Printemps de Bourges : Renaud malade mais debout


Le chanteur Renaud arborant un tee-shirt «Yvan Colonna, otage de la raison d’Etat» mardi 18 avril, sur la scène du Printemps de Bourges.AFP

De notre envoyé spécial à Bourges (Cher) Éric Bureau
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A l’occasion du 41e Printemps de Bourges, le chanteur Renaud a répondu présent tant bien que mal mardi soir, porté pas ses fans.
Même pas peur ! Tim Dup, 22 ans, a commencé à écrire des chansons il y a seulement deux ans et le voilà propulsé sur la grande scène de Bourges ce mardi soir pour ouvrir le 41e Printemps. Choisi par Renaud pour assurer sa première partie, ce jeune chanteur de Rambouillet étonne seul au piano tant par sa sérénité et son humour que par l’originalité de son hip hop made in France teinté d’électro.
Dès la première écoute, on est séduit par ses textes fiévreux et sa voix juvénile mais assurée, par des chansons comme «TER centre», «Vers les ourses polaires» et surtout «Moira Gynt». Totalement inconnu du public, celui qui sortira son premier album debut octobre le quitte après une demie heure en laissant une jolie première impression.
Signe du destin ? Renaud a fait lui aussi au Printemps de Bourges sa première grande scène en 1978. Il avait 26 ans, il en a 64 aujourd’hui. C’est son 8e Printemps et la 96e concert de sa tournée marathon mais c’est forcément une date particulière. La célébration populaire de sa résurrection et de son dernier album et ses 745 000 ventes.
Renaud fatigué, mais encouragé
Les concerts s’accumulent mais l’ouverture avec la chanson «Toujours debout» fait toujours aussi mal au coeur tant la voix de Renaud encore froide y est à la peine. «Je vous préviens j’ai chopé une rinopharyngite, dit il d’entrée. Cela n’arrange rien à ma voix rocailleuse et caverneuse comme disent les journaleux… Qui oublient de dire généreuse. Mais vous vous en foutez hein ? Vous n’êtes pas venus écouter Céline Dion ou Florent Pagny. Alors je vais chanter avec ma voix de renard.»
Attendu comme un grand frère revenu du diable vauvert par une salle pas totalement pleine, Renaud est aussitôt ovationné et chaque chanson – même gâchée par une voix décidément abîmée ce soir – chaudement applaudie. «Marche à l’ombre» fait un tabac, «J’ai embrassé un flic» et «Mon HLM» sont reprises en choeur, le retour en chair et en os de son personnage de loubard au coeur tendre Gérard Lambert et sa légendaire mob’ sur scène 40 ans après leur création fait plaisir. Et pas qu’aux fans de la première heure. Les jeunes sont très nombreux dans le public berrichon.

Le public du Printemps de Bourges a encouragé Renaud, qui malgré la fatigue, a été ovationné. AFP

Dans les bons soirs, la voix de Renaud va crescendo. Mais ce n’est pas un bon soir. Fatigué, parfois agacé, ratant l’intro de «La médaille», Renaud peine. Heureusement quelque 7 000 fans sont là pour le soutenir pendant «Manatthan Kaboul», «Manu», «Morgane de toi» ou «la ballade nord irlandaise», joli moment de communion ou il s’accompagne à la guitare 12 cordes. «Je vais jouer douze fois plus mal» sourit -il.
«Je vais mettre mon tee shirt Macron président»
Parfaitement conscient de ses limites ce soir, Renaud fait contre mauvaise fortune bon coeur. Il parle beaucoup. Traite carrément de «con» John Lennon qui avait affirmé «le rock français c’est comme le vin anglais, ça n’existe pas». «Et Téléphone, Thiefaine et Renaud c’est pas du rock ?» demande la chetron sauvage.
Il porte sous une veste noire son tee shirt fetiche où est écrit «Yvan Colonna otage de la raison d’état». A cinq jours du premier tour de la présidentielle, on se demande si après avoir annoncé récemment son soutien à Emmanuel Macron sur Internet, il s’exprimera sur le sujet. «D’une manière générale je préfère la gauche» dit-il juste entre deux chansons. Mais lors des rappels, il ne peut s’empêcher de lâcher «on ne va quand même pas parler politique. Sinon je vais mettre mon tee-shirt Macron président».
Cest le seul moment où il se fait siffler. Même fébrile, Renaud tient près de deux heures et demie. Et sur les coups de 23 heures revient même saluer ses fans en liesse la clope au bec. Même pas peur !
Le Parisien

Renaud affiche en plein concert son soutien pour Emmanuel Macron… et se fait huer !


