Déferlantes-2017: Valmy toujours vivant, toujours debout


Coup d’envoi hier samedi du festival des Déferlantes à Argelès-sur-Mer, avec au menu, une jeunesse venue de tous horizons survitaminée et des grands hommes de la chanson française.

Valmy en surchauffe. La faute sans doute à la pleine lune hissée dans le ciel d’Argelès-sur-Mer et ses influences cosmiques. Ou à la dose de décibels grandement délivrée par les artistes invités lors de cette première soirée édition 2017. Car de mémoire de festivalier, les Déferlantes n’avaient connu depuis bien longtemps si forte affluence et rythmes effrénés enchaînés. Sous les coups des 20 heures, la circulation dans le parc étant régulée par la sécurité… c’est dire. “Rappelez-vous, Mamie est ici” entendait-on dans la masse.

Le tempo était donné par les Anglais de Don Broco. Les bondissants Don Broco. Où la chemise bigarrée du leader Rob est à l’image du caractère fantasque du groupe. Qui pour un coup de marketing monstre a simulé un enterrement de vie de jeune garçon de l’un des membres à suivre en live sur leurs réseaux… qui au final n’était qu’un coup monté de toute pièce pour promouvoir un clip. Cette estampille décalée ravissait un groupe d’aficionados aux premiers rangs, et en faisait basculer d’autres, sur des sons tantôt durs, tantôt plus rock, comme le titre “Priorities”. Mais toujours avec ce flegme so british, en témoignent les slims serrés de chacun des artistes sur scène.

Entre éclaircies et légères gouttes de pluie, apparaissait dans la foulée Petit Biscuit. Théâtralement christique, tout de noir vêtu et bras au ciel. “Yo les Déferlantes, ça va ou quoi?” Du haut de ses 17 ans, le Dj français entraîne dans son sillage sa génération bien sûr, les clubbeurs, les amateurs d’électro, mais aussi les curieux d’un jour. Tous emportés dans une frénésie générée par les cadences et les mimes de l’artiste à chaque beat de son set. Et aspirés par le regard plein d’assurance de ce jeune homme tout juste sorti de l’adolescence. “Je vais vous jouer un truc plus cool, j’espère que vous aimerez.” Il s’agissait de “Sunset lover”, son hit. Hystérie générale. Et espiègle avec ça.

Carte blanche était donnée ce jour à un artiste et un seul. Cali. Et pour cause(s). Le monsieur n’est autre que prophète en son pays, parrain de l’événement et énième fois invité. Alors Cali a fait du Cali. Que cela plaise ou non. Endimanché d’un costard bleu et d’une chemise blanche assortie à ses baskets, il a comme à son habitude joué sur scène avec les photographes couvrant les Déferlantes et les a invités à monter sur scène avec lui, et couru au beau milieu de la foule. Cella-là même des grands jours qui fut mise à contribution : la voilà soutenant à bout de bras l’enfant de Vernet-les-Bains, slamant aussi bien sur le ventre que sur le dos, et s’élevant raide comme un piquet à la seule force des hommes et femmes à ses pieds. La seule chose capable de l’apaiser un temps soit peu fut la venue de sa fille à ses côtés sur scène pour partager “Pensons à l’avenir.” ça, et ses discours engagés pour parler des associations humanitaires qu’il soutient au quotidien : ONE, Habitat & Citoyenneté et L’Afev.

Le grand attendu de la soirée était Renaud. D’entrée, sur “Toujours vivant”, sa voix se faisait le témoin d’années de tourments et de perdition. L’assistance devenant, de facto, divisée entre les éberlués et les fascinés. Les premiers devant l’homme diminué, les seconds par l’idole inébranlable face à l’adversité. En clair, le personnage fascine autant qu’il dérange oscillant de gestes mal contrôlés en coups de gueule assumés. D’antan, Renaud a conservé sa gouaille, son foulard rouge, non plus autour du cou, mais enroulé au poignet, et son regard azur, hagard par instants. Mais les textes balancés à coup d’uppercuts n’ont pas pris une ride. “En cloque”, “Dans mon HLM”, “Mistral gagnant”, “Marche à l’ombre”… C’est en clair ce que l’on retient de Renaud. Ou plutôt ce que l’on veut retenir.

