﻿{"id":7535,"date":"2017-07-06T09:18:13","date_gmt":"2017-07-06T07:18:13","guid":{"rendered":"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/?page_id=7535"},"modified":"2017-07-10T09:18:23","modified_gmt":"2017-07-10T07:18:23","slug":"renaud-mes-armes-des-mots-damour-et-de-combat","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/renaud-mes-armes-des-mots-damour-et-de-combat\/","title":{"rendered":"Renaud : \u00abMes armes : des mots d&#8217;amour et de combat\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-7536\" src=\"https:\/\/sharedsite.com\/hlm-de-renaud\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/201707021385-full.jpg\" alt=\"\" width=\"650\" height=\"350\" \/><\/p>\n<div class=\"p402_premium\">\n<p>Sur la route depuis un an, Renaud a encore quelques gros festivals \u00e0 honorer, notamment \u00e0 Albi le 6 juillet et \u00e0 Carcassonne le 7. L&#8217;occasion pour le chanteur de revenir sur son amour des textes, ceux qu&#8217;il \u00e9crit et qui l&#8217;ont \u00absauv\u00e9\u00bb et ceux qu&#8217;il lit avec gourmandise.<\/p>\n<p>Renaud est aussi un homme de lettres. Apr\u00e8s la r\u00e9\u00e9dition de ses chroniques, on le retrouve \u00abdans le texte\u00bb avec la parution de l&#8217;int\u00e9grale de ses chansons en poche, \u00abD\u00e8s que le chant soufflera&#8230;\u00bb, ce qui le comble d&#8217;aise.<\/p>\n<p><strong>Vos chroniques sont r\u00e9\u00e9dit\u00e9es. Ne craigniez-vous pas qu&#8217;il y ait un d\u00e9calage par rapport \u00e0 l&#8217;actualit\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, mais les gens savent resituer dans le contexte d&#8217;il y a 20 ans. Mes lecteurs se reconna\u00eetront dans ces chroniques m\u00eame si elles sont dat\u00e9es. L&#8217;\u00e9criture est pour moi un moteur. Le 29 janvier <em>(2015, un an avant la sortie de \u00ab<\/em> <em>Toujours debout<\/em> <em>\u00bb, NDLR)<\/em>, je me l\u00e8ve \u00e0 l&#8217;aube, en pleine forme, apr\u00e8s 5 nuits de vrai sommeil, contrairement aux dix ann\u00e9es pass\u00e9es o\u00f9 je me couchais \u00e0 minuit, me pr\u00e9parant \u00e0 des nuits blanches. Je dormais comme un b\u00e9b\u00e9, c&#8217;est-\u00e0-dire : une heure je pleure, une heure je dors. Je me levais \u00e0 midi, fracass\u00e9, plus fatigu\u00e9 que je m&#8217;\u00e9tais couch\u00e9, titubant, vomissant. Aujourd&#8217;hui, je me r\u00e9veille en pleine bourre et je travaille. J&#8217;\u00e9cris, j&#8217;\u00e9cris, j&#8217;\u00e9cris.<\/p>\n<p><strong>Aujourd&#8217;hui, vous chantez \u00abJ&#8217;ai embrass\u00e9 un flic\u00bb. Ce ne fut pas toujours le cas, particuli\u00e8rement en mai 1968&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Cela n&#8217;a peut-\u00eatre servi \u00e0 rien mais cela a chang\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9, les droits des femmes, le droit \u00e0 l&#8217;avortement, la conscience du travail, la jeunesse qui s&#8217;est lib\u00e9r\u00e9e du carcan des ann\u00e9es gaullistes. Cela a \u00e9t\u00e9 un grand moment, dans le monde entier, un bouleversement soci\u00e9tal d&#8217;une immense importance. J&#8217;en garde des souvenirs \u00e9mus et attendris. J&#8217;ai f\u00eat\u00e9 mes 16 ans sur les barricades, rue Gay-Lussac, en toute insouciance. C&#8217;\u00e9tait le 11 mai et je faisais partie des barricadiers les plus sauvages qui s&#8217;interposaient entre manifestants et les cordons de CRS, qui, \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre, allaient charger. Je restais \u00e0 bonne distance d&#8217;eux mais quand m\u00eame, avec un lance-pierre, un pav\u00e9 que je balan\u00e7ais p\u00e9niblement \u00e0 deux m\u00e8tres devant moi pour cause de musculature d\u00e9ficiente. Je n&#8217;ai jamais bless\u00e9 personne. Mes fr\u00e8res et s\u0153urs \u00e9taient de toutes les manifs, particuli\u00e8rement David.