Présent au 41ème Printemps de Bourges, Renaud a déclaré en plein concert son soutien pour le candidat d’En Marche. Mais ses spectateurs n’ont pas tous été partisans et l’ont très rapidement sifflé…
De nombreuses personnalités déclarent qu’il n’est jamais bon d’afficher son vote politique en vue de la présidentielle. Sur le plateau de Touche pas à mon poste ce mardi 18 avril, Dominique Farrugia a avoué à Cyril Hanouna que soutenir publiquement Nicolas Sarkozy en 2007 lui avait tiré bien des soucis. Depuis, Dominique Farrugia s’est juré de ne plus jamais s’entremêler avec la politique !
Renaud, lui, comme à son habitude, a décidé d’afficher son soutien politique. En plein concert au Printemps de Bourges, l’interprète de Mistral Gagnant a indiqué à ses spectateurs « préférer la gauche ». « On ne va quand même pas parler politique. Sinon je vais mettre mon tee-shirt Macron président » a surenchéri le chanteur, avant de se faire rapidement hué par les 7000 festivaliers.
Éternel socialiste
Il y a quelques jours, Renaud avait publiquement déclaré voter pour Emmanuel Macron, le seul selon lui à ne pas avoir « de casseroles au cul » et à être « la seule alternative aux Fillon et Le Pen ». Cette prise de position politique de Renaud n’est pas vraiment surprenante, puisque le chanteur est l’un des plus fervents soutiens des candidats du Parti socialiste depuis des années, de François Mitterrand à Ségolène Royal en passant par François Hollande. Mais en 2017, Benoît Hamon va devoir faire sans lui !
Par Clément Garin – TéléStar

Renaud, star du premier jour du Printemps de Bourges, acclamé par le public


Renaud était la star de la première soirée du Printemps de Bourges, mardi 18 avril. Le public a réservé un chaleureux accueil au chanteur.
L’artiste est un habitué du Printemps de Bourges, qui l’a programmé sept fois depuis 1978. Hier soir, Renaud était très attendu par le public du W.
Dans la file d’attente, l’après-midi, ses fans ont pu chauffer leurs cordes vocales en reprenant ses tubes.
Plus tard, dans la salle, le public était massé dans l’attente de la star de ce premier jour du Printemps.
.@renaudofficiel est attendu avec impatience au @PrintempsDB ! #pdb2017 #Bourges pic.twitter.com/IWi6d6au4D
— festicentreinside (@festincentre) 18 avril 2017
Le chanteur est entré sur scène à 20 h 30, sous les acclamations du public.

Dans les premiers rangs, les bandanas rouges étaient nombreux.

Certains avaient en main des vinyles ou une guitare à dédicacer.

Le Berry Républicain

Renaud, malade mais “toujours debout”