Dans la foulée, Boulevard des airs rappliquait sur la scène Paul Mas. Un bol d’air frais. Une boule d’énergie. Les neuf copains de Tarbes communiquaient sans cesse avec l’auditoire, soit pour conter des faits passés, soit pour l’envoyer en l’air, le faire chanter… Musicalement, l’électro avoisine le jazz, le ska donne la primeur aux cuivres. Les sonorités hispaniques, ADN de plusieurs des membres du groupe, se ressentent dans leurs gammes, leur tapéo, leur façon de se mouvoir, surtout chez Mélissa la seule représentante de la gent féminine. Sous ses airs de Goldman, de Mathias Malzieu de Doynisos, voire même du leader de Fauve dans le grain de voix parfois, Sylvain, Florent son comparse et tous les autres ont transporté leur public. A “Bruxelles” notamment.

Après Cali, quelqu’un d’autre refaisait son retour sur la scène des Déferlantes. Sur la grande scène même. Car l’an dernier jour pour jour pour ainsi dire, elle se produisait sur la petite scène du côté en fin d’après-midi. Hier, elle s’offrait une belle nuitée. Jain. Itinéraire d’une enfant douée. La demoiselle de 25 ans en a fait du chemin. Depuis ses contrées d’enfance Dubaï, Congo, Abou Dabi, dont les sonorités sont égrenées dans ses tubes, jusqu’à sa Victoire de la musique 2017 en tant que meilleure chanteuse. La pop world en bandoulière, Jain aura su une fois encore poser ses valises dans l’antre de Valmy. Jouant avec les mêmes codes que par le passé, mais l’envergure en plus. Si le début de show est en solo derrière des claviers, à mesure il s’étoffe progressivement, de lumières, de sons, de musiciens pour que les hits “Makeba” ou “Come” entrent dans une autre dimension. A l’instar de Jain et de son jeu de scène dans une bulle, parcourant son public. Son monde. La Toulousaine croque décidément le monde.

And last but not least. Le Dj niçois Feder. Celui à qui il tient à coeur de décloisonner l’électro, à coup d’EP bien sentis et mesurés par son expérience dans la production et l’ingé son. A son tableau de chasse, il faut compter avec “Lordly” ou “Goodbye”. Mais hier soir, Feder voulait éduquer un public large à sa culture deep house, comme il le confiait en conférence de presse. Tubes du moment en clubs, ou gros sons des 90’s de tout style pleuvaient des platines du grand gaillard. Au point qu’on ne pourrait les citer. Mais tout le monde, sans exception, encore présent dans la fosse de Valmy, y trouvait son compte. Pour éliminer une toute dernière fois les ultimes et infimes ressources en énergie conservées après cette cadencée première journée.

Sans voix, sans souffle, sans coffre, mais toujours vivant Renaud Festival de la Cité

Matmatah, Vianney, Renaud, la soirée était dédiée à la chanson française. Les premiers ont joué leur partition, en attendant l’arrivée de l’une des gloires françaises de ces dernières décennies.

Il s’est déjà presque écoulé vingt ans depuis la sortie du premier album de Matmatah. Le parcours n’a pas toujours été des plus simples : premier succès, une kyrielle de concerts partout dans le pays, clash et séparation, best of… et reformation. La vie de rock star… Depuis la reprise du groupe en 2016, les membres de Matmatah ont sillonné le pays et multiplié les scènes. Hier, ils avaient fort à faire en démarrant la soirée, avec une moitié de public installée, et l’autre en train de chercher sa place. Avec des vieux tubes, «Emma», «au conditionnel», et des morceaux du nouvel album, «nous y sommes», «retour à la normal», les Bretons ont fait le job. Face à un public qui n’était clairement pas là pour eux. Et pourtant, bien que l’attention ne fût pas à son maximum ni l’ambiance à son paroxysme, chanter une nouvelle fois «l’apologie», comme il y a vingt ans un pétard à la main, en a ravi plus d’un en fin de concert. La soirée est sauvée pour les Bretons, et encore jeune pour les spectateurs.