<\/p>\n<p><strong>C&#8217;\u00e9tait li\u00e9 \u00e0 votre \u00e9ducation ?<\/strong><\/p>\n<p>A notre \u00e9ducation. A dix ans, on militait contre l&#8217;OAS, pour l&#8217;Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante. On criait : \u00abA bas Massu, \u00e0 bas de Gaulle\u00bb\u2026\u00bb ou \u00abVive de Gaulle !\u00bb quand il a sign\u00e9 les Accords d&#8217;Evian. Le mari de ma s\u0153ur a\u00een\u00e9e \u00e9tait bidasse en Alg\u00e9rie. Il nous \u00e9crivait des lettres terribles, sur la guerre, sur les conditions de vie. On craignait pour sa peau. Toutes les discussions \u00e0 table tournaient autour de \u00e7a. Ensuite, le lyc\u00e9e, les rencontres avec les filles\u2026 A 11 ans, j&#8217;ai d\u00e9couvert les boums du samedi soir en m\u00eame temps que les comit\u00e9s Vietnam, les comit\u00e9s Action lyc\u00e9ens, le mouvement contre l&#8217;armement atomique d&#8217;Edmond Rostand. Mes premi\u00e8res manifs \u00e9taient contre la bombe atomique ; j&#8217;\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 un militant \u00e9colo \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Ma seconde vraie manif a \u00e9t\u00e9 en 1967 pour protester contre la Guerre des six jours ; cette infamie que livraient les peuples arabes contre cette belle et petite d\u00e9mocratie isra\u00e9lienne, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. C&#8217;\u00e9tait avant les colonisations massives, avant que Tsahal devienne une arm\u00e9e d&#8217;occupation particuli\u00e8rement oppressive. Ma troisi\u00e8me manifestation a donc \u00e9t\u00e9 contre la Guerre du Vietnam. J&#8217;avais une pancarte sur laquelle j&#8217;avais \u00e9crit ce bon mot : \u00abPour Nixon\u2026 le glas\u00bb. Cela a beaucoup fait rire mes amis manifestants.<\/p>\n<p><strong>Quelle est votre chanson pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e sur le nouveau disque ?<\/strong><\/p>\n<p>\u00abLes mots\u00bb. Elle exprime mon amour des mots et rend hommage aux gens qui savent s&#8217;en servir comme seule arme. Quand d&#8217;autres ont une Kalashnikov, ils ont les mots pour se d\u00e9fendre, pour dire leurs amours, leurs combats. De L\u00e9autaud \u00e0 Nougaro. Comme la musique est assez jolie, je suis pour une fois, c&#8217;est assez rare que je dise \u00e7a, je suis plus que satisfait, presque fier de cette chanson.<\/p>\n<p><strong>Votre go\u00fbt pour les mots vient-il de la litt\u00e9rature ?<\/strong><\/p>\n<p>Je n&#8217;ai jamais lu beaucoup. Et m\u00eame ceux qui lisent beaucoup, c&#8217;est-\u00e0-dire un livre par semaine, auront lu 3 500 livres dans leur vie, ce qui est d\u00e9risoire.<\/p>\n<p><strong>Quels sont vos \u00e9crivains pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s ?