Renaud, bien que diminué par une rhinopharyngite, a été au bout de ses forces et de son concert devant un public tout acquis à sa cause, mardi soir en ouverture de la 41e édition du Printemps de Bourges.
Année électorale oblige, le festival pourrait avoir une résonance politique à cinq jours du premier tour de la présidentielle. Pour l’heure, aucun candidat n’a inscrit à son agenda une visite au festival berruyer. Mais il est possible que certains décident de s’y montrer au dernier moment, comme François Hollande en 2012.
En revanche, la ministre de la Culture Audrey Azoulay est elle attendue jeudi.
Ce contexte politique pourrait amener des artistes à s’exprimer. Déjà fait pour Renaud, qui a annoncé son intention de voter pour Emmanuel Macron. Ce choix a déçu nombre de ses fans qui espéraient le voir soutenir un candidat plus marqué à gauche.
Volontiers provocateur, le chanteur au bandana rouge n’a pas cependant résisté en fin de concert à en remettre une couche: “Bon on va quand même pas parler politique, sinon je vais mettre mon t-shirt +Macron président+”. Sourire en coin, ce sera la seule fois où il accueillera une bordée de sifflets, qui ne se sont d’ailleurs pas éternisés.
Rock’n roll et cigarette
Car presque deux heures et demie durant, Renaud a été porté par ce public qu’il aime tant et qui l’aime tant.
Un public auquel il avoue à son entrée sur scène: “Je vous préviens j’ai chopé une rhinopharyngite. Cela n’arrange rien à ma voix rocailleuse et caverneuse, comme disent les journaleux… Qui oublient de dire généreuse. Mais vous vous en foutez hein ? Vous n’êtes pas venus écouter Céline Dion ou Florent Pagny.”
Alors les quelque 7000 spectateurs, quasiment de 7 à 77 ans, ont repris en choeur ses tubes de “Marche à l’ombre” à “Mon HLM”, en passant par “Manu” et “Morgane de toi”. Ils lui ont aussi pardonné d’avoir oublié les paroles de “La médaille”.
“Ce n’est plus le Renaud d’avant, c’est sûr mais on est heureux de le revoir quand même devant nous”, confie William, la cinquantaine. Comme lui, le public semble en effet moins être venu pour le voir ou même l’entendre chanter. Il est venu soutenir cet artiste qui avait sombré dans l’alcool et la dépression ces dernières années et semblait perdu pour la musique.
Rock’n roll jusqu’au tréfonds du pharynx, Renaud, peinant et la voix cassée, est même revenu sur scène pour un rappel, cigarette à la main. Et a offert un medley final d’un vingtaine de minutes, ponctué par le titre de circonstance “Fatigué”.
Enjôleur Tim Dup
“Fatigué, mais avec vous, et grâce à vous, toujours debout”, a-t-il conclu en épilogue de ce 96e concert d’une tournée entamée en octobre.
Avant lui, les festivités avaient été ouvertes par Tim Dup, 22 ans et nullement impressionné au moment de découvrir le festival, sur sa plus grande scène. Comme son aîné il y a 39 ans…
Apparu seul avec son clavier et son ordinateur, le jeune auteur-interprète, plein d’aplomb et sourire enjôleur en prime, a convaincu son auditoire par ses chansons issues de son premier quatre titres sorti en août “Vers les Ourses Polaires”.
Avec son parlé-chanté à tempo lent, entre hip hop et chanson, Tim Dup raconte des histoires du quotidien avec une poésie mélancolique. Son premier album sortira en octobre.
Enfin, ce mardi soir, pour la première fois la Comédie-Française se produisait dans un festival de musiques actuelles. La vénérable institution y a présenté “Comme une pierre qui…”, une pièce sur l’enregistrement de la mythique chanson de Bob Dylan, “Like a Rolling Stone”, au studio Columbia de New York en juin 1965.
Sans prendre le temps de respirer ou presque, un autre évènement de taille est attendu mercredi, avec le grand retour de la chanteuse Camille qui présentera son nouvel album “Ouï”.