En attendant Renaud

Vianney était venu en 2015 avec son premier album et avait charmé la place Carnot. Son tube «pas là» inondait les radios à l’époque. Il fallait par contre occuper les rockers «à écharpe rouge» qui attendaient Renaud hier soir. Pas si nombreux d’ailleurs, les fans de Renaud. Jean-Deschamps était loin d’être plein hier, remplir la Fajeolle aurait été d’autant plus compliqué.

On n’a pas vraiment senti la soirée décoller. Si, peut-être quand il chante «je m’en vais» (c’est une idée ?). Vianney seul sur la grande scène du théâtre, ça manquait un peu de peps, et de musiciens. Les fans avaient quand même l’air comblé… C’est toujours ça.

Du choc au plaisir

Pour ceux qui se demandent encore à quoi ressemble la consternation dans un regard, il fallait voir le public de Jean-Deschamps quand Renaud est monté sur scène hier et a attaqué les premières notes. Pas de voix, pas de souffle pas de coffre… rien. On était tous prévenu, mais ça fait quand même un choc. Il n’est pas dupe, Renaud, et il prévient : «Vous êtes choqués par ma voix pourrie, je le sais. En même temps vous n’êtes pas venus voir Céline Dion ou Pagny !». Et voilà, la surprise (la déception aussi un peu) est passée, et on chante avec lui. On entend sans cesse des : «Elle est pas pourrie ta voix !», «merci Renaud», lancés comme des encouragements de la part des fans. La voix du public (qu’on aura finalement le plus entendu) remplace celle du Renard. On ne va pas mentir non plus, certains ont prématurément quitté le théâtre. Mais bon, les musiciens assurent le spectacle quand Renaud titube, tremblote sur scène, ou chante ce qu’il peut. Et puis à quoi bon l’entendre, on les connaît par cœur de toute façon ses chansons. Renaud est encore là, c’est le principal.

Renaud divise le public de Nîmes à cause de son nouveau tatouage militant

Non, il ne s’agit plus d’un Christ – qui avait à l’époque surpris ses fans – mais plutôt d’un message engagé. 

Sur la main gauche, Mister Renard s’est fait tatouer une tête de taureau accompagnée du message “Corrida, non merci”. “Je sais, je vais me faire des copains“, a-t-il précisé d’emblée, en plein concert, en présentant sa nouvelle oeuvre aux arènes de Nîmes qui accueillent chaque année des spectacles de corrida.

Le chanteur s’est aussitôt fait huer par une partie du public et acclamer par l’autre, peut-on lire sur Midi Libre.
“Mes frangins et frangines sont aficionados, on s’engueule sans cesse. Il y a deux sujets sur lesquels les gens ne peuvent pas tomber d’accord, c’est quand on parle de Palestine ou de corrida. Oui, je sais, la corrida c’est un beau spectacle, c’est joli… Mais ça finit toujours par la mort. Dégueulasse”.
Francis Cabrel avait chanté, l’été passé, au public des arènes de Nîmes sa célèbre chanson “Corrida”. Un point où les deux chanteurs se rejoignent puisque Renaud possède lui aussi sa propre chanson anti-corrida intitulée Olé!.
 Dernière Heure

Renaud : «Mes armes : des mots d’amour et de combat»

Sur la route depuis un an, Renaud a encore quelques gros festivals à honorer, notamment à Albi le 6 juillet et à Carcassonne le 7. L’occasion pour le chanteur de revenir sur son amour des textes, ceux qu’il écrit et qui l’ont «sauvé» et ceux qu’il lit avec gourmandise.

Renaud est aussi un homme de lettres. Après la réédition de ses chroniques, on le retrouve «dans le texte» avec la parution de l’intégrale de ses chansons en poche, «Dès que le chant soufflera…», ce qui le comble d’aise.

