J’ai assisté hier soir, au milieu de 3 à 4000 personnes à un super concert de Hughes Aufray à Waterloo, en plein air. J’avais enfilé mon t-shirt réclamant la libération d’Ingrid Betancourt et des otages… Un peu de pub pour cette cause à laquelle Hugues Aufray a adhéré (pour rappel, vous pouvez regarder sa prestation en vidéo sur www.13fevrier.be !!)
Avec ses six musiciens, il a vraiment assuré, l’artiste, pendant deux bonnes heures sans interruption ! Quelle forme à son âge!!! Je signe à deux mains pour avoir la même pêche après 75 ans !!!



Pendant la balance...
Beaucoup de dialogues avec le public, beaucoup d’explications sur les musiques, et trois évocations de … Renaud !
Ouverture avec deux chansons de Félix Leclercq (Mes souliers et Le Petit Bonheur) et final avec deux chansons de Brassens (Le Petit joueur de flûteau et La Prière).
Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s'amusent au parterre
Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s'ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent
Je vous salue, Marie.
Au milieu, deux adaptations de chansons de Dylan (La fille du Nord et Dieu est à nos côtés).
A l’applaudimètre, ce sont les classiques qui ont évidemment remporté la palme : Santiano, L’épervier, Des jonquilles au dernier lilas, Dès que le printemps revient, Hasta Luego, Stewball, Le petit âne gris, Adieu Monsieur le Professeur, etc, et aussi Les crayons de couleur (qu’il avait chanté en 66 ou 67 devant Martin Luther King !)
Public debout le plus souvent, reprenant les refrains...

Mais Hugues Aufray a aussi chanté des chansons moins « tubes » comme Petit Simon (… « les étoiles ne sont pas toujours belles quand on les colle sur le cœur »), ou une adaptation libre de « Dirty Old Town » des Dubliners, il a revisité « You never can tell » de Cuck Berry. Pis, il a traversé les musiques populaires qui ont fondé ce qu’on écoute aujourd’hui : le blues du Mississipi, la musique des Cajuns (évocation avec Jimbalaya).
Y aussi eu un instrumental irlandais sur lequel il jouait de la flûte.
Alors... je vous disais au début qu’il a parlé de Renaud.

Bah oui, trois fois !!!
La première quand il a salué et fait applaudir Phil Delire qui était dans le public et qu’il considère comme le « meilleur ingénieur du son au monde et qui mixe actuellement le double cd de Renaud qui sortira à l’automne ».
Hugues Aufray annonçait en fait qu’il serait en studio prochainement à Bruxelles pour travailler avec Phil Delire.
La deuxième fois qu’il a parlé de Renaud, c’est quand il a enlevé son blouson et a fait mine de l’envoyer dans le public sur un roulement de batterie… avant de le lancer en arrière à un de ses zicos ! « Ca va, pas non, je ne suis pas Johnny ni Renaud, moi ! Vous savez combien ca coûte un blouson comme ça? J’ai pas les moyens, moi, de m’en payer un chaque soir !!! »
Enfin, la dernière fois, au moment du rappel, lorsqu’il est revenu seul sur scène avec sa guitare, il a encore fait allusion au Frangin en parlant de Brassens.Que Renaud l’appréciait beaucoup aussi, quand il était petit, et lui… quand il était grand !
Il a expliqué que quand il n’était pas de bonne humeur en se levant le matin, il regardait la photo de Brassens, ses yeux rieurs, et se mettait à chanter une de ses chansons. Après il regardait à nouveau la photo et, si c’était bien, la photo lui donnait l’impression de sourire…
Vraiment une super bonne soirée.

En France, vous pourrez voir Hugues Aufray, le 1er juillet à Avesnes (Maubeuge), le 15 à Cries-les-Mello Chantilly, le 16 à Saint-Malo-du-Bois (85) et le 18 (pour SVPat) à Marseille, et le 3 août (pour Lucyanne !!) à Genève !
Profitez-en ! Même si ce n’est pas une tournée d’adieu comme peut en faire Aznavour, ce sont des occasions qui ne se représenteront pas nécessairement tous les ans ! A bon entendeur...