AFP – La Dernière Heure

Printemps de Bourges: Tim Dup ouvre le festival, avant Renaud

Renaud sur la scène du festival du Printemps de Bourges, le 18 avril 2017 / AFP

Le jeune auteur-interprète Tim Dup, décomplexé malgré l’enjeu, a ouvert le Printemps de Bourges mardi, avant le concert de Renaud qui doit ensuite constituer le premier temps fort de cette 41e édition transgénérationnelle, à laquelle la présidentielle pourrait s’inviter à cinq jours du 1er tour.
Pour l’heure, aucun candidat n’a inscrit à son agenda une visite au festival berruyer. Mais il est possible que certains décident de s’y montrer au dernier moment, comme François Hollande en 2012. En revanche, la ministre de la Culture Audrey Azoulay est elle attendue jeudi.
Ce contexte politique particulier pourrait amener des artistes à s’exprimer. Déjà fait pour Renaud, qui a annoncé son intention de voter pour Emmanuel Macron. Ce choix a déçu nombre de ses fans qui espéraient le voir soutenir un candidat plus marqué à gauche.
Stéphanie, venue voir à Bourges le chanteur au bandana rouge pour la troisième fois, la première avec ses trois enfants adolescents, n’était elle pas vraiment affectée par ce positionnement. “On s’en fiche, la vérité, il la dit dans ses chansons. Je suis venue raviver de vieux souvenirs et je voulais que mes petits le voient au moins une fois dans leur vie.”
Pour elle, comme pour les quelque 5.000 personnes présentes sous le chapiteau du W, l’attente se faisait longue en cette fin de journée. Mais pour patienter, tous ont découvert un jeune homme de 22 ans, plein d’aplomb et le sourire enjôleur pour sa première grande scène et son premier Printemps. Comme Renaud, lorsqu’il avait le même âge en 1978.
Apparu seul avec son clavier et son ordinateur, Tim Dup a convaincu son auditoire par ses chansons issues de son premier quatre titres sorti en août dernier “Vers les Ourses Polaires”.
– L’ombre de Dylan –
“J’aime bien les premières parties. Généralement les gens n’aiment pas vraiment nous voir débarquer. Mais bon, justement on n’a rien à perdre”, a-t-il dit.
Avec son parlé-chanté à tempo lent, entre hip hop et chanson, Tim Dup raconte des histoires du quotidien avec une poésie mélancolique. S’apprêtant à sortir son premier album en octobre, il cite parmi ses “influences plurielles, aussi bien Jacques Brel, que les Cure ou Gaël Faye”.
De Renaud, le jeune homme dit admirer “sa liberté musicale, son identité artistique. Il ne s’est jamais posé la question de travestir ce qu’il faisait pour plaire”.
“Ce qui me touche beaucoup aussi, c’est que c’est quelqu’un qui regarde le monde, dit-il encore. Il y a une espèce de poésie sociale dans ses chansons, comme chez Bob Dylan.”
Dylan qui n’est d’ailleurs pas très loin au cours de cette soirée, puisque qu’à l’Auditorium, la Comédie-Française devait présenter “Comme une pierre qui…”, en même temps de le concert de Renaud. Une pièce sur l’enregistrement de la mythique chanson “Like a Rolling Stone”, au studio Columbia de New York en juin 1965.
L’évènement est de taille, car c’est la toute première fois que la vénérable institution se produira dans un festival de musiques actuelles.
Hasard du calendrier, Bob Dylan, le vrai cette fois, se produira à Paris, au Zénith jeudi et pour l’inauguration de la Seine Musicale vendredi. Les organisateurs confessent “en avoir rêvé”, mais ce mardi soir, le prix Nobel de littérature joue à Amsterdam.
AFP – La Croix

Malade mais “toujours debout”, Renaud réchauffé par le Printemps de Bourges

 

Renaud, au “Printemps de Bourges”, le 18 avril 2017 ( AFP/Archives / GUILLAUME SOUVANT

Renaud, bien que diminué par une rhinopharyngite, a été au bout de ses forces et de son concert devant un public tout acquis à sa cause, mardi soir en ouverture de la 41e édition du Printemps de Bourges.

Année électorale oblige, le festival pourrait avoir une résonance politique à cinq jours du premier tour de la présidentielle. Pour l’heure, aucun candidat n’a inscrit à son agenda une visite au festival berruyer. Mais il est possible que certains décident de s’y montrer au dernier moment, comme François Hollande en 2012.

En revanche, la ministre de la Culture Audrey Azoulay est elle attendue jeudi.

Ce contexte politique pourrait amener des artistes à s’exprimer. Déjà fait pour Renaud, qui a annoncé son intention de voter pour Emmanuel Macron. Ce choix a déçu nombre de ses fans qui espéraient le voir soutenir un candidat plus marqué à gauche.