Vos chroniques sont rééditées. Ne craigniez-vous pas qu’il y ait un décalage par rapport à l’actualité ?

Oui, mais les gens savent resituer dans le contexte d’il y a 20 ans. Mes lecteurs se reconnaîtront dans ces chroniques même si elles sont datées. L’écriture est pour moi un moteur. Le 29 janvier (2015, un an avant la sortie de « Toujours debout », NDLR), je me lève à l’aube, en pleine forme, après 5 nuits de vrai sommeil, contrairement aux dix années passées où je me couchais à minuit, me préparant à des nuits blanches. Je dormais comme un bébé, c’est-à-dire : une heure je pleure, une heure je dors. Je me levais à midi, fracassé, plus fatigué que je m’étais couché, titubant, vomissant. Aujourd’hui, je me réveille en pleine bourre et je travaille. J’écris, j’écris, j’écris.

Aujourd’hui, vous chantez «J’ai embrassé un flic». Ce ne fut pas toujours le cas, particulièrement en mai 1968…

Cela n’a peut-être servi à rien mais cela a changé la société, les droits des femmes, le droit à l’avortement, la conscience du travail, la jeunesse qui s’est libérée du carcan des années gaullistes. Cela a été un grand moment, dans le monde entier, un bouleversement sociétal d’une immense importance. J’en garde des souvenirs émus et attendris. J’ai fêté mes 16 ans sur les barricades, rue Gay-Lussac, en toute insouciance. C’était le 11 mai et je faisais partie des barricadiers les plus sauvages qui s’interposaient entre manifestants et les cordons de CRS, qui, à un moment ou à un autre, allaient charger. Je restais à bonne distance d’eux mais quand même, avec un lance-pierre, un pavé que je balançais péniblement à deux mètres devant moi pour cause de musculature déficiente. Je n’ai jamais blessé personne. Mes frères et sœurs étaient de toutes les manifs, particulièrement David.

C’était lié à votre éducation ?

A notre éducation. A dix ans, on militait contre l’OAS, pour l’Algérie indépendante. On criait : «A bas Massu, à bas de Gaulle»…» ou «Vive de Gaulle !» quand il a signé les Accords d’Evian. Le mari de ma sœur aînée était bidasse en Algérie. Il nous écrivait des lettres terribles, sur la guerre, sur les conditions de vie. On craignait pour sa peau. Toutes les discussions à table tournaient autour de ça. Ensuite, le lycée, les rencontres avec les filles… A 11 ans, j’ai découvert les boums du samedi soir en même temps que les comités Vietnam, les comités Action lycéens, le mouvement contre l’armement atomique d’Edmond Rostand. Mes premières manifs étaient contre la bombe atomique ; j’étais déjà un militant écolo à l’époque. Ma seconde vraie manif a été en 1967 pour protester contre la Guerre des six jours ; cette infamie que livraient les peuples arabes contre cette belle et petite démocratie israélienne, à l’époque. C’était avant les colonisations massives, avant que Tsahal devienne une armée d’occupation particulièrement oppressive. Ma troisième manifestation a donc été contre la Guerre du Vietnam. J’avais une pancarte sur laquelle j’avais écrit ce bon mot : «Pour Nixon… le glas». Cela a beaucoup fait rire mes amis manifestants.

Quelle est votre chanson préférée sur le nouveau disque ?

«Les mots». Elle exprime mon amour des mots et rend hommage aux gens qui savent s’en servir comme seule arme. Quand d’autres ont une Kalashnikov, ils ont les mots pour se défendre, pour dire leurs amours, leurs combats. De Léautaud à Nougaro. Comme la musique est assez jolie, je suis pour une fois, c’est assez rare que je dise ça, je suis plus que satisfait, presque fier de cette chanson.

Votre goût pour les mots vient-il de la littérature ?

Je n’ai jamais lu beaucoup. Et même ceux qui lisent beaucoup, c’est-à-dire un livre par semaine, auront lu 3 500 livres dans leur vie, ce qui est dérisoire.

Quels sont vos écrivains préférés ?

