e9sent\u00e9e par le d\u00e9licat Fabrice et qui passait sur FR3 (\u00e0 l&#8217;\u00e9poque) \u00e0 une heure o\u00f9 les esprits anesth\u00e9si\u00e9s par le contenu de l&#8217;estomac acceptaient \u00e0 peu pr\u00e8s n&#8217;importe quoi. Il n&#8217;emp\u00eache, la chanson r\u00e9v\u00e8le un capital sympathie assez important et se laisse \u00e9couter confortablement. Et, si l&#8217;on ne rit pas franchement, le sourire est pratiquement permanent. Une bonne petite chanson sans aucune pr\u00e9tention donc.<\/p>\n<p>10. <b>Loulou<\/b><\/p>\n<p>Vous rappelez-vous de la chanson &#8220;La bande \u00e0 Lucien&#8221; sur l&#8217;album &#8220;Laisse b\u00e9ton&#8221; ? H\u00e9 bien nous voici en pr\u00e9sence d&#8217;une chanson fort semblable dans son fond et sa construction. Un peu comme si Renaud avait besoin, p\u00e9riodiquement, de faire le point sur la vie qui se passe et le temps que l&#8217;on n&#8217;a pas le temps d&#8217;appr\u00e9cier avant de le regretter. Dans les deux cas, Renaud parle \u00e0 un ami de la nostalgie du bon vieux temps. Premi\u00e8re diff\u00e9rence: Renaud ne parle plus d&#8217;une bande de jeunes mais d&#8217;un ancien jeune en particulier. Nous avons ici encore une fois le signe de l&#8217;\u00e9volution du personnage, pass\u00e9 d\u00e9finitivement du loubard au bon pote de bar et papa rang\u00e9. Seconde diff\u00e9rence: le style. Si &#8220;La bande \u00e0 Lucien&#8221; se chantait doucement \u00e0 la guitare, comme un adieu de Renaud \u00e0 une premi\u00e8re p\u00e9riode de sa vie, Loulou&#8221; sonne beaucoup plus ambitieux et fait intervenir un \u00e9l\u00e9ment que l&#8217;on acquiert avec l&#8217;exp\u00e9rience: la fatalit\u00e9. La musique &#8220;hard-rock&#8221; renforce cette impression de violence temporelle contre laquelle on ne peut rien, et ce m\u00eame si ce choix n&#8217;est pas des plus pertinents: Renaud n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 et ne sera jamais \u00e0 l&#8217;aise dans le &#8220;hard-rock&#8221;. La chanson n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 reprise en concert, mais je pense que ce n&#8217;\u00e9tait pas sa vocation premi\u00e8re. A d\u00e9couvrir donc.<\/p>\n<p>C&#8217;est sur un solo de guitare \u00e9lectrique que se termine l&#8217;album. La musique semble s&#8217;\u00e9loigner et nous invite \u00e0 la suivre. Renaud vient de franchir une \u00e9tape importante de sa carri\u00e8re: il poss\u00e8de maintenant un album de classe internationale (francophone), une r\u00e9f\u00e9rence incontournable dans la chanson fran\u00e7aise. La m\u00e9lodie vient de tourner \u00e0 gauche apr\u00e8s le coin. Essayons de la rattraper. Qu&#8217;allons-nous d\u00e9couvrir derri\u00e8re le mur ? Un oreiller de lauriers ou une confirmation ? C&#8217;est ce que nous d\u00e9couvrirons dans le prochain album.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les deux ans qui se sont \u00e9coul\u00e9s depuis la sortie du &#8220;Retour de G\u00e9rard Lambert&#8221; ont sans doutes \u00e9t\u00e9 parmi les plus importants dans l&#8217;\u00e9volution de Renaud. En effet, jamais jusqu&#8217;ici la transition entre deux albums cons\u00e9cutifs de l&#8217;artiste n&#8217;avait \u00e9t\u00e9 aussi marqu\u00e9e. Nous sommes ici en pr\u00e9sence d&#8217;un Renaud au sommet de son art, &hellip; <a href=\"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/morgane-de-toi-1983\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Morgane de toi (1983)&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"categories":[],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/261"}],"collection":[{"href":"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=261"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/261\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=261"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=261"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=261"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}