Volontiers provocateur, le chanteur au bandana rouge n’a pas cependant résisté en fin de concert à en remettre une couche: “Bon on va quand même pas parler politique, sinon je vais mettre mon t-shirt +Macron président+”. Sourire en coin, ce sera la seule fois où il accueillera une bordée de sifflets, qui ne se sont d’ailleurs pas éternisés.

– Rock’n roll et cigarette –

Renaud au “Printemps de Bourges”, le 18 avril 2017 ( AFP / GUILLAUME SOUVANT )

Car presque deux heures et demie durant, Renaud a été porté par ce public qu’il aime tant et qui l’aime tant.

Un public auquel il avoue à son entrée sur scène: “Je vous préviens j’ai chopé une rhinopharyngite. Cela n’arrange rien à ma voix rocailleuse et caverneuse, comme disent les journaleux… Qui oublient de dire généreuse. Mais vous vous en foutez hein ? Vous n’êtes pas venus écouter Céline Dion ou Florent Pagny.”

Alors les quelque 7000 spectateurs, quasiment de 7 à 77 ans, ont repris en choeur ses tubes de “Marche à l’ombre” à “Mon HLM”, en passant par “Manu” et “Morgane de toi”. Ils lui ont aussi pardonné d’avoir oublié les paroles de “La médaille”.

“Ce n’est plus le Renaud d’avant, c’est sûr mais on est heureux de le revoir quand même devant nous”, confie William, la cinquantaine. Comme lui, le public semble en effet moins être venu pour le voir ou même l’entendre chanter. Il est venu soutenir cet artiste qui avait sombré dans l’alcool et la dépression ces dernières années et semblait perdu pour la musique.

Rock’n roll jusqu’au tréfonds du pharynx, Renaud, peinant et la voix cassée, est même revenu sur scène pour un rappel, cigarette à la main. Et a offert un medley final d’un vingtaine de minutes, ponctué par le titre de circonstance “Fatigué”.

SOURCE

Renaud de retour au Printemps de Bourges : « Je suis indestructible ! »


Renaud sera mardi soir sur la grande scène du W, en lever de rideau du 41e Printemps de Bourges (et au Puy-en-Velay en juillet). Ces retrouvailles avec un festival qui l’a programmé sept fois depuis 1978 sont, dit-il, « un grand bonheur ».
Quel effet cela vous fait-il de revenir à Bourges ? La première fois que je suis venu, c’était en 1978, à la Maison de la culture. C’était la première fois que je me produisais sur une grande scène ! C’était magique. C’est un grand bonheur pour moi de revenir dans cet endroit. J’ai de très bons souvenirs de Bourges.
Comment vous sentez-vous ? En pleine forme ! Même si je suis un peu fatigué en montant sur scène, dès la première chanson, j’ai une montée d’adrénaline et ça me booste. Je sors de là lessivé ! Mais malgré les gens qui disaient que je ne tiendrais pas le coup, je viens de faire quatre-vingt-douze concerts, et j’en ai encore une trentaine de prévus.
Votre voix ? Cela dépend des soirs. Après trois ou quatre jours de relâche, j’ai un peu de mal. Il faut du temps pour que ça revienne. Parfois, cela me fait mal, ce n’est pas un plaisir.
« Je sais que j’ai un des meilleurs publics de France »
Renaud
Qu’allez-vous chanter à Bourges ? Vos nouvelles chansons ? Quelques-unes, mais beaucoup d’anciennes aussi, et même très anciennes, comme Gérard Lambert ou C’est mon dernier bal. Parfois, je demande aux gens si ce n’est pas un peu démodé, mais non. C’est toujours d’actualité. Et pour certains, c’est toute leur jeunesse, aussi.
Et à vous, cela fait quel effet ? C’est un grand plaisir de retrouver ses jeunes années !
Vos dernières chansons sont plus sombres, plus nostalgiques… L’actualité n’est pas très gaie. Effectivement, il y a des chansons tristes, comme La vie est moche et c’est trop court. Mais il y a des chansons poétiques, comme Les Mots, et d’autres fantaisistes, comme J’ai embrassé un flic.