Maupassant, Vian, Prévert, Bruant ; un peu Zola, un peu Balzac. Hugo, bien sûr : «Les Misérables». Dumas : «Le comte de Monte Cristo», «Les 3 mousquetaires», que j’ai lu enfant et que j’ai relu il y a une dizaine d’années. Quelle écriture flamboyante ! Mais cela qui m’a le plus inspiré, qui m’a aiguisé, qui m’a forgé, c’est Maupassant. C’est le plus grand, loin devant Céline, dont je n’ai jamais pu terminer «Voyage au bout de la nuit». Maupassant, c’est le style.

Est-ce que ces écrivains se retrouvent dans vos textes ?

Inconsciemment peut-être. Mais je n’ai jamais voulu copier Maupassant, Vian ou Prévert. Pas plus que James Hadley Chase, Raymond Chandler, Carter Brown, ces maîtres du thriller. Mais, passionné que je suis, j’ai réuni les 2 000 premiers numéros, à l’état neuf, de la «Série noire». J’en ai lu 500 ou 600. Aujourd’hui, j’aime les polars de Michael Connelly, ceux de John Grisham.

Vous êtes donc un lecteur régulier ?

Je le suis redevenu. Pendant dix ans, je me suis couché ivre mort, incapable de lire la moindre ligne. Je n’avais pas la tête à ça. Maintenant, j’essaye de rattraper le temps perdu : je dévore.

Renaud en concert à Albi jeudi 6 juillet à partir de 19 heures, dans le cadre de Pause guitare. Egalement à l’affiche Féfé et ZZ Top. Tarifs : de 32 € à 46 €. Et aussi vendredi 7 juillet, à partir de 19 heures, au théâtre Jean-Deschamps de Carcassonne. Egalement à l’affiche : Vianney et Matmatah. Tarif : 51 €.

« Chroniques de Renaud parues dans Charlie hebdo » (Hélium, 352 pages, 14,90 €). « Dès que le chant soufflera…» (506 pages, 8,30 €).


«Mes gonzesses »

Les femmes ont une grande place dans les chansons de Renaud. «Surtout Dominique avec laquelle j’ai vécu vingt ans, précise l’intéressé. Une femme, c’est une compagne, une muse. Elle m’a inspiré quelques chansons d’amour : Ma gonzesse, J’ai la vie qui m’pique les yeux, Manu. A l’époque où elle était encore mariée, j’étais son amant. Elle vivait un jour chez moi, un jour chez lui. Elle a été une béquille pour moi, un soutien, qui continue encore, douze ans après notre séparation. Elle est toujours présente à mes côtés, toujours fidèle. Amoureuse même si nous ne vivons plus ensemble.»

Nîmes : Renaud, gavroche amoché et immuable

Un Renaud, émouvant et généreux, était aux arènes de Nîmes ce mercredi 5 juillet.

Il s’avance à petit pas, peu avant 22 heures, devant des gradins aux trois-quart pleins. Santiags. Futal en skaï comme Travolta. Le torse est nu sous un gilet en jean, le bedon bombé. Au poignet, l’iconique bandana rouge, celui que porte aussi une partie des spectateurs. Toujours vivant. On nous avait dit la voix abîmée. Elle est effondrée, en ruines. “Vous n’êtes pas venu voir Céline Dion ?, demande-t-il. Les journaleux disent ma voix rocailleuse. Ils pourraient ajouter généreuse, car je donne tout ce que j’ai.” Un peu plus tard, Renaud s’excuse d’avoir “un chat dans la gorge”. Sauf que là, vieux loubard, ce n’est plus un chat qui t’habite le gosier, c’est un poney shetland.

Son répertoire chante pour lui

Mais voilà : son répertoire, et quel répertoire, chante pour lui. Les premiers instants sont difficiles, dans la tristesse de voir si amoindri celui qu’on tant aimé. Sauf que bon sang, c’est vrai qu’il donne tout, le bougre, épaulé par un orchestre épatant et un public bienveillant. Petit à petit, la magie renaît, elle opère à nouveau. Après une heure de concert, une touchante Ballade nord irlandaise finit de faire tomber les dernières réserves. Et lorsque Mistral Gagnant s’envole des arènes peu avant minuit, l’émotion l’a emporté. Celle d’avoir vu Renaud encore sur scène, gavroche immuable et amoché, revenu de toutes ses guerres.

