lucien a écrit : ↑12 nov. 2019, 19:57
Pour finir, il faut tout de même être d'une totale mauvaise foi pour ne pas voir dans "Adieu minette" que le loubard a le beau rôle, ainsi que ses potes, et que tous les autres passent pour des cons (la minette, ses parents, le pote qui fait du karaté...). Hé, oui, il "la culbute dans la paille"...l'homme culbute la nana, et, oh! surprise, il la fait jouir...Je n'y vois strictement aucune critique "sociétale", juste un noir et blanc assez grossier entre le "bon" et le "mauvais" camp, avec pour prétexte une nana plutôt conne (car bourgeoise...). Ça pourrait être une discussion de bistro, après 5 tournées, tant pour la dichotomie que pour les relations hommes/femmes...
Lilibellule a écrit : ↑12 nov. 2019, 14:45
Charlie et Tord, vous avez quoi contre la chanson Elle a vu le loup? Je l'adore moi cette chanson ! Peut-être parce que vous êtes des pères de filles ? Pour Charlie, pour Tord je sais pas...
Cool, deux chansons aux deux extrémités du spectre renaudien !
Adieu minette, c'est quoi ?
Une histoire d'amour impossible et à sens unique : une jeune fille de la bourgeoisie amoureuse d'un voyou de banlieue populaire qui n'en a rien à foutre, n'a envie que d'un coup d'un soir, d'une aventure sans lendemain, en ayant l'impression de baiser la bourgeoisie tout entière et de venger la classe populaire. Bon.
Premier niveau de lecture : lutte des classes, ridiculisation de la bourgeoisie.
Mais là où Renaud est subtil, c'est dans l'écriture et dans l'interprétation. Il se met dans la peau du garçon et débite tout son laïus d'un ton goguenard et blasé, qui ne le rendra sympathique qu'à ceux qui s'identifient à ce genre de personnage. Et encore...
Sous le premier degré perce une ironie mordante, qui fait sentir que ce personnage, dans son genre, ne vaut pas mieux que ce qu'il critique. Il devient alors assez antipathique, dès qu'on prend un peu de recul.
Troisième effet kiss kool, on éprouve alors pas mal d'affection pour cette jeune fille, un peu rêveuse, dans son genre, amoureuse d'une chimère.
Bon, je sais pas si je suis le seul à ressentir cette chanson comme ça (Lili, peut-être ? Adieu minette, toi qui n'a peut-être pas pris ce pseudo au hasard ?), mais c'est comme ça que je la comprends. Quand j'étais très jeune, elle me faisait juste marrer (sans compter le "
Y'a l'feu dans l'studio. J'continue ?", en introduction, qui me faisait littéralement pleurer de rire

) avec son aspect de prime abord basique anti-bourgeois. Au fil du temps et des écoutes, l'histoire de ces deux personnages pas finis a fini par m'émouvoir.
Et puis musicalement, ce genre de slow très sixties, ajoute à la fois de l'ironie et de la mélancolie au tableau. C'est très réussi.
Elle a vu le loup, c'est moche.
Musicalement, d'abord, c'est très moche. C'est une berceuse. Hyper mal chantée. Une berceuse un peu déglinguée. Grosse ficelle qui veut sûrement souligner le fait que la perte de virginité te sort définitivement de l'enfance, en la détruisant purement et simplement. C'est relou.
Et puis alors les paroles, merde ! J'y arrive pas. Déjà, j'espère au moins qu'il a changé le nom de l'amie de sa fille, qu'elle ne s'appelle pas Marylou, histoire qu'elle ne se soit pas (et qu'on ne l'ait pas) reconnue directement dans la chanson, vulgaire et triviale.
Et faut voir le vocabulaire : "
Performance" ? Sérieux ? Renaud, merde ! "
Bon coup" ? What the fuck !? "
Prendre cette Bastille" ? A la hussarde ? Et puis la fin : "
Donne-lui ton amour en paquet-cadeau" ! (sic !) L'amour c'est le paquet-cadeau !? Et ça se poursuit par "
en plus du diamant que tu gardes encore, mais combien de temps ? au creux de ton corps". Le sexe c'est le diamant et l'amour le paquet-cadeau ? Sérieux ?
(Je passe sur la mère qui a vu toute la meute, seul "bon mot" un peu amusant pris hors contexte, mais qui dans le contexte ajoute encore une couche de mauvais goût bien vulgaire).
Je crois qu'avec
Je m'appelle Galilée pour parler de la sodomie, c'est pour moi un des pires textes de Renaud. Je zappe régulièrement ce truc moche.