Quel est l’accueil du public ? Il est délirant. Je ne m’attendais pas du tout à ça. Tous les soirs, c’est de la folie. Des gens debout, qui chantent avec moi, qui me soutiennent… Des premiers rangs avec des bandanas rouges. Je sais que j’ai un public formidable, un des meilleurs publics de France. C’est un public fidèle et qui se renouvelle. Il y a des anciens qui m’accompagnent depuis quarante ans et qui commencent à prendre de la bouteille, comme moi, et aussi des jeunes de vingt-trente ans, et beaucoup d’enfants aussi que j’invite à venir au premier rang, devant les barrières, et à s’asseoir.
Pendant ces années où vous alliez si mal, imaginiez-vous que vous remonteriez sur scène ? Non. Je fuyais les caméras, les micros, la scène, les paparazzis me harcelaient et je me disais c’est fini. Je suis mort. Et puis c’est reparti. C’est une belle revanche, sur moi-même d’abord et sur tous ceux qui ne pensaient pas que j’y arriverais, comme je le chante dans Toujours debout. Là, je n’ai plus envie m’arrêter ! Je suis indestructible !
Un album pour enfants en projet
Où en êtes-vous avec l’alcool ? Je ne touche plus au pastis depuis un an et demi. Mais j’avoue que j’ai recommencé à boire un peu de bière…
C’est quoi, la suite ? Vous écrivez d’autres chansons ? Je suis en train de finir d’écrire et de composer de nouvelles chansons pour un album pour enfants, avec mes complices habituels, comme Renan Luce, Michaël Ohayon… Il y a plein de gros mots qui les font marrer. Je leur parle de Guignol, de l’enfance, mais aussi des dangers de la fumette ou de l’alcool. Je suis très touché par la cause des enfants. Je milite pour des associations qui viennent en aide aux enfants handicapés ou autistes. J’ai d’ailleurs écrit une chanson, L’enfant différent. Je reçois beaucoup de lettres de parents qui me demandent de les soutenir.

Beaucoup de gens vous écrivent ? Énormément ! Certains laissent des lettres pendant les concerts, dans les bistrots où je me réfugie quand j’ai un peu de temps, à la Closerie des Lilas à Paris ou au Bouchon, à l’Isle-sur-la-Sorgue . Je reçois des lettres de France, de Belgique, de Suisse… Ce sont toujours des lettres bouleversantes. Pour certains, je suis un père, un frangin, un poteau, l’ami de la famille…
Cela n’a jamais cessé, même pendant vos années d’absence ? J’ai toujours eu des amis, des copains qui m’ont soutenu et un courrier abondant de gens qui me demandaient de revenir, de ne pas les laisser tomber, qui me disaient que je comptais pour eux au niveau politique, idéologique…
Macron saura redresser la France. Il n’a pas de casserole comme Fillon. il n’est pas divisé, comme la gauche. Je pense qu’il a toutes ses chances.
Pas de critiques ? Je me suis fait démolir sur Facebook parce que j’ai eu le malheur de prendre position pour Macron. Mais je vote si je veux et pour qui je veux, et si on me demande, je dirai pour qui je vote, et pourquoi !
Et globalement, vous pensez être resté le même sur le plan idéologique ? Globalement, je suis toujours de gauche. Vous allez me dire que voter Macron, c’est paradoxal. Mais il vient de la gauche. Macron est un homme neuf, pas un homme du passé. Le seul reproche qu’on peut lui faire est d’avoir été banquier. Il saura redresser la France. Il n’a pas de casserole comme Fillon. il n’est pas divisé, comme la gauche. Je pense qu’il a toutes ses chances.
Vous allez voter pour lui ? Oui, je pense voter pour lui aux deux tours.
Rendez-vous. Mardi 18 avril, de 19 h 30 à 22 h 45, sur la grande scène du W. www.printemps-bourges.com
Martine Pesez – Le Berry Républicain