MATHIEU LAGOUANÈRE – MIDI LIBRE

Le Germinal de Claude Berri avec Depardieu et Renaud, restauré

L’adaptation du célèbre roman d’Émile Zola par le réalisateur de Jean de Florette sortira en 4K et Blu-ray le 13 septembre prochain. Cette édition sera accompagnée d’un Making-of de 39 minutes qui dévoilera les coulisses de ce succès populaire.

Après Le Guépard, Apocalypse Now ou encore les chefs-d’œuvre d’Andreï Tarkovski, c’est au tour du Germinal de Claude Berri, sorti en 1993 d’être restauré en 4K. Le 13 septembre, Étienne Lantier et les Maheu, les héros du chef-d’œuvre d’Émile Zola rejoindront ainsi Alain Delon ou Marlon Brandon dans la prestigieuse collection Pathé DVD et Blu-Ray. Cette édition sera accompagnée d’un Making-of de 39 minutes qui dévoilera les coulisses de ce succès populaire.

En effet, Germinal fit un triomphe en salles avec 6.139.961 entrées en 10 semaines d’exploitation. De quoi couvrir largement le budget colossal du film qui dépassait la centaine de millions de francs, justifié par un grand soin apporté aux décors, aux costumes (récompensés d’un César en 1994) et par l’utilisation de près de 8.000 figurants.

«Quand je lis Germinal, quand je pense à Germinal, je suis à côté de mon père, aux côtés des mineurs qui crient parce qu’ils ont faim. Je crois que dans une autre vie j’aurais pu, j’aurais voulu être Étienne Lantier» racontait à l’époque Claude Berri, grand connaisseur des Rougons-Macquart, dont Germinal est le 13e tome d’une série qui en compte vingt.

Depardieu et Renaud portent le film

Dans son adaptation, Claude Berri a voulu rester le plus fidèle possible de l’esprit du romancier, chef de file du naturalisme. Pour cette fresque du monde ouvrier du XIXe siècle de 2h49, le cinéaste a filmé sans artifices les acteurs afin d’aller à l’essentiel. Son intention était de placer le spectateur au plus près de la misère sociale, telle que Zola l’avait dépeinte dans son œuvre.

Renaud campe Étienne Lantier, un mineur syndicaliste avant la lettre qui se bat pour l’amélioration des conditions de vie des ouvriers des mines. Un rôle taillé sur mesure pour le chanteur engagé. Magistral dans son interprétation, il joue un Lantier pugnace prêt à en découdre pour changer le monde.

À ses côtés, Gérard Depardieu est Maheu, un mineur plus résigné mais qui, excédé par ses conditions de vie, finit par adhérer aux idées de Lantier. Les deux protagonistes portent le film avec à leurs côtés des comédiens magnifiques de justesse, comme Jean Carmet, Jean-Roger Milo, Laurent Terzieff, Miou-Miou ou encore Judith Henry.

Prix: 19,99 euros

Titouan Gourlin – Le figaro

Renaud, invité surprise au collège Jean-Bouin

 

Salima, Lola et les jumelles Blanche et Adélie ont été chaleureusement félicitées pour leur engagement scolaire, et leurs talents musicaux, sous le regard de Renaud. Salima, Lola et les jumelles Blanche et Adélie ont été chaleureusement félicitées pour leur engagement scolaire, et leurs talents musicaux.

L’ISLE-SUR-LA-SORGUE Mardi 20 juin, la remise des récompenses du collège Jean-Bouin, à L’Isle-sur-la-Sorgue, a été marquée par deux événements exceptionnels : la venue surprise du chanteur Renaud, invité par le principal, Mathieu Moretti, et le nombre exceptionnel d’élèves récompensés -103- pour l’excellence de leurs résultats scolaires au cours des trois trimestres de l’année. « Ça ne m’est jamais arrivé ! », a souligné le principal.