<\/strong><\/p>\n<p>Maupassant, Vian, Pr\u00e9vert, Bruant ; un peu Zola, un peu Balzac. Hugo, bien s\u00fbr : \u00abLes Mis\u00e9rables\u00bb. Dumas : \u00abLe comte de Monte Cristo\u00bb, \u00abLes 3 mousquetaires\u00bb, que j&#8217;ai lu enfant et que j&#8217;ai relu il y a une dizaine d&#8217;ann\u00e9es. Quelle \u00e9criture flamboyante ! Mais cela qui m&#8217;a le plus inspir\u00e9, qui m&#8217;a aiguis\u00e9, qui m&#8217;a forg\u00e9, c&#8217;est Maupassant. C&#8217;est le plus grand, loin devant C\u00e9line, dont je n&#8217;ai jamais pu terminer \u00abVoyage au bout de la nuit\u00bb. Maupassant, c&#8217;est le style.<\/p>\n<p><strong>Est-ce que ces \u00e9crivains se retrouvent dans vos textes ?<\/strong><\/p>\n<p>Inconsciemment peut-\u00eatre. Mais je n&#8217;ai jamais voulu copier Maupassant, Vian ou Pr\u00e9vert. Pas plus que James Hadley Chase, Raymond Chandler, Carter Brown, ces ma\u00eetres du thriller. Mais, passionn\u00e9 que je suis, j&#8217;ai r\u00e9uni les 2 000 premiers num\u00e9ros, \u00e0 l&#8217;\u00e9tat neuf, de la \u00abS\u00e9rie noire\u00bb. J&#8217;en ai lu 500 ou 600. Aujourd&#8217;hui, j&#8217;aime les polars de Michael Connelly, ceux de John Grisham.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00eates donc un lecteur r\u00e9gulier ?<\/strong><\/p>\n<p>Je le suis redevenu. Pendant dix ans, je me suis couch\u00e9 ivre mort, incapable de lire la moindre ligne. Je n&#8217;avais pas la t\u00eate \u00e0 \u00e7a. Maintenant, j&#8217;essaye de rattraper le temps perdu : je d\u00e9vore.<\/p>\n<p>Renaud en concert \u00e0 Albi jeudi 6 <em>juillet \u00e0 partir de 19<\/em> <em>heures, dans le cadre de Pause guitare. Egalement \u00e0 l&#8217;affiche F\u00e9f\u00e9 et ZZ Top. Tarifs<\/em> <em> : de 32<\/em> <em>\u20ac \u00e0 46<\/em> <em>\u20ac. Et aussi vendredi 7<\/em> <em>juillet, \u00e0 partir de 19<\/em> <em>heures, au th\u00e9\u00e2tre Jean-Deschamps de Carcassonne. Egalement \u00e0 l&#8217;affiche<\/em> <em> : Vianney et Matmatah. Tarif<\/em> <em> : 51<\/em> <em>\u20ac.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab<\/em> <em>Chroniques de Renaud parues dans Charlie hebdo<\/em> <em>\u00bb (H\u00e9lium, 352 pages, 14,90<\/em> <em>\u20ac). \u00ab<\/em> <em>D\u00e8s que le chant soufflera&#8230;\u00bb (506 pages, 8,30<\/em> <em>\u20ac).<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h2 class=\"titre\">\u00abMes gonzesses \u00bb<\/h2>\n<p>Les femmes ont une grande place dans les chansons de Renaud. \u00abSurtout Dominique avec laquelle j&#8217;ai v\u00e9cu vingt ans, pr\u00e9cise l&#8217;int\u00e9ress\u00e9. Une femme, c&#8217;est une compagne, une muse. Elle m&#8217;a inspir\u00e9 quelques chansons d&#8217;amour : <em>Ma gonzesse<\/em>, <em>J&#8217;ai la vie qui m&#8217;pique les yeux<\/em>, <em>Manu<\/em>. A l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 elle \u00e9tait encore mari\u00e9e, j&#8217;\u00e9tais son amant. Elle vivait un jour chez moi, un jour chez lui. Elle a \u00e9t\u00e9 une b\u00e9quille pour moi, un soutien, qui continue encore, douze ans apr\u00e8s notre s\u00e9paration. Elle est toujours pr\u00e9sente \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s, toujours fid\u00e8le. Amoureuse m\u00eame si nous ne vivons plus ensemble.\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"article_author\" style=\"text-align: right;\">Propos recueillis par Jean-Marc Le Scouarnec &#8211; La D\u00e9p\u00eache<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur la route depuis un an, Renaud a encore quelques gros festivals \u00e0 honorer, notamment \u00e0 Albi le 6 juillet et \u00e0 Carcassonne le 7. 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