Dans les coulisses du concert de Renaud à l’Elispace de Beauvais

20 h 25, samedi soir. Le rideau tombe sur la scène de l’Elispace de Beauvais. Renaud apparaît pour le plus grand bonheur des 3 500 fans venus l’applaudir. Mais pour que le public profite du spectacle pendant plus de deux heures, il a fallu transformer la salle de sport beauvaisienne en salle de spectacle.
Renaud, c’est une énorme machine. Six semi-remorques avec plusieurs tonnes de matériel contenant les décors, le son et les lumières. C’est aussi 65 techniciens et une vingtaine de vigiles pour assurer la sécurité du public et des artistes en cette période de vigilance attentat.
Les bus et les poids lourds du show de Renaud sont arrivés à Beauvais dans la nuit de vendredi à samedi. De 7 heures, samedi matin, à 1 heure, le dimanche, ils vont monter la scène, les décors, assurer les réglages pour que le spectacle puisse se dérouler parfaitement. Récit d’une plongée dans les coulisses.
Des tonnes de matériel à décharger
7 heures. La salle a ouvert ses portes il y a trente minutes. Arrivés dans la nuit de Châlons-en-Champagne (Marne), les techniciens sont divisés en équipes. « Il y a deux formations différentes. Une dépend du promoteur local, Nuit d’artistes. La seconde suit Renaud sur toute la tournée, précise Hervé Martin, le directeur de la salle. Chaque équipe a son régisseur et ses techniciens, ainsi qu’un planning à respecter. » Les premiers à se lever sont les techniciens de l’équipe locale. Ils vont décharger plusieurs tonnes de matériel. Sons, lumière, câblage sont stockés dans six semi-remorques. Le son est déchargé à l’avant de la scène, par l’entrée « VIP ». La lumière, à l’arrière.

On plante le décor

9 heures. Le montage des crans géants du décor avance. Chaque panneau est imbriqué par le bas. Parallèlement, le son et les lumières sont installés. Avant l’arrivée des équipes de Renaud, les agents de la ville chargés de l’Elispace ont préparé la structure de la scène. « On a démonté les stands du salon de l’habitat mardi et on a construit la scène jeudi, précise Hervé Martin, directeur de la salle. C’est une structure de treillis métallique de 20 m sur 13 avec un plateau de bois. Elle est positionnée en fonction des accroches lumières. C’est ensuite aux techniciens de Renaud de monter le décor. Celui-là est assez complexe, avec un écran en fond de scène et des rampes de lumières très spéciales. Il leur faudra quatre à cinq heures pour terminer le montage. »
3 500 fans conquis

Certains sont là depuis plus de deux heures, pour être les premiers à entrer dans l’Elispace. Pour son deuxième passage ici, plus de 3 500 fans sont présents. « Pour l’ouverture des portes, nous sommes tributaires de l’artiste, précise Hervé Martin. En général, ils ne veulent personne dans la salle pendant les dernières balances. Nous devons donc attendre qu’elles soient terminées pour ouvrir. On essaie de le faire le plus tôt possible pour le confort des spectateurs. » Dès la troisième chanson, Renaud fera venir une dizaine d’enfants devant la scène. Une attention appréciée de fans complètement conquis.
De « Toujours debout » à « Morgane de toi »

20 h 28. Il était prévu à 20 h 20. Huit minutes plus tard, l’image de synthèse de Renaud apparaît sur l’écran géant. Les premières notes de « Toujours debout » annoncent l’arrivée du chanteur. La voix est rauque, fatiguée et parfois elle déraille, mais peu importe pour les fans. Renaud est là, revenu de nulle part et il assurera plus de deux heures de spectacle. Le décor est superbe, alternant les images de quartiers parisiens, celle de Mister Renard ou de l’océan, la nuit, pour « Dès que le vent soufflera ». Renaud ne triche pas, propose quelques nouvelles chansons et enchaîne ses nombreux tubes incontournables comme « Mistral gagnant », « HLM », « Manhattan-Kaboul », « Morgane de toi »… Il laisse ses musiciens terminer seul. Son image de synthèse réapparaît. Des ailes lui poussent et il se transforme en phénix pour quitter l’Elispace.
Démontage et nettoyage