Source Le Dauphine

Renaud fête ses 65 ans: retour sur son année très chargée!

Renaud souffle aujourd’hui sa 65e bougie. Son année a été couronnée de succès et il doit être particulièrement à la fête!

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Renaud se souviendra certainement longtemps de son année 2016. Le chanteur, qui fête aujourd’hui ses 65 ans, a fait un grand retour triomphal sur le devant de la scène. C’est en effet il y a un peu plus d’un an qu’il dévoilait son nouvel album éponyme, le 8 avril 2016. Ecoulé à plus de 500.000 exemplaires en six semaines, il est finalement devenu l’album le plus vendu de l’année 2016.

Une année à cent à l’heure pour Renaud

Renaud a également livré sa première autobiographie, «Comme un enfant perdu», au mois de mai dernier, avant de se lancer dans une tournée dantesque au mois d’octobre. Il a par ailleurs vendu une partie de sa collection de bandes dessinées avec la maison Artcurial, qui lui a permis d’empocher la coquette somme de 1,4 million d’euros pour aider sa fille. Il était également présent durant le mois de juin au festival annuel Des Livres, Des Stars, où il a fait le bonheur des participants venus à sa rencontre pour découvrir sa biographie.

Le succès à tous les étages

Fort du triomphe de son album «Renaud», le chanteur a reçu en février 2017 la Victoire de la musique de l’artiste masculin de l’année. L’année 2017 réserve toutefois encore de beaux moments à Renaud. Toujours en tournée – il a d’ailleurs été acclamé par le public de Bourges le mois dernier en se produisant sur scène malgré sa Rhinopharyngite, Renaud sera les 19 et 20 mai sur la scène du Zénith de Paris, avant de faire la tournée des festivals.

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Renaud : “Je ne dois
 pas boire… mais je bois !”

En passant par hasard devant la brasserie préférée du chanteur Renaud, notre reporter a assisté, impuissant, à la rechute de son idole.

En ce tout dernier dimanche de mars, la terrasse ensoleillée de la Closerie des Lilas est bondée. Pas une table libre ! J’entre donc à l’intérieur. Dans la salle déserte, j’erre un peu. Je reconnais alors un visage familier : celui de Renaud. Il attend quelqu’un. En ce jour de changement d’heure, tout le monde est en retard – ou peut-être le chanteur est-il en avance ? En tout cas, quelle aubaine de rencontrer mon idole !
Je réalise alors que le verre qu’il tient à la main ne contient pas de l’eau, mais de l’alcool. Je ne veux pas l’importuner avec ses vieux démons, mais j’imagine le pire. Lorsqu’on est dépendant comme la star l’a si longtemps été, une seule gorgée peut suffire à vous faire replonger. Je scrute du regard les médicaments qui sont posés devant lui, et je m’interroge. En dépit de son héroïsme, Renaud a-t-il perdu son 
difficile combat ? A-t-il rechuté ?

Sur ces entrefaites, son ami arrive : « Je ne dois pas boire, mais je bois un verre avec toi », lui dit-il. Je constate avec angoisse que sa voix est rocailleuse, éraillée. Cet indice me donne à penser qu’il n’en est pas à sa première tournée…
Sifflets

Deux semaines plus tard, j’ai la réponse à mes questionnements. En concert au Printemps de Bourges, Renaud, comme il l’avoue lui-même sur scène, chante avec sa voix de renard. Une voix éteinte, diminuée, asphyxiée. Une voix qu’il poussera au bout de ses forces… jusqu’à tituber sur scène. Beaucoup se posent des questions sur la raison médicale alors mise en avant pour justifier le comportement du chanteur : une rhino-pharyngite. Mais qu’en est-il réellement ?
Eh bien, rassurez-vous, notre idole était réellement malade ! Loin d’avoir rechuté, il est plus que jamais déterminé à s’en sortir. Et s’il se permet quelques écarts de temps en temps, c’est avec l’autorisation de ses médecins addictologues. Ces derniers lui ont en effet expliqué qu’il pouvait boire un ou deux verres par semaine. Lors d’occasions particulières, ce qui était le cas à la Closerie des Lilas, où il retrouvait un ami.