23 h 30. Dès que la salle est rallumée, les vigiles poussent le public vers la sortie. Il n’y a pas une minute à perdre. « Il nous faudra environ trois heures pour tout démonter, confie le régisseur de la tournée. La prochaine date étant à Nantes (Loire-Atlantique) mardi, il y a une pause pour les musiciens et les techniciens. Lorsque les concerts s’enchaînent en 24 heures, c’est la course contre la montre. » Dans la nuit de samedi à dimanche, les camions de Renaud croiseront ceux de Tal. « Nous ouvrirons la salle à ses techniciens à 6 h 30, annonce Hervé Martin. La scène n’a pas besoin d’être beaucoup modifiée. Notre équipe nettoiera les loges et la salle de restauration, une société s’occupera de la salle et des gradins. Nous aurons ensuite les rideaux à poser et les 1 100 sièges à installer. Tal est un concert assis. »

Patrick Caffin – Le Parisien

Renaud : retour sur sa carrière en 5 dates-clés

En 40 ans de carrière et autant de succès, Renaud est devenu une figure majeure de la chanson française. À l’occasion du documentaire Renaud retour d’enfer, on revient sur cinq dates qui ont fait sa renommée.

Tel le phénix, Renaud renaît une nouvelle fois de ses cendres avec la parution de son nouvel album, Toujours debout, le 8 avril dernier. Un événement pour les fans du chanteur qui commençaient à s’inquiéter. Et en attendant de découvrir le documentaire consacré dans Renaud retour d’Enfer ce soir sur TMC,  voici déjà 5 dates qui ont façonné sa légende.

Avril 1975 : Renaud fait ses débuts dans le grand monde de la musique avec la sortie d’Amoureux de Paname, son premier 33 tours composé de 13 chansons dont Hexagone et Société, tu m’auras pas ! Il s’est vendu à 300 000 exemplaires.

Décembre 1985 : “Mistral gagnant”, porté par le titre éponyme, est le premier album de Renaud à atteindre les 2 millions d’exemplaires vendus et ancre son personnage de contestataire.

Septembre 1993 : sortie du film Germinal dans lequel il tient le premier rôle aux côtés de Miou-Miou et Gérard Depardieu. Le long-métrage obtient deux César et douze nominations.

Juillet 2002 : “Manhattan Kaboul”, après une traversée du désert, ce titre chanté avec Axelle Red lui rapporte un trophée des Victoire de la musique et deux NRJ Music Awards : meilleure chanson francophone et Meilleur duo francophone. Il aide grandement au succès de l’album Boucan d’enfer, 2,2 millions d’exemplaires vendus.

Février 2016 : le retour ! Après des années d’absence, Renaud dévoile le clip officiel de “Toujours debout” tiré de son album éponyme sorti le 8 avril dernier avant de partir en tournée.

Pau: Renaud, toujours debout mais chancelant


Le chanteur a attiré 5000 personnes ce samedi au Zénith.

Après le retour du Phénix, attendu par tous, en novembre dernier, son deuxième passage ce samedi soir a également fait le plein (5000 spectateurs). Mais la frustration est au rendez-vous. En novembre, le chanteur avait avancé une bronchite pour justifier de sa voix très accidentée. Samedi soir, dès les premières notes de «Toujours debout», douche froide, la voix ne s’est pas améliorée et cette fois-ci, une «rhinopharyngite» semble la cause…. La gêne est perceptible dans les premiers rangs de la fosse.

«Ma voix est rocailleuse, caverneuse mais généreuse car je donne tout ce que j’ai» annonce la «chetron sauvage», toute chancelante et bégayante. Le public lui vient en aide immédiatement, reprenant en choeur sur tous les morceaux.

S’il est difficile de «tirer sur l’ambulance», celui qui a bercé nos âmes et mis des mots sur les maux de nos vies est l’interprète laborieux de ses plus grands succès. Malgré tout, son public est toujours là, les bandanas rouges fleurissent ça et là et les petits Gavroches sont bien présents dans les premiers rangs.

La République des Pyrénées