Comme il a dû s’en accorder un dimanche dernier pour fêter la victoire au premier tour d’Emmanuel Macron, pour lequel le chanteur milite activement. Un soutien qui lui a d’ailleurs valu ses premiers sifflets en quarante ans de carrière, lorsqu’il a affirmé sur la scène de Bourges qu’il allait mettre un T-shirt avec l’inscription « Macron président »… « Que celui qui n’a jamais titubé me jette la première bière », chante-t-il dans Toujours debout.

Mais Renaud ne titubera plus… sinon de fatigue ! Il a bel et bien fini de boire la tasse. Et c’est un homme apaisé et serein qui s’apprête le 11 mai prochain à souffler, en toute sobriété, ses 65 bougies. Nous vous souhaitons, d’ores et déjà, un très bel anniversaire, Mister Renaud !

Cédric Potiron – France Dimanche

Le Défilé de Renaud

 

1979, Morgane de toi

Notre chroniqueur a encore frappé : après Arsène Wenger ou Nicolas Dupont-Aignan, Marc Beaugé décortique le vestiaire de Renaud, éternel chanteur engagé. Est-ce cela, le fameux « album de la maturité » ? A 27 ans, et après avoir sorti deux disques au succès critique (avec, sur le deuxième album, l’inoubliable « Laisse béton »), Renaud cartonne avec « Ma Gonzesse ». Et ce n’est pas vraiment un hasard. Renaud ne chante plus la zone. Désormais, il ouvre son cœur et parle amoooooour, tout ça dans un Perfecto clouté, un jean bootcut, des boots à talon biseauté et même un foulard rouge symbole de l’attachement à la Commune de Paris… Un voyou au grand cœur, en somme. La recette est implacable. Et aussi immortelle que le rock, nous dit notre petit doigt.

1991,  Marche à l’ombre

Après dix ans de succès, l’heure est désormais au doute. Et ce n’est pas cette Tank au cadran rouge de chez Cartier qui nous démentira. Son album « Marchand de cailloux » se vend mal et Gainsbourg lui a piqué son job de parolier pour Vanessa Paradis. Résultat ? Renaud se cherche et, comme toute personne qui se cherche, se lance dans des aventures capillaires. En l’occurrence, un brushing tout à fait regrettable.

2007, Mistral gagnant

Seize ans plus tard, Renaud revit. Sorti de dépressions en série, il fait un carton avec « Rouge Sang » et file le parfait amour avec Romane Serda. Bref, tout va mieux. Sauf les cheveux. Pour accompagner sa dégaine de Camarguais et son foulard de communard, le chanteur a opté pour ce que les rockabillies appelaient dans les années 1950 une « forward-combed boogie », une coupe tout en courbes maintenue par une couche épaisse de Pento. Regrettable aussi.

2010, Mon Bistrot préféré

Toujours debout ? Bof, bof ! L’intégrale de ses albums studio vient de ressortir en vinyle, mais Renaud est dévoré par la nostalgie et de nouveau par l’alcool. Installé à Meudon, il se dit « loin de Paris, de mes potes, de mes petits bistrots ». Est-ce une raison suffisante pour négliger à ce point sa tenue ? Certainement. Mais profitons de l’occasion pour rappeler que si les vestes de costume neuves ont les poches cousues, ce n’est pas pour empêcher leurs propriétaires d’y glisser leurs mains. Mais pour faciliter le pressage de la veste dans les dernières étapes de sa fabrication.

2017, Manu

Après avoir « embrassé un flic » en 2016, Renaud profite de l’une de ses rares sorties médiatiques pour embrasser Emmanuel Macron, « seule alternative, selon lui, aux Le Pen et aux Fillon ». De toute évidence, Renaud est « en marche ». Même si, avec ce blouson aviateur inspiré du modèle B3 utilisé par l’armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale sur le dos, il a surtout l’air